[scald=102223:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Trop âgés, sans circonscription ou soucieux de mener une nouvelle vie, environ 80 des 577 députés sortants ont d'ores et déjà annoncé qu'ils ne brigueraient pas un nouveau mandat aux élections législatives françaises des 10 et 17 juin.

Parmi ces élus qui ont décidé de raccrocher les gants, on trouve des "piliers" de l'Assemblée, où il siègent parfois depuis tellement longtemps qu'ils font partie des meubles.

L'UMP Pierre Méhaignerie (Ille-et-Vilaine), 72 ans, président de la commission des Affaires sociales, est ainsi député depuis 1973 et représente la quintessence du centrisme.

Les trois plus anciens élus du Palais-Bourbon, tous de droite, ont décidé de tirer leur révérence.

L'UMP Didier Julia, 78 ans, a été élu député pour la première fois en mars 1967, en Seine-et-Marne. Il détient ainsi le record absolu avec 45 ans de mandat sans interruption.

Jean-Pierre Soisson, 77 ans, a été élu député pour la première fois en juin 1968 dans l'Yonne. Celui qui fut plusieurs fois ministre, parfois dans des gouvernements de gauche au nom de l'"ouverture", a lui aussi été constamment réélu.

Même chose pour Jean Tiberi, 77 ans, maire de Paris de 1995 à 2001, qui devint député en août 1968 et qui depuis siège sur les bancs de la droite, au RPR puis à l'UMP.

A gauche, le socialiste Jean-Pierre Balligand, 61 ans, un des "piliers" de la commission des Finances, ou bien encore l'ancien ministre Jean-Jack Queyranne, 66 ans, président de la région Rhône-Alpes, quitteront aussi les bancs de l'Assemblée.

MONTEBOURG VERS D'AUTRES HORIZONS

Si l'âge explique certains renoncements, d'autres élus le font pour des raisons personnelles ou parce que leur circonscription a été supprimée ou fortement modifiée.

Le socialiste Arnaud Montebourg (Saône-et-Loire), "troisième homme" de la primaire socialiste d'octobre dernier pour l'élection présidentielle, derrière François Hollande et Martine Aubry, a d'autres ambitions.

Le redécoupage électoral de janvier 2010 modifie de nombreuses circonscriptions et en supprime une douzaine alors qu'ont été créés 11 sièges de députés de l'étranger, le nombre de sièges restant fixé à 577.

En tout, 38 députés UMP sur 305 ont, à l'heure qu'il est, décidé de ne pas se représenter, soit à peu près le même nombre qu'au groupe socialiste, où ils sont 35 sur 197 à ne plus briguer le suffrage des électeurs.

Au groupe Front de gauche, cinq sortants - sur 21 - ont décidé de ne pas se représenter.

Au groupe du Nouveau centre, qui rassemble 24 élus, seul Christian Blanc a décidé de ne pas se représenter devant les électeurs de la troisième circonscription des Yvelines.

La liste des députés quittant l'Assemblée pourrait s'allonger au lendemain de l'élection présidentielle.

Certains députés élus de justesse en 2007 pourraient renoncer à briguer à nouveau un mandat si le candidat qu'ils soutiennent dans la course à l'Elysée est battu.

Emile Picy, édité par Yves Clarisse

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