[scald=61485:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - François Fillon va annoncer à 12h00 une petite dizaine de milliards d'euros de mesures pour tenir les objectifs de réduction du déficit malgré le ralentissement économique, avec l'objectif de conforter la note "triple A" de la France.

Selon Les Echos, il devrait annoncer une accélération de la réforme des retraites en avançant le passage de l'âge légal à 62 ans, pour l'instant prévu pour 2018, et/ou limiter la revalorisation de certaines prestations sociales.

Une hausse de la TVA dans certains secteurs comme la restauration ou la construction pourraient être annoncée à travers la création d'un taux intermédiaire à 7%.

Ces mesures doivent permettre à la France de réduire comme prévu son déficit à 4,5% du produit intérieur brut fin 2012 après 5,7% fin 2011, avant 3% fin 2013, malgré l'abaissement de la prévision de croissance 2012 à 1% contre 1,75% auparavant.

Cette nouvelle révision budgétaire intervient après que l'agence de notation Moody's a annoncé mi-octobre qu'elle se donnait trois mois pour évaluer la perspective stable associée à la note Aaa de la France, la meilleure, qui permet au pays d'emprunter à des taux avantageux pour financer ses déficits et refinancer sa dette.

Les socialistes, les syndicats, mais aussi certains à droite ont critiqué ce plan d'austérité, en soulignant que le chef de l'Etat tentait, sous la menace, de réparer aujourd'hui un enchaînement d'erreurs depuis son élection en 2007.

"A six mois de l'élection, c'est un peu tard", déplore Alain Lambert, ministre du Budget sous Jean-Pierre Raffarin, dans un entretien publié lundi dans Libération.

"Il doit emprunter exactement le chemin inverse de celui qui est le sien depuis le début du quinquennat. Après les baisses d'impôt et des dépenses supplémentaires, il doit faire le contraire. Il n'y a plus de choix."

Pour le président de la Commission des Finances de l'Assemblée nationale, le socialiste Jérôme Cahuzac, le Premier ministre va annoncer "une politique d'austérité qui revient à faire payer par tous les Français la facture de la crise, mais également la facture du sarkozysme".

Nicolas Sarkozy "persiste dans l'erreur", a-t-il dit sur RMC, appelant à la suppression du "paquet fiscal" décidé après son élection. "La suppression du paquet fiscal, c'est 9 à 10 milliards d'euros d'économies, c'est précisément l'effort qu'il faut demander au pays."

Le syndicaliste Jean-Claude Mailly a dénoncé une politique d'austérité, alors qu'il faudrait selon lui relancer l'activité pour réduire les déficits, et le choix du gouvernement de faire payer la facture aux salariés. "On glisse vers une situation à la grecque", a-t-il dit sur France Info.

"Monsieur Fillon et (le ministre des Finances) monsieur Baroin, c'est messieurs Standard and Poor's", a-t-il ajouté, en allusion à une autre grande agence de notation.

Jean-Baptiste Vey, édité par Patrick Vignal

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