Une interview foot sur RMC, le lancement d'une association politique, un livre à paraître en avril… bien qu'en retrait de la politique nationale (qu'il se garde bien de commenter), l'ancien Premier ministre d'Emmanuel Macron cultive une présence discrète, scrutée de près par l'Élysée.

L'ancien Premier ministre et maire du Havre, lors de la cérémonie d'ouverture du festival de Deauville, en septembre 2020
L'ancien Premier ministre et maire du Havre, lors de la cérémonie d'ouverture du festival de Deauville, en septembre 2020 © AFP / Loic Venance

Et pendant ce temps… que fait Édouard Philippe ? L'ex-Premier ministre sème des petits cailloux. Envoie des cartes postales. Autrement dit : il fait tout pour qu'on ne l'oublie pas. Mardi 23 février, sur le plateau de l'émission de RMC Top of the Foot, il déclarait que "2022 est une année importante". Et "pas seulement" en raison du 150e anniversaire du HAC, le club de foot havrais. On a également appris le lancement d'une association de soutien à l'action qu'il mène dans sa ville du Havre. En attendant un livre à paraître début avril.

Les faits et gestes du maire du Havre sont surveillés de près par l'Élysée. "Emmanuel Macron est un président un peu parano", reconnaît un collaborateur du chef de l'État. "Il se méfie de tout. Donc il garde forcément un œil sur son ancien Premier ministre". L'association politique baptisée "Le Havre !", dont la mission affichée est de "soutenir, promouvoir et structurer par tous moyens humains, intellectuels, financiers ou matériels, l’action politique d’Edouard Philippe et celle des élus de la majorité municipale", n'a probablement pas échappé au président de la République. 

Curiosité et nombreux appels

Cette association, réservée aux seuls élus de sa majorité - en tous cas pour l'instant - a tout de suite suscité de la curiosité. "On a reçu pas mal d'appels", raconte une salariée qui travaille à la mairie du Havre. "C'était des gens qui voulaient savoir s'ils pouvaient dès maintenant soutenir, et donc adhérer". Une agitation qui ne déplait pas à Édouard Philippe.

"Mais il n'en abuse pas", constate une élue normande, néanmoins persuadée que l'ancien chef du gouvernement se prépare à l'élection présidentielle. "Même si ce n'est pas une obsession", souligne-t-elle. Car Édouard Philippe sera toujours un juppéiste : un homme loyal qui n'attaque jamais de manière frontale ceux qu'il respecte.