En encourageant ses ministres à multiplier les déplacements, Jean Castex applique-t-il la méthode Sarkozy ? Son ministre de l'Intérieur en tout cas s'en inspire. L'ancien président n'est autre que le mentor, en politique, de Gérald Darmanin.

Jean Castex et Gérald Darmanin en déplacement à Dijon, début juillet.
Jean Castex et Gérald Darmanin en déplacement à Dijon, début juillet. © AFP / Philippe Desmazes

"Bougez, déployez-vous." Pendant le confinement, les Français n'ont plus vu de ministres (ou presque) sur le terrain. Alors voilà ce que répète Jean Castex à son équipe. Selon nos informations, pas moins de 13 déplacements, tous ministères confondus, sont programmés ce week-end. Un déploiement particulièrement visible s'agissant du ministre de l'Intérieur, Gérald Darmanin, qui était dans un commissariat dès le jour de sa nomination. 

Le "premier flic de France" qui multiplie d'ailleurs les sauts de puce dès que l'actualité l'exige : de l'autoroute A7 après un dramatique accident qui a coûté la vie à cinq enfants jusqu'à Nice, où il était déjà jeudi pour promettre de "faire plier ceux qui veulent faire plier la République", quelques jours après une fusillade en pleine journée lundi dans le quartier des Moulins. Bis repetita, enfin, samedi : retour à Nice, mais avec en plus Jean Castex, le Premier ministre, et son collègue garde des Sceaux Eric Dupont-Moretti. L'idée est simple : muscler la dimension régalienne de la politique d'Emmanuel Macron, de rattraper, aussi, ce qui avait manqué dans l'interview présidentielle du 14-Juillet. 

École Sarkozy, à un détail près

Mais cette méthode à comme un air de déjà vu. En tout cas la consigne est passée : une actualité qui peut choquer l'opinion ne doit plus rester sans réactions. "Car la fachosphère est aux aguets", insiste un conseiller. "On ne doit plus rien laisser passer aux populistes !"

Effet rattrapage, d'où cette frénésie de déplacements chez Gérald Darmanin, dans la droite ligne de son prédécesseur à Beauvau et mentor en politique, Nicolas Sarkozy. Mimétisme, y compris dans le langage, quand il réagit, mercredi à l'Assemblée, au décès tragique d'une aide-soignante renversée puis écrasée à Lyon : "Nous espérons tous que les personnes responsables de ce meurtre soient rapidement sanctionnées et châtiées", dit le ministre. 

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Gérald Darmanin qui restera tout l'été sur le qui-vive, "d'autant plus actif qu'il doit faire oublier les polémiques qui l'entourent", ajoute un conseiller.

Méthode Sarko à Beauvau ? Oui, mais avec une différence, nuance le politologue Frédéric Dabi, de l'instituf Ifop. "Ce qui était différent à l'époque de Nicolas Sarkozy,  c'était la dimension 'pro-active'", détaille-t-il. "Il n'y avait pas seulement la volonté de réagir à l'actualité, c'était aussi l'idée de la provoquer et d'orienter l'agenda médiatique sur les prises de position du ministre de l'Intérieur." Or, "pour l'instant", constate-t-il, "le gouvernement est plutôt en réaction".

Castex veut "rassurer"

Et quand "Darmanin fait du Sarkozy", souffle un haut responsable de la majorité, Jean Castex, lui, "n’est pas dans le tropisme du 'vu à la télé'"

"Le Premier ministre n’est pas dans l’auto-célébration et la saturation médiatique : il veut rassurer et montrer l'image d’une autorité bienveillante mais ferme."

Dans la capitale des Alpes-Maritimes samedi, le Premier ministre Jean Castex se déplace samedi sur sur ses deux jambes, police et justice, Gérald Darmanin et Eric Dupont-Moretti à ses côtés, pour incarner cette image de double autorité et en soutien au maire Christian Estrosi, un sarkozyste historique, lui aussi, devenu Macron-compatible.

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