La rencontre, organisée en octobre par le conseiller mémoire du chef de l'Etat, Bruno Roger-Petit, avec la nièce de Marine Le Pen, Marion Maréchal, fait réagir au sein d'une partie de la majorité et dans l'opposition.

Lorsque Bruno Roger Petit, conseiller d’Emmanuel Macron, déjeune secrètement avec Marion Maréchal, les réactions sont nombreuses
Lorsque Bruno Roger Petit, conseiller d’Emmanuel Macron, déjeune secrètement avec Marion Maréchal, les réactions sont nombreuses © Maxppp / Frédéric Dugit

Un déjeuner, révélé par le quotidien Le Monde entre un conseiller d'Emmanuel Macron et l'ancienne députée d'extrême droite Marion Maréchal, suscite lundi des critiques jusque dans la majorité. Bruno Roger-Petit, conseiller mémoire du chef de l'État et ancien journaliste, a invité la nièce de Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national, à déjeuner le 14 octobre à la brasserie parisienne Le Dôme. Sollicités par l'AFP, les deux convives ont confirmé cette information à l'agence de presse. 

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Selon Marion Maréchal, Bruno Roger-Petit a souhaité la rencontrer "par curiosité", par l'intermédiaire d'un "ami commun". Mais l'ancienne élue du Vaucluse juge qu'il n'y a "rien à raconter" sur ce repas qu'elle ne veut pas commenter. Bruno Roger-Petit a confirmé de son coté avoir payé l'addition. Il a rencontré Marion Maréchal "à titre personnel", pour savoir "si elle était en résonance avec l'état de l'opinion - ce qui n'est pas le cas".  

"J'ai dû constater que nous étions en désaccord. C'est un peu ce que Xavier Bertrand (président ex-LR des Hauts-de-France, ndlr) a fait quand il a rencontré Eric Zemmour", a expliqué le conseiller du président au Monde 

L'Elysée ne commente pas la rencontre, mais souligne qu'elle a été organisée à titre tout à fait "personnel" par Bruno Roger-Petit. Marion Maréchal, qui a quitté le Rassemblement national, dirige désormais l'école de sciences politiques qu'elle a créé à Lyon. Elle ne sera pas candidate à la présidentielle de 2022 mais ne s'interdit pas de revenir un jour en politique. 

"Avec l'extrême droite, on ne discute pas"

Un déjeuner qui crispe une partie de la majorité.

"Avec l'extrême droite, on ne discute pas, on ne transige pas. On la combat", a critiqué Hugues Renson, vice-président LREM de l'Assemblée nationale, dans un tweet où il cite l'ex-président Jacques Chirac qui, en avril 2002, avant le second tour de la présidentielle face à Jean-Marie Le Pen, avait déclaré : "Je ne peux pas accepter la banalisation de l'intolérance et de la haine".  

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"Il y a des gens qu'on ne 'sonde' pas 'à titre personnel', on les combat à titre collectif. Marion Maréchal et toute sa clique en font clairement partie", a tranché Astrid Panosyan, cofondatrice du parti présidentiel, dans un tweet "liké" par le secrétaire d'Etat chargé des Affaires européennes Clément Beaune et relayé par l'ancien patron des députés LREM Gilles Le Gendre.  

Même son de cloche chez Jean-Michel Mis, député LREM de la Loire, "Lorsqu'on exerce des fonctions aussi éminente que celle-ci, il n'y a rien qu'on ne puisse effectuer à titre personnel. Et ce n'est pas au moment même où nous abordons la loi sur les principes républicains qu'il fallait prendre ce type d'initiatives. C'est malvenu et sur le principe, et pour le calendrier. Il aurait du s'abstenir, il a commis une faute".

Député du Rhône, Bruno Bonnel prend au contraire la défense de Bruno Roger-Petit auprès de France Inter, "c'est anecdotique ! Monsieur Roger-Petit est un homme libre et il peut déjeuner avec qui il le souhaite. En tant que conseiller, il prépare sans doute les prochaines élections, et veut jauger les potentiels adversaires."

L'opposition ironise

Du côté de l'opposition, des députés ex-LREM mettent en garde : "Ça glisse....", a alerté Matthieu Orphelin, tandis que pour Aurélien Taché, "le 'national-libéralisme' de Guillaume Larrivé, trop à droite pour Les Républicains lors de leur dernier congrès, sera donc bientôt le barycentre du pouvoir..."  

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"Maurras et Pétain n'étaient pas dispo...", a ironisé sur Twitter Emmanuel Grégoire, premier adjoint à la maire socialiste de Paris Anne Hidalgo.  

"Le macronisme, face à l'extrême droite, un rempart ? Non, un rencard...", a déploré le député LFI Alexis Corbière. "Plutôt une passoire", a critiqué son homologue Clémentine Autain, ou "une rampe d'accès au pouvoir", selon le porte-parole du PCF Ian Brossat.