Premier tour ce week-end pour les départementales
Premier tour ce week-end pour les départementales © Maxppp / Richard Villalon

Les socialistes sont clairement menacés d'une violente déroute dimanche : ils pourraient perdre une trentaine de départements, soit la moitié de ceux que le PS administre aujourd'hui, y compris des bastions historiques. Reste à savoir vers qui le vote sanction s'orientera.

De la Seine-Saint-Denis à la Corrèze, le fief de François Hollande, les prévisions ne sont pas optimistes pour la majorité, à quelques heures de la fin de la campagne ce samedi soir. En cause, une multiplication des listes à gauche et l'impact d'une politique nationale qui ne cesse de décevoir. Les ténors socialistes le savent : ils ont tout à perdre ce dimanche.

D'abord parce que le PS n'est pas en position de conquête mais plutôt de conservation de ses départements, mais surtout parce que cette conservation est menacée par une sanction électorale annoncée sans précédent. Le scrutin a beau être local, la situation nationale et l'état de la France vont indéniablement jouer sur la mobilisation des électeurs.

Enjeux et Front nationaux

Un enjeu national que Manuel Valls n'a pas cherché à étouffer, bien au contraire : il a enchaîné les meetings, quasiment tous les jours, à la rescousse de candidats à la peine. Il a aussi principalement axé sa rhétorique de campagne sur le danger FN, la peur de Marine Le Pen et donc le vote utile.

En parallèle, jamais le PS n'est parti avec si peu d'allié. Dans la majorité des départements, il est seul, avec en face de lui la concurence de listes écologistes, et communistes, et surtout des attelages UMP-UDI unis, eux, dans presque tous les cantons.

Quant au Front national, il n'arrive pas affaibli par cette campagne, bien au contraire : tous les sondages créditent le parti de Marine Le Pen de 30 % environ d'intentions de vote. Lors des précédentes cantonales, il n'en récoltait que la moitié.

Si le FN (qui n'a aujourd'hui que deux conseillers généraux) semble favori, il part tout de même avec quelques handicaps. Son isolement, d'abord, qui l'empêche de sceller des alliances. Mais aussi une réputation de nouveau entâchée par le comportement condamnable de plusieurs de ses candidats.

C'est tout le paradoxe de ce scrutin : le FN, s'il arrive en tête dimanche, pourra toujours se proclamer premier parti de France... Mais il ne sera pas nécessairement en position de gouverner la semaine suivante.

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