Le Premier ministre d'Emmanuel Macron a eu une vie politique et professionnelle avant sa nomination. Certaines lignes de son CV feront sûrement parler...

Edouard Philippe, 46 ans, et une carrière précédant sa nomination
Edouard Philippe, 46 ans, et une carrière précédant sa nomination © Reuters / Christophe Archambault/Pool

Vous savez déjà que le nouveau Premier ministre aime la boxe et la pratique trois fois par semaine depuis deux ans.

Et qu’il a des talents d’imitateur, du moins pour un homme politique...

On sait aussi qu'Edouard Philippe a été brièvement socialiste "rocardien" avant de passer à droite et de travailler à la fondation de l'UMP avec Alain Juppé.

Ce sont d'autres passage de son CV qui risquent de lui poser problème dans sa nouvelle vie de premier ministre d'Emmanuel Macron. Car si les Français apprécient que les politiques n’aient pas connu seulement les cabinets ministériels ou les partis, parfois l'exercice de la vie professionnelle classique peut vous avoir fait passer dans un secteur ou une entreprise qui fera ensuite "problème".

Pour Edouard Philippe, c’est le groupe nucléaire Areva, dont il a été le directeur des affaires publiques de 2007 à 2010. Ce qui fait dire à Charlotte Mijeon, porte-parole du Réseau Sortir du nucléaire, que "c’est un signal exécrable et une nomination inquiétante". Selon elle, Edouard Philippe aurait joué un rôle de lobbyiste, pour Areva, auprès des élus de l’Assemblée nationale au sujet des mines d’uranium au Niger.

Ces votes qui parlent de vous

Surtout, la porte-parole du réseau Sortir du nucléaire s’interroge sur la politique écologique que mènera le gouvernement d’Edouard Philippe car "en tant que député du Havre, il a voté contre la loi de transition énergétique, et contre la loi sur la biodiversité." Et en tant que maire, Edouard Philippe s'est battu pour le maintien de la centrale thermique EDF, alimentée au charbon, qui emploie 180 personnes sur le site du Havre.

Sa position sur le "mariage pour tous" fera également parler. Lors du vote, le 12 février 2013, Edouard Philippe avait choisi de s’abstenir. A l'époque, ce n’était pas le mariage homosexuel en lui-même qui semblait lui poser problème, mais la gestation pour autrui (GPA) - qui n'a jamais été envisagée - et la procréation médicalement assistée (PMA), sur laquelle le gouvernement a reculé. La majorité de l'opposition de droite avait voté contre la loi Taubira. Seuls six députés ex-UMP avaient voté pour.

L'un de ses votes "contre" apparaît aujourd'hui sous une autre lumière, alors que l'un des premiers actes du nouveau gouvernement sera le projet de loi de moralisation de la vie publique. Le 11 octobre 2013, après l'affaire Cahuzac, l'Assemblée adopte la loi sur la transparence de la vie publique qui oblige les élus à fournir une déclaration d’intérêts et une déclaration de situation patrimoniale, rendus ensuite publiques. Edouard Philippe avait alors voté contre cette loi et en 2014 avait refusé d’actualiser la valeur de son patrimoine, ce qui lui avait valu un blâme de la Haute Autorité pour la Transparence de la vie publique, selon Médiapart. Il n'était pas seul dans son cas : 23 députés ou sénateurs avaient également des "blancs" dans leurs déclarations. Sa justification était alors une protestation : "Comme beaucoup de parlementaires sans doute, j’ai essayé de concilier le respect de la loi et une forme de mauvaise humeur."

A noter également à son "palmarès des votes contre" la loi sur le non-cumul des mandats en 2013, la loi sur la séparation bancaire qui visait à séparer le financement de l’économie d’un côté et les activités spéculatives des banques de l’autre en 2012 et en 2013, la loi relative à la lutte contre la fraude fiscale et la grande délinquance économique et financière.

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