Jea-Marc Ayrault sur le plateau de France 2
Jea-Marc Ayrault sur le plateau de France 2 © radio-france

Jean-Marc Ayrault a affirmé mardi soir au 20h de France 2 que l'exécutif connaissait l'existence des écoutes judiciaires visant Nicolas Sarkozy depuis le 26 février, date de l'ouverture d'une information judiciaire, mais sans en connaître le contenu.

Christiane Taubira avait pourtant assuré lundi soir sur TF1 qu'elle n'en avait pas été informée avant vendredi dernier, date de la parution de l'article du Monde révélant l'affaire, et avait insisté sur l'indépendance des juges d'instruction.

Or le parquet général a ouvert le 26 février une information judiciaire pour trafic d'influence et la ministre de la Justice a diffusé fin janvier une circulaire aux parquets leur demandant de faire remonter les informations en fonction de la gravité des faits et de la personnalité de leurs auteurs.

La Garde des Sceaux a reçu une information, comme c'est la loi, mais on n'a pas appris le contenu des écoutes

Jean-Marc Ayrault a expliqué que les deux juges qui enquêtent depuis avril 2013 "en toute indédependance" sur un éventuel financement par la Libye de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy, avaient "découvert des faits nouveaux n'ayant rien à voir avec leur saisine".

Affaire des écoutes : après un certain silence, l'éxécutif se défend. Marion Lagardère

C'est "grâce aux écoutes (sur lesquelles) nous n'avions pas d'information ni sur le contenu ni sur leur opportunité" que ces faits nouveaux sont apparus, a expliqué le Premier ministre qui a expliqué que les écoutes ont révélé une "présomption de trafic d'influence qui pouvait mettre en cause un magistrat", Gilbert Azibert, de la Cour de Cassation.

Les juges ont alors "saisi le parquet qui a ouvert une information judiciaire (...) sur des faits extrêmement graves, c'est à ce moment-là qu'on a appris" que Nicolas Sarkozy avait été mis sur écoute, mais pas le contenu de des dites écoutes, selon le Premier Ministre.

Jean-Marc Ayrault

Qui était au courant de ces écoutes ?

Selon le Canard Enchainé, le magistrat qui a placé Nicolas Sarkozy sur écoute a tout fait pour que l'information ne fuite pas, au moins jusqu'au 26 février, date à laquelle le parquet de Paris est informé, ainsi que la Chancellerie.

Les explications de Franck Cognard

C"est l'Etat de droit qui est en cause

pour Jean François Copé, qui demande au chef de l'Etat "de s'expliquer devant les Français sur cette affaire d'Etat qui s'apparente à un véritable espionnage politique".

Le chef de file des députés UMP Christian Jacob a appelé François Hollande à s'exprimer et Jean-Marc Ayrault à venir s'expliquer d'urgance devant le Parlement. L'ex-Premier ministre UMP François Fillon a réclamé pour sa part une commission d'enquête parlementaire. Demandes aussitôt rejetées par Jean-Marc Ayrault pour qui, "les gens dans l'opposition autour de Nicolas Sarkozy sont toujours dans la culture du complot qui a été la leur depuis des années".

Pour Thierry Mariani, ancien ministre de Nicolas Sarkozy, la Garde des Sceaux était parfaitement au courant

Pourquoi Christiane Taubira a-t-elle menti devant les télespectateurs lundi soir ?

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.