[scald=20649:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Les ministres de l'Agriculture et de l'Economie, Bruno Le Maire et François Baroin, ont scellé leur réconciliation mercredi soir lors d'un dîner de "quadras", une semaine après le remaniement qui a failli les brouiller, a-t-on appris auprès de sources proches des participants.

Ils étaient six au ministère de l'Agriculture - les six "mousquetaires", comme ils sont désormais surnommés à l'UMP, le parti du président de la République, Nicolas Sarkozy.

Outre Bruno Le Maire et François Baroin, il y avait là le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale, Christian Jacob, la nouvelle ministre du Budget, Valérie Pécresse, et son collègue de l'Education nationale, Luc Chatel.

Ces six proches de l'ancien président Jacques Chirac se réunissent régulièrement et avaient programmé ce dîner lors de leur dernière rencontre, le 16 mai, bien avant que la succession de Christine Lagarde au ministère de l'Economie ne provoque des tensions au sein de leur petit groupe.

Valérie Pécresse a un temps été en concurrence avec François Baroin, à qui Bruno Le Maire, pressenti par Nicolas Sarkozy, a failli souffler le poste à la dernière minute.

François Baroin, alors ministre du Budget, a finalement eu gain de cause à l'arraché après avoir menacé de démissionner lors d'un entretien avec le Premier ministre, François Fillon.

"ON VA CHERCHER À NOUS DIVISER"

Selon des proches de participants au dîner de mercredi, Bruno Le Maire et François Baroin se sont expliqué dès vendredi dernier au téléphone et lundi matin en tête à tête à Bercy.

Le ministre de l'Agriculture l'a assuré, de même qu'aux quatre autres "mousquetaires", qu'il souhaitait "tourner la page" et préserver leur groupe.

Il l'a confirmé mercredi dans ce que des proches des participants ont présenté comme une sorte de mea culpa, au début du dîner, qualifié de "très convivial" et d'"amical".

Le secrétaire général de l'UMP a pour sa part demandé au petit groupe de se serrer les coudes. "On va chercher à nous diviser", a-t-il dit en substance, selon les mêmes sources.

Jean-François Copé, Bruno Le Maire, François Baroin et Christian Jacob avaient signé début septembre 2010 une tribune intitulée "Les conditions de la victoire en 2012", dans laquelle ils estimaient qu'une campagne victorieuse pour la réélection de Nicolas Sarkozy devait s'appuyer sur les notions de courage politique, de rassemblement et d'ouverture au monde.

Trois mots-clefs autour desquels devrait s'articuler le programme électoral préparé par l'UMP sous la houlette de Bruno Le Maire, selon les dirigeants du parti présidentiel.

Depuis la publication de cette tribune, Valérie Pécresse et Luc Chatel se sont joints aux quatre "mousquetaires" du début.

Ces six "quadra" élevés dans le chiraquisme mais promus par un Nicolas Sarkozy dont ils n'étaient pas initialement de grands fans, apparaissent aujourd'hui en grande partie soudés par une volonté de faire pièce aux ambitions de François Fillon.

Le Premier ministre et Jean-François Copé font d'ores et déjà figure de rivaux potentiels pour la présidentielle de 2017.

Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

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