[scald=62179:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Les négociations entre le Parti socialiste et Europe Ecologie-Les Verts (EELV) en vue d'un éventuel accord électoral en 2012 butent sur la question du nucléaire, auquel les Verts veulent mettre fin mais que François Hollande ne souhaite que réduire.

Ce dossier est important pour le principal candidat d'opposition à Nicolas Sarkozy, qui a besoin d'un accord pour alimenter une dynamique, même si les sondages le placent actuellement, avec plus de 30% des voix au premier tour, loin devant la candidate écologiste Eva Joly, située autour de 5%.

Les difficultés font suite à des déclarations de François Hollande, qui a dit lundi vouloir préserver la construction d'un EPR, réacteur nucléaire de troisième génération, en construction à Flamanville (Manche), un projet coûteux qui connaît problèmes et retards. La réaction des écologistes n'a pas tardé.

"Nous demandons au PS des clarifications aujourd'hui sur l'EPR de Flamanville dans le cadre de négociations que nous souhaitons voir se poursuivre", a dit à Reuters Yannick Jadot, député européen et porte-parole d'Eva Joly, candidate d'EELV à l'élection présidentielle.

Selon lui, les propos tenus par François Hollande ne sont "pas forcément un bon signal", mais, ajoute-t-il, il y a plusieurs positions sur ce sujet au Parti socialiste.

L'objet de ces négociations est d'arriver à un contrat de gouvernement mais aussi de dégager des circonscriptions législatives où les candidats écologistes seraient candidats d'union, en l'absence de rivaux PS.

Eva Joly présente comme non négociable la sortie du nucléaire que prône le parti écologiste et assure qu'il n'y aura pas d'accord si le PS ne cède pas. François Hollande propose de réduire la part du nucléaire dans l'électricité produite en France de 75% à 50% d'ici 2025.

UN CONTENTIEUX PERSISTANT

Ce contentieux est de plus en plus vif depuis plusieurs mois, certains dirigeants écologistes ayant même soutenu publiquement Martine Aubry lors de la primaire socialiste, car elle se prononçait pour une sortie du nucléaire.

En position de force dans les sondages, le PS l'est aussi concernant les élections législatives, où les écologistes ne semblent pas en mesure, compte tenu de leur étiage électoral, d'obtenir un groupe parlementaire sans accord avec le PS.

Le député écologiste Yves Cochet a qualifié, dans les couloirs de l'Assemblée nationale, la phrase de François Hollande sur l'EPR de "provocation".

"Ce que nous souhaitons maintenant c'est apaiser et pouvoir rediscuter au plus haut niveau, que Cécile Duflot (secrétaire générale d'EELV-NDLR) puisse rencontrer Martine Aubry et M. Hollande pour un calendrier qui aboutisse avant la fin de la semaine prochaine", a-t-il dit.

Selon lui, le maintien du projet EPR est inacceptable puisqu'il signifie la survie du nucléaire au moins jusqu'en 2076.

Christophe Borgel, secrétaire national du PS aux élections, a déclaré, aussi dans les couloirs de l'Assemblée, que les discussions se poursuivaient sur les législatives.

"Pour la partie qui me concerne, les circonscriptions, on est dans la situation de proposer un accord qui a de la tenue." On a eu encore des discussions hier soir, on continue à travailler", a-t-il dit. Un accord est possible selon lui dans dix jours.

Le dossier est d'autant plus difficile que les écologistes ont dans leurs rangs des opposants à tout accord avec le PS, comme le militant antinucléaire Stéphane Lhomme, qui a demandé mardi "une rupture claire et définitive de ces négociations".

Thierry Lévêque et Chine Labbé, édité par Gilles Trequesser

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