Alors que le Premier Ministre reprend des couleurs dans les sondages, que l'on loue son sang froid et son efficacité dans la gestion de la canicule, au sein de la majorité présidentielle, ça commence à tirer. Quelques snipers encore assez isolés, mais pour qui l'acte 2 voulu par Emmanuel Macron n'est pas incarné.

Edouard Philippe à Paris le 28 juin 2019 lors d'une réunion sur la canicule
Edouard Philippe à Paris le 28 juin 2019 lors d'une réunion sur la canicule © AFP / Laure Boyer / Hans Lucas

Ce n'est pas encore un bombardement nourri, mais les premiers tirs commencent à fuser en direction du Premier ministre, pourtant en bonne forme dans les sondages.

Du côté du Modem ou des socialistes convertis au macronisme, l'acte 2 voulu par Emmanuel Macron suite à la crise des gilets jaunes n'est pas incarné. Il s'ouvre sur un projet de réforme de l'assurance chômage considéré comme trop droitier dans son inspiration, problématique en termes d'affichage social. 

Et revient cette question : quand la jambe gauche du macronisme va-t-elle enfin bouger ?  Édouard Philippe, venu de la droite LR, serait trop à l'écoute des fonctionnaires de Bercy, de Gérald Darmanin (le ministre des Comptes publics) et de Bruno Le Maire (celui de l'Économie). Programmé, eux aussi, avec un logiciel très libéral.

Qui veut la peau d'Édouard Philippe ?

Officiellement personne : tout le monde le qualifie publiquement de loyal, de bosseur, parfaitement dans sa feuille de route lors des élections européennes. Ceux qui commencent à donner quelques coups de canifs se défendent d'ailleurs de vouloir l'éjecter.

Mais le problème, confie un ministre, c'est l'acte 2. "Il ne l'incarne pas. Les annonces qu'il a faites ne sont pas ancrées. Or elles devaient acter la seconde étape du quinquennat. Il aurait fallu au moins un remaniement rapide." Et d'ajouter : "Il faut changer maintenant. Faire entrer une Royal ou un Raffarin. Ça aurait de la gueule !"

Du côté du Modem, ça tire aussi. Un élu important se désole : "Le problème, c'est la technostructure. Alors que le Président a très clairement tracé la voie avec sa conférence presse fin avril, les hauts fonctionnaires résistent. Si vous écoutez le discours de politique générale, c'est un catalogue de mesures", frappées selon lui "d'une philosophie de droite thatchériste"

Dans l'entourage d'un autre ministre, on abonde : "Sincèrement, ouvrir l'acte 2 avec cette réforme de l'assurance chômage, c'est violent. Le Président a été parfait, la séquence grand débat / gilets jaunes impeccable... Et là, on attaque la base de la pyramide en touchant les plus faibles, et en se passant des syndicats", soupire-t-il.

La base d'Édouard Philippe au gouvernement est pourtant solide, et pas seulement auprès de ses proches de Bercy. Cette ministre issue de la société civile le défend ainsi : "Il ne faut pas s'inquiéter sur l'acte 2. Il faut voir la réforme de l'assurance chômage comme la fin de l'acte 1, qui s'est glissé dans le chapitre 2 du quinquennat."

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