Contre la privatisation des Aéroports de Paris, personnalités politiques de gauche comme de droite font front commun. Mercredi soir, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) des élus de tous bords se réunissent pour un meeting unitaire. Avec une règle : ne parler que d'aéroports, et rien d'autre.

Communistes, Insoumis, PS et Républicains tiennent ce mercredi soir un meeting commun contre la privatisation des Aéroports de Paris.
Communistes, Insoumis, PS et Républicains tiennent ce mercredi soir un meeting commun contre la privatisation des Aéroports de Paris. © Maxppp / Christophe Morin

L'image a de quoi surprendre. Imaginez plutôt : des personnalités politiques aussi éloignées qu'Éric Coquerel (député La France insoumise) et Gilles Carrez (député Les Républicains) qui ne partagent pas grand chose sur le plan des idées qui seront sur la même estrade mercredi soir pour un même combat

Dès 19 heures à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), c'est une alliance étonnante qui montera sur la scène de la Bourse du travail : un meeting unitaire contre la privatisation d'ADP, les Aéroports de Paris. Au total, cinq partis politiques devraient se relayer autour de cette même cause : le député nordiste Fabien Roussel pour les Communistes, Boris Vallaud pour le Parti socialiste, François Pupponi de Libertés et territoires et donc enfin Éric Coquerel de la France insoumise et Gilles Carrez des Républicains.

"Il y a un intérêt national qui dépasse les clivages politiques"

Si un tel consensus est peu courant en politique, il est indispensable de faire des événements communs dans cette campagne, selon le député communiste de Seine-Saint-Denis Stéphane Peu, qui accueille le meeting sur son territoire : "Les Républicains, les socialistes, les communistes, les Insoumis, les syndicalistes vont faire chacun une campagne avec leurs propres arguments et leurs propres réseaux. Mais c'est bien de montrer que, sur cette question, il y a un intérêt national qui dépasse les clivages politiques. Des clivages qui sont à l'intérieur de la gauche ou entre la gauche et la droite." 

Les autres sujets bannis du débat

Gilles Carrez (LR) n'a lui aucun problème à s'afficher avec les Communistes : "Depuis près de vingt ans, je travaille de façon régulière, et en bonne intelligence avec nos collègues de gauche. J'estime que quand le service public est en cause, nous devons unir nos efforts si nous pensons qu'il y a lieu de se battre" détaille-t-il. Pour autant, pas question de parler d'autres choses que d'ADP, mercredi soir : "Il est hors de question de me lancer dans des diatribes anti-Macron ou de demander la démission du président de la République si on réunit les 4,7 millions de signatures. Ce n'est absolument pas le sujet ! Le sujet c'est pourquoi il ne faut pas privatiser Aéroports de Paris." 

Ne pas faire de cette réunion publique un référendum anti-Macron, l'avis est partagé par Stéphane Peu (PCF) ou encore le socialiste Patrick Kanner. En revanche côté Insoumis, la tentation d'élargir le combat est palpable. Dans une vidéo publiée sur sa chaîne YouTube, le député François Ruffin assume vouloir se battre : "C'est une campagne pour les aéroports et pour l'espoir. Parce qu'on ne se mobilise pas seulement pour les aéroports mais pour le monde que l'on veut. Est-ce que l'on veut un monde où l'on parle en permanence de croissance, de concurrence, de compétition ? Est-ce que en ce nom là on doit solder nos retraites, notre sécu, notre gaz, notre électricité et ainsi de suite, pour tout mettre sur le grand marché de la mondialisation ? Est-ce que c'est ça qu'on veut ? Non."

Neuf mois pour faire pression

Le référendum, en ligne depuis le 13 juin est accessible jusqu'au 12 mars 2020. Il faudra au moins 4,7 millions de signatures (10 % des électeurs) pour déclencher un débat au parlement. Il est possible de voter en ligne ou par formulaire papier. Selon un militant de la Quadrature du Net, une association de défense des libertés sur internet, 125 000 personnes se seraient déjà prononcées.

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