Interrogé sur France Inter sur la "Convention de la droite" organisée par Marion Maréchal ce week-end, en particulier le discours anti-musulmans prononcé par Éric Zemmour, l'ancien président de la République dénonce "l'outrance introduite dans le système médiatique".

François Hollande dans les studios de France Inter le 30 septembre 2019
François Hollande dans les studios de France Inter le 30 septembre 2019 © Radio France

C'était l'une des obsessions de Jacques Chirac : préserver un mur entre la droite et l'extrême-droite. Mais lorsqu'on lui demande si ce mur est beaucoup plus poreux aujourd'hui qu'à l'époque, François Hollande évoque une autre porosité, celle du "mur dans les médias". "Vous me parlez d'Éric Zemmour : il travaille dans des organes de presse, et pas n'importe lesquels ! Si l'on pense qu'il tient des propos qui dépassent toutes les limites et qui franchissent toutes les digues, il y a un moment où il faut prendre des responsabilités."

Le polémiste, après des années sur France 2 ou iTélé, travaille désormais au Figaro et pourrait être prochainement recruté par CNews. "Pour des organes de presse, il faut se poser ces questions. Ce n'est pas n'importe quel propos qui ont été prononcés, des propos qui parfois même ont été condamnés, pas simplement moralement mais sur le plan judiciaire."

"Une banalisation du pire"

Pour l'ancien président de la République, "on s'est habitué, on a toléré des sorties, des jugements, des diatribes".

"Il y a même des émissions à la télévision qui sont organisées pour qu'il y ait ce type de polémiques. L'outrance a été introduite dans le système médiatique, pas dans le système politique. L'outrance, elle fait partie du jeu."

Donner la parole à Zemmour, est-ce simplement respecter la liberté d'expression, celle d'un certain courant de pensée ?

"Je ne dis pas le contraire, mais à ce moment-là ça s'appelle faire de la politique, ce n'est pas tout à fait la même chose. On est un acteur politique. Il y a une banalisation du pire, une banalisation de l'extrême, une banalisation de l'outrance, une banalisation du mépris à l'égard d'une partie de la communauté nationale."

S'il ne prône évidemment pas de censurer qui que ce soit, François Hollande dénonce toutefois un renversement total ces dernières années : "Il y a 20 ou 30 ans, il y avait des personnes qu'on n'invitait même pas à la radio ou à la télévision. Aujourd'hui, c'est elles qui sont les plus nombreuses à y venir."

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