delphine batho se décrit comme une victime des groupes de pression
delphine batho se décrit comme une victime des groupes de pression © reuters

L'ex-ministre de l'Écologie assure avoir été victime des groupes de pression, qui auraient réclamé son départ du gouvernement. Elle lance une attaque en règle contre la politique environnementale actuelle, et compte récupérer son siège de députée.

François Hollande a mis fin mardi aux fonctions de l'ancienne ministre de l'Ecologie qui avait critiqué le "mauvais budget" alloué à son secteur pour 2014.

"Parce que je suis fidèle à mes engagements et à mes convictions depuis plusieurs mois, certaines puissances économiques n'acceptaient pas le niveau d'ambition que je fixais pour la transition énergétique", a expliqué Delphine Batho lors d'une conférence de presse à Paris.

Ce combat s'est cristallisé notamment que la question des gaz de schiste et plus discrètement sur la réduction de la part du nucléaire en France. Ces forces dont je parle ne se sont pas cachées de vouloir ma tête mais si le gouvernement avait été solidaire, elles n'y seraient pas parvenues.

Delphine Batho, qui a été réélue en juin 2012 députée dans les Deux-Sèvres, a annoncé son intention de récupérer son siège à l'Assemblée nationale.

"Jérôme Cahuzac a été remercié, pas moi"

"Je n'ai commis mardi matin ni une erreur ni une faute, je n'ai pas davantage manqué à la solidarité gouvernementale", a-t-elle dit, estimant avoir fait acte de "résistance". "Ce que je n'accepte pas, ce n'est pas de faire des compromis, c'est le tournant de la rigueur qui ne dit pas son nom et qui prépare la marche au pouvoir de l'extrême droite dans notre pays".

"Ce dont il est question, ce n'est pas d'un poste ministériel, c'est du droit de ma génération à avoir des espoirs et à agir. Le temps est venu de reprendre la main du changement, j'appelle la gauche à un sursaut en faveur de l'écologie, de l'espoir et des générations futures."

Qualifiant cette mesure de "disproportionnée", l'ex-ministre a déploré la méthode employée par le gouvernement en la comparant à celle qui a prévalu lors de la démission de l'ancien ministre du Budget qui a reconnu la détention d'un compte en Suisse.

Je remarque que Jérôme Cahuzac a été remercié et salué pour l'ensemble de son travail au service de la République et que ce n'est pas le cas dans le communiqué de presse qui m'a congédiée.

Selon un sondage Harris Interactive publié mercredi, 59% des Français n'approuvent pas le limogeage de Delphine Batho contre 41% qui approuvent la décision de François Hollande et Jean-Marc Ayrault.

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