carte d'électeur
carte d'électeur © Valeria Emanuele

Au lendemain d'un premier tour des municipales qui a vu le FN faire de très bons résultats, le parti d'extrême droite peut se maintenir dans 315 communes au second tour. Pour éviter l'élection au second tour d'un maire frontiste, les stratégies à Droite et à Gauche sont radicalement opposées.

A l'UMP, tout désistement est sanctionné, tant pis, si cela fait gagner le Front National. C'est l'inverse au PS où les investitures de second tour seront refusées quand ces candidatures peuvent favoriser le parti de Marine Le Pen. Quant à l'UDI, ses dirigeants ont officiellement demandé à l'UMP ou au PS de se retirer le cas échéant.

A l'UDI, sans ambiguïté contre le Front national

Le "ni-ni" prôné par Jean-François Copé pour l’UMP est une position absolument refusée par l’UDI qui souhaite faire barrage au Front National.

Jacques Chirac a été élu en 2002 grâce au front républicain" rappelle Yves Jégo, le délégué général de l’UDI

"Beaucoup ont pu quitter l'UMP sur ce sujet", explique Yves Jégo. Lundi matin, les dirigeants de l'UDI ont fait l'inventaire des villes où le FN risquait de l'emporter, une dizaine selon eux, et ont officiellement demandé à l'UMP ou au PS de se retirer. Ils ont d'ores et déjà décidé de retirer une candidate UDI qui se trouve en deuxième position sur la liste UMP à Forbach, où Florian Philippot, numéro 2 du FN est arrivé en tête. Cela s'est fait dans "l'unanimité", a expliqué Chantal Jouanno.

Le "Ni-Ni" car Front National et Front de Gauche c'est la même chose

A l'UMP, le président Jean-François Copé, a réaffirmé que l'UMP se maintiendrait dans toutes les villes. "La règle, elle est constante partout : aucune alliance d'aucune sorte avec le FN, mais pas d'appel non plus à voter pour le Parti socialiste, qui est allié avec le Front de gauche", a réaffirmé lundi Jean-François Copé. Le bureau politique de lundi a annoncé que les candidats UMP tentés par une alliance ou un désistement en faveur du FN s'exposeraient à une mesure d'exclusion.

L’exemple de Fréjus

La division de la droite, dans cette ville du Var, a profité à la liste du FN et le conseiller régional frontiste David Rachline, qui a remporté 40,3% des voix, partira favori pour le 2e tour.

Trois autres candidats peuvent se maintenir, dont le maire sortant Élie Brun DVD (17%), pris dans des démêlés judiciaires, le candidat de l'UMP, Philippe Mougin (21%), et la candidate socialiste Elsa Di Méo (19%).

L'UDI demande le retrait de la candidate PS et du candidat DVD. Mais Elie Brun n’a aucune intention de le faire. Quant à la candidate PS, ses voix ne suffiraient pas à l’un des candidats de droite pour battre le FN.

Les explications de Christelle Marqués

Pour le PS, tout soit être fait pour qu'il ne "puisse y avoir aucune ville qui passe au FN". A Paris cela semble clair, mais sur le terrain...

Le patron du PS Harlem Désir a d'ores et déjà annoncé le retrait de la liste socialiste à Saint-Gilles (Gard). A priori on a été très clairs, rue de Solférino, sur "un appel au retrait des listes socialistes quand ce danger est en place".

A l’issue du Bureau national le porte-parole du PS David Assouline a prévenu : "si des listes veulent prendre localement le risque de ne pas se retirer, elles n'auront pas l'investiture du Parti socialiste".

Sont potentiellement concernée par le front républicain les villes de Béziers, Fréjus, Brignoles, Cogolin, Valréas, Le Pontet dans le Vaucluse et Perpignan –où, tiens, tiens, le sortant UMP a appelé à ce désistement-.

Mais Jacques Cresta, le candidat socialiste, ne semble pas vraiment prêt à entendre les appels de son parti et des autres…

Les explications d’Elisabeth Badinier

Au FN on ne parle pas de "désistement" mais de "fusion"

Marine Le Pen a expliqué lundi que des listes Front national pourraient fusionner avec des listes adverses dans une poignée de villes -entre trois et cinq- et autour de personnalités.

"Il peut arriver que, dans un cas particulier, à l'égard d'une personnalité, on considère qu'on puisse faire un bout de chemin ensemble", a expliqué la Présidente du FN. "Ce seront des accords exceptionnels. Ils ne se feront que sur la base d'un projet politique. Il y a une charte (...) et il faudra s'engager sur cette charte."

Les villes qui pourraient passer au FN
Les villes qui pourraient passer au FN © ide
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