[scald=19531:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Moins de vacances estivales et plus de congés à l'automne : telle est l'une des principales mesures préconisées par le comité de pilotage sur les rythmes scolaires qui remet ce lundi ses propositions au ministre de l'Education Luc Chatel.

Le gouvernement, qui se donne du temps pour trancher ce dossier délicat, entend réformer le rythme de travail des élèves, qui, selon plusieurs études, sont plus fatigués et donc moins performants que leurs voisins européens.

La Conférence nationale sur les rythmes scolaires, installée en juin 2010, soulignait en juin dans un pré-rapport "la semaine épuisante" des élèves du primaire, les "journées trop longues et fatigantes", ainsi que le déséquilibre de l'année scolaire avec des congés d'été jugés trop longs.

Le rapport définitif, fondé notamment sur les réflexions des organisations de parents et d'enseignants, recommande de jouer sur plusieurs leviers dont le principal est aussi le plus sensible politiquement : la durée des vacances d'été.

Les auteurs évoquent avec prudence la possibilité de raccourcir de deux semaines la pause estivale, ou l'hypothèse d'un découpage en zones géographiques, comme c'est le cas pour les vacances de février et Pâques.

SEMAINE DE QUATRE JOURS ET DEMI

Luc Chatel avait estimé le 23 juin que cette dernière mesure pourrait être "une réponse à l'inquiétude". Un message à l'adresse notamment des professionnels du tourisme qui craignent de perdre le bénéfice des mois de juillet et août.

Les spécialistes considèrent que des vacances trop longues compromettent les chances des enfants défavorisés, qui perdent leurs acquis pendant les deux mois d'été.

A contrario, et dans un souci de rééquilibrage, le rapport prône un allongement des vacances de la Toussaint, pour alléger le premier trimestre, de dix à quinze jours.

Pour alléger la cadence, le document propose également de repenser la semaine de travail, notamment dans le primaire. Un presque consensus se dessine pour revenir à la semaine de quatre jours et demi en primaire. Le mercredi matin serait travaillé, plutôt que le samedi. Les élèves verraient ainsi leur charge de travail étalée sur 180 à 200 journées par an, contre 144 actuellement.

La durée de la journée pourrait aussi être modulée, afin de respecter "les biorythmes de l'enfant". Le rapport juge par exemple que quatre heures de classe suffisent pour les élèves de CP et de CE1. Six heures pour les collégiens et sept heures pour les lycéens.

L'exécutif avance avec circonspection sur le sujet.

Le 21 juin dernier, Nicolas Sarkozy avait marqué sa volonté d'"ouvrir le débat sur les rythmes scolaires", sans aller plus loin. Luc Chatel, pour sa part, avait déclaré le 23 juin que si décision il y avait, les mesures choisies n'entreraient en vigueur "au mieux" que "pour la rentrée 2013 ou 2014", sur une base "progressive".

Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

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