Denis Baupin à l'Assemblée Nationale, décembre 2014
Denis Baupin à l'Assemblée Nationale, décembre 2014 © MaxPPP / Vincent Isore

Denis Baupin a présenté sa démission du poste de vice-président de l’Assemblée Nationale. Son avocat annonce qu’il "conteste " tout harcèlement sexuel et qu'il "envisage " de porter plainte pour diffamation.

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Suite aux révélations de France Inter et de Mediapart, le président de l’Assemblée Nationale Claude Bartolone a reçu ce lundi matin Denis Baupin en tête à tête. Il lui a demandé de démissionner de son poste de vice-président de la chambre basse, ce qu’a fait Denis Baupin à la mi-journée. Le groupe écologiste doit maintenant désigner un nouveau vice-président. Denis Baupin occupait cette fonction depuis le 27 juin 2012.

L'avocat du député écologiste fait savoir dans un communiqué que son client "conteste fondamentalement l'idée de harcèlement sexuel et plus encore d'agression sexuelle, lesquels lui sont totalement étrangers ". Il précise que Denis Baupin "envisage " de porter plainte pour diffamation. Maître Emmanuel Pierrat rappelle que "Denis Baupin ne fait d'objet d'aucune poursuite judiciaire, et que le principe de la présomption d'innocence doit s'appliquer pleinement en sa faveur. "

Réactions : entre stupeur et "tout le monde savait"

La direction du parti Europe-Ecologie-Les-Verts a réagi en fin de journée, par un communiqué saluant "le courage des militantes qui ont brisé la loi du silence ". EELV annonce la mise en place de "nouveaux dispositifs internes pour faciliter la libération de la parole ".

Invité de France Inter ce lundi matin, François de Rugy , député écologiste de Loire-Atlantique, s'est dit "abasourdi " : "Denis Baupin est ami politique, je le connais et je n'ai jamais eu à connaître des faits de ce type sinon je les aurais bien sûr condamnés ".

"La peur change de camp " se réjouit pour sa part Clémentine Autain , conseillère régionale Front de Gauche d'Île-de-France. Elle a avoué être au courant du comportement du député écologiste : "Je ne tombe pas de ma chaise. Tout le monde se demande pourquoi les femmes n'ont pas parlé avant, mais c'est difficile dans un climat politique façonné par le monde viril, issue d'une tradition guerrière. (...) En politique, on a besoin d'être forte, et pas d'être regardées comme des victimes ".

Le point sur les réactions politiques avec Frédéric Métézeau, chef du service politique de France Inter.

La féministe Caroline de Haas a lancé ce lundi sur le site change.org une pétition appelant à briser l'omerta sur les violences sexuelles en politique.

Huit victimes présumées

Plusieurs responsables et élues d'Europe-Ecologie-Les Verts accusent le député Denis Baupin - qui a quitté le 28 avril la formation en raison de désaccords politiques -, de gestes déplacés assimilables à du harcèlement ou des agressions sexuels. Certains faits remontent jusqu'à la fin des années 1990. Aucune plainte n'a été déposée à ce jour. Mais quatre de ces victimes présumées ont accepté de témoigner à visage découvert, après une enquête de France Inter et Mediapart menée sur plusieurs mois.

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