[scald=65485:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Bertrand Delanoë avait promis de ne pas briguer un troisième mandat de maire de Paris en 2014 mais la volonté de François Fillon de se lancer dans l'arène pourrait changer la donne.

La capitale devient en effet un chantier politique prioritaire pour la gauche depuis que le Premier ministre a fait part de son intention de s'y présenter aux législatives du printemps prochain.

Le Parti socialiste doit d'abord se mettre en ordre de bataille dans la deuxième circonscription, que vise François Fillon aux législatives et qui fait figure de bastion de la droite.

Mais l'objectif du chef de gouvernement est, à terme, d'assurer son avenir politique en s'attaquant deux ans plus tard à la mairie dont il pourrait même, espèrent ses partisans, se servir de tremplin pour la présidentielle de 2017.

Bertrand Delanoë, à qui l'on prêtait naguère une ambition présidentielle, ne vise plus si loin.

Très discret pendant la campagne de la primaire pour l'investiture socialiste à la présidentielle, celui qui dirige la capitale depuis 10 ans et a été réélu avec 58% des voix en 2008 se voyait même abandonner la mairie.

Il s'imaginait déjà faire campagne pour sa fidèle première adjointe, Anne Hidalgo, mais cette dernière risque maintenant de devoir se mesurer à François Fillon, voire à Cécile Duflot, si la numéro un d'Europe Ecologie-Les Verts décidait de briguer la mairie après avoir été "parachutée" à Paris aux législatives.

Pour Christophe Girard, adjoint socialiste à la culture du maire de Paris, Bertrand Delanoë doit désormais envisager de se représenter.

"Peut-être a-t-il fait l'erreur d'annoncer si tôt qu'il ne ferait pas un troisième mandat", estime ce proche du maire dans les colonnes du Parisien.

"Mais si la crise continuait, qu'on ne retrouvait pas la sérénité du débat démocratique et du respect des décisions, je fais partie de ceux qui demanderaient à Bertrand Delanoë d'envisager de se représenter en 2014", ajoute cet ancien membre des Verts passé au PS.

"PARACHUTAGES ET TRIPATOUILLAGES"

La crise qu'évoque Christophe Girard a été illustrée cette semaine par l'annonce de la candidature aux législatives à Paris de Cécile Duflot dans le cadre de l'accord conclu entre écologistes et socialistes en vue des échéances de 2012.

L'épisode a fait sortir de ses gonds Bertrand Delanoë, qui a piqué une rare colère pour évoquer des "parachutages" et des "tripatouillages".

Le maire de Paris estime légitime de réserver deux circonscriptions aux Verts au premier tour mais proteste contre le fait que ces circonscriptions aient été arbitrairement modifiées avec l'aval de la première secrétaire du PS, Martine Aubry, dont il fut longtemps l'un des principaux soutiens.

En vertu de l'accord, Cécile Duflot hérite de la sixième circonscription, pratiquement acquise à la gauche et détenue par la socialiste Danièle Hoffman-Rispal, dont la légitimité est "incontestable" selon Bertrand Delanoë.

Cette dernière a dénoncé un "parachutage inacceptable" de Cécile Duflot et a d'ores et déjà annoncé qu'elle comptait se représenter.

La gauche est donc confrontée à un scénario comparable à celui de la droite dans la deuxième circonscription, convoitée à la fois par François Fillon et l'ancienne ministre de la Justice Rachida Dati, en guerre ouverte contre le Premier ministre.

La lutte promet d'être chaude dans cette circonscription où la gauche envisagerait, selon plusieurs médias, de s'en remettre à une personnalité de la société civile qui pourrait être l'ancien procureur général de la Cour de cassation Jean-Louis Nadal.

Paris occupe donc à nouveau le devant de la scène politique. Quant à Bertrand Delanoë, il pourrait sortir bientôt de sa préretraite. Pour Christophe Girard, le maire de Paris en aurait même le "devoir vis-à-vis des Parisiens."

Patrick Vignal, édité par Yves Clarisse

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