Passe d’armes entre Benoit Hamon et Manuel Valls, dans le débat d’entre-deux tours des Primaires Citoyennes, sur le thème de la laïcité et du voile islamique.

Benoit Hamon et Manuel Valls sur le plateau du débat de l'entre-deux tours le 25 janvier 2017
Benoit Hamon et Manuel Valls sur le plateau du débat de l'entre-deux tours le 25 janvier 2017 © AFP / bertrand GUAY / POOL / AFP

Les deux finalistes de ces Primaires Citoyennes ont eu beau se respecter dans le seul débat organisé lors de l’entre-deux tours, ils ne se sont pas épargnés, en particulier sur un thème cher à Manuel Valls et qu’il a largement étayé lorsqu’il était à Matignon : la laïcité en général, et le port du voile islamique en particulier.

Notre rôle, c'est de ne jamais stigmatiser. Mais c'est de dire à ces femmes et ces jeunes filles, qui vivent cet ordre machiste que nous sommes là pour les aider à s'émanciper( Manuel Valls)

Le débat avait déjà commencé avant même de mettre un pied sur le plateau télévisé : mercredi matin, l’ex-Premier ministre avait taxé d'"ambiguë" la position de Benoit Hamon sur l'islamisme radical : "Il y a un débat à gauche sur la conception de la laïcité", a-t-il ajouté.

Les lieutenants vallsistes ont pris moins de gants, comme le député de l'Essonne Malek Boutih, qui accuse Benoit Hamon, son collègue des Yvelines, élu de Trappes (commune frappée par les nombreux départs de jihadistes), d'être "en résonance avec une frange islamo-gauchiste".

Pendant le débat, Manuel Valls a aussi pris soin de rappeler que Benoît Hamon s'était exprimé contre la loi interdisant le port du voile intégral, en 2010, en pointant aussi du doigt le fait qu'un de ses porte-parole, Alexis Bachelay, avait organisé une réunion avec le Collectif contre l'islamophobie en France contre la prolongation de l'état d'urgence.

Le poison

"Vous voyez le poison, là, 'ambigu sur le communautarisme', c'est fondé sur rien", a réagi Benoit Hamon dans la foulée, "C'est: 'l'élu de Trappes est forcément ambigu avec le communautarisme', donc on distille un poison".

Le même élu de Trappes, qui, dans la déclaration suivante, a poursuivi dans la même veine, n’hésitant pas à citer François Hollande lui-même sur ces mots : la laïcité, "c'est l'art de vivre ensemble".

Là où une femme décide librement de porter le foulard islamique, et il en existe, peu importe ce que nous pensons, au nom de la loi de 1905, elle est libre de le faire, et moi je veux lui assurer cette liberté (Benoit Hamon)

Manuel Valls a tenté ensuite de remémorer à Benoît Hamon qu'il avait affectivement choisi de voter "contre la loi contre la burqa". Problème : Benoit Hamon, surpris, a rappelé qu'il n'était à l'époque... pas député.

Quelques minutes plus tard, ce dernier revient sur une décision du Conseil d'Etat, qui, à l'été 2016, a "rappelé le droit et la loi" dans l'affaire du burkini, dans laquelle Manuel Valls avait soutenu des maires de droite pour son interdiction.

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