[scald=104589:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Gérard Depardieu, qui va incarner Dominique Strauss-Kahn dans le prochain film d'Abel Ferrara, où l'affaire du Sofitel de New York sera retracée, dénonce l'arrogance de l'ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI).

Dans une interview accordée à la Radio télévision suisse (RTS), l'acteur français confirme qu'il interprétera bien l'ancien ministre socialiste accusé d'agression sexuelle par une femme de chambre à New York en mai 2011 avant de bénéficier d'un abandon des poursuites.

"Oui, parce que je ne l'aime pas donc je vais le faire (...) Il n'est pas aimable, je pense qu'il est un peu comme tous les Français, un peu arrogant, je n'aime pas trop les Français d'ailleurs, surtout comme lui", estime Gérard Depardieu. "Il est arrogant, il est suffisant, il est jouable".

Interrogé sur le parcours de "DSK", dont la carrière politique a subi un coup d'arrêt avec l'affaire du Sofitel, l'acteur, qui soutient Nicolas Sarkozy dans la campagne pour l'élection présidentielle française, indique n'avoir ressenti aucune empathie pour Dominique Strauss-Kahn.

"Ce n'est pas ça qui ne me le rend pas sympathique, c'est ce qu'il est, quand il marche, sa main dans la poche", dit Gérard Depardieu, récompensé par un César du meilleur acteur pour son interprétation de Cyrano de Bergerac en 1991. "Le reste, on peut tous avoir des saloperies dans notre tête."

"C'est difficile d'être ému avec la justice américaine, on ne peut pas. De toute façon, je n'ai jamais été ému par des gens qui n'avaient pas de dignité."

Les poursuites pénales engagées contre l'ex-ministre socialiste des Finances ont été abandonnées en septembre.

Une première audience devait se tenir jeudi à New York dans un tribunal du Bronx chargé du volet civil des accusations d'agression sexuelle portées par Nafissatou Diallo.

De retour en France, l'ancien favori des sondages à la présidentielle a évoqué mi-septembre une "relation inappropriée" et a dit avoir commis une "faute morale" mais assure qu'il n'y a eu "ni violence, ni contrainte, ni agression ni aucun acte délictueux".

Il est sous la menace d'une mise en examen pour sa possible implication dans un réseau de proxénétisme en France.

Le Parti socialiste et son candidat, François Hollande, ont pris leurs distances avec lui, notamment quand il a été à nouveau interrogé par la police à son retour à Paris sur la supposée agression sexuelle de la journaliste Tristane Banon en 2003. Le parquet de Paris a jugé les faits établis mais classé l'affaire sans suite pour cause de prescription.

Brian Love et Marine Pennetier, édité par Yves Clarisse

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