Longtemps eurodéputée MoDem, élue à l’Assemblée nationale depuis 2017, Marielle de Sarnez avait fait un court passage dans le tout premier gouvernement d’Edouard Philippe. Elle était le bras droit de François Bayrou, qui a annoncé mercredi soir son décès.

Marielle de Sarnez est morte, la député avait 69 ans
Marielle de Sarnez est morte, la député avait 69 ans © Maxppp / Julien Mattia / Le Pictorium

Elle était le bras droit de François Bayrou. Députée MoDem depuis 2017, Marielle de Sarnez est morte à l'âge de 69 ans à l'hôpital parisien de la Pitié-Salpêtrière, a annoncé le maire de Pau, président du Mouvement démocrate sur son compte Twitter mercredi soir. "Voici le jour en trop. Marielle si talentueuse et si courageuse, Marielle de Sarnez vient de partir. Notre chagrin est immense", a-t-il écrit. Marielle de Sarnez souffrait d'une leucémie. 

En 2007, elle avait cofondé le MoDem et en était depuis la première vice-présidente. En 2007 et 2012, elle avait été la directrice de campagne de François Bayrou. Véritable boussole du leader centriste, européenne convaincue, Marielle de Sarnez a, durant sa vie politique, contribué à l'émergence d'un courant centriste affranchi des clivages droite-gauche.  

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"Mon alter-ego"

Reconduite en décembre 2020 à la fonction de 1ere vice-présidente du MoDem, elle n'était jamais très loin de son président François Bayrou, et formait avec lui un couple politique assez singulier. "Marielle, c'est mon alter ego. Elle est la personne de ma vie politique dans le jugement de laquelle j'ai le plus confiance. Sa boussole est juste à 95%", disait d'elle en 2017 celui devenu depuis Haut-commissaire au Plan.

"Notre relation est humaine avant d'être professionnelle. Sa présence m'est tout à fait précieuse. On parle de tout et la plupart du temps, on se comprend sans avoir besoin de rien se dire. Nous avons des intuitions accordées", ajoutait le dirigeant centriste.

17 ans au Parlement européen

Conseillère de Paris entre 2001 et 2010 puis de 2014 à 2020, Marielle de Sarnez a aussi (et surtout) siégé au Parlement européen de 1999 à 2017, 17 ans durant, au sein du groupe ADLE et a exercé la fonction de secrétaire générale du Parti démocrate européen

Le 17 mai 2017, elle est nommée ministre des Affaires européennes auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian. Mais un mois à peine après son entrée au gouvernement, elle quitte l'équipe d'Edouard Philippe : elle vient d'être élue députée de la XIe circonscription de Paris. Elle était depuis présidente de la commission des Affaires étrangères de l'Assemblée nationale.

Par ailleurs, le Parisien fait état de l'ouverture d'une enquête préliminaire à son encontre pour "abus de confiance" concernant des soupçons d'emplois fictifs visant des eurodéputés et leurs assistants parlementaires après les dénonciations de Sophie Montel, élue FN. En 2019, Marielle de Sarnez avait été mise en examen "pour détournement de fonds publics" dans cette affaire des assistants parlementaires du Mouvement démocrate au Parlement européen. 

Parisienne de toujours

Née à Paris dans le VIIIe arrondissement, Marielle de Sarnez y a mené une grande partie de sa carrière. Entrée en politique en 1973 avec un bac en poche, comme simple secrétaire à mi-temps chez les Jeunes républicains, Marielle de Sarnez s'est immergée dans le bain électoral un an plus tard en soutenant la campagne présidentielle de Valéry Giscard d'Estaing. Elle fut choisie pour devenir présidente de la fédération UDF de Paris à partir de 2006, puis du MoDem Paris en 2008. 

"La famille centriste lui doit beaucoup"

A l'annonce de sa mort, de nombreuses personnalités politiques lui ont rendu hommage à commencer par le Premier ministre : "C'est de la loyauté à ses engagements que Marielle de Sarnez puisait sa force pour moderniser notre démocratie et défendre une certaine idée de l'Europe. Ses combats resteront plus que jamais aussi les nôtres", écrit Jean Castex

Pour Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France, "Marielle de Sarnez fut une femme de convictions européenne et humaniste, elle était courageuse, forte et drôle..."

"Son oui était un oui, son amitié, quand elle la donnait, à toute épreuve. Elle manquera à la politique et à la France."

Michel Barnier a tenu à saluer son "énergie militante", son "courage politique" et sa "passion européenne". "D’une vive intelligence elle était une femme de convictions, à l’aise dans la complexité politique", souligne pour sa part l'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin. "Militante de la première heure du centre derrière VGE, puis François Bayrou", "la famille centriste lui doit beaucoup pour sa force, son analyse perçante et son courage constant", a souligné pour sa part Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDI.

À gauche, Olivier Faure rappelle qu'elle avait "le respect de tous" à l'Assemblée et rend hommage à "la combattante obstinée" du MoDem. "Honneur à une adversaire exemplaire de loyauté, de respect des autres et de créativité. Le service du pays perd une utile influence discrète", a tweeté Jean-Luc Mélenchon, le chef de file de La France insoumise. 

"Le décès de Marielle de Sarnez est un choc pour tous. Au-delà de nos divergences politiques, elle était une Présidente de commission investie, respectueuse et attentive à tous les députés", note enfin Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national.