Une grande réunion publique s'est tenue ce lundi soir à Caen pour décréter la mobilisation générale autour de Nathalie Loiseau, la tête de liste de la République en marche et des ses alliés pour les élections européennes. Dans la salle : plusieurs ministres, dont Édouard Philippe.

Le Premier ministre, Edouard Philippe, est venu soutenir Nathalie Loiseau lors d'une réunion publique ce lundi soir à Caen.
Le Premier ministre, Edouard Philippe, est venu soutenir Nathalie Loiseau lors d'une réunion publique ce lundi soir à Caen. © AFP / DAMIEN MEYER

C'est Nathalie Loiseau qui a utilisé elle-même cette image, au tout début de son discours ce lundi soir, au Centre de congrès de Caen (Calvados) : "Nous sommes à Caen, et ça ressemble un petit peu à un débarquement allié." En clair : mobilisation générale. Critiquée pour ses bourdes ou pour sa participation à une liste étudiante d'extrême droite quand elle était à Sciences Po, la candidate aux élections européennes veut montrer qu'elle a fini d'encaisser. Et qu'elle n'est pas seule.

"Rester calme et boire frais"

Dans la salle, plusieurs ministres ont fait le déplacement pour soutenir la tête de liste de la République en marche (LREM) et de ses alliés, en formation serrée : Muriel Pénicaud (ministre du Travail), Gabriel Attal (secrétaire d'État auprès du ministre de l'Éducation nationale et de la Jeunesse), Sébastien Lecornu (ministre chargé des Collectivités territoriales), sans oublier le Premier ministre, Édouard Philippe.

Si chacun des intervenants, sur scène, a un mot pour l'ancienne ministre chargée des Affaires européennes, c'est Édouard Philippe qui prononce la plus longue tirade. Après avoir précisé qu'il était heureux de revoir la Normandie, l'ancien maire du Havre poursuit : "Pendant deux ans, nous avons travaillé ensemble, Nathalie. J'ai pu découvrir tes compétences, ta précision, ton honnêteté, ta solidité, ta patience. Toutes ces qualités sont importantes pour faire campagne, toutes ces qualités sont essentielles pour faire un excellent député européen."

Le Premier ministre enchaîne avec le dossier "polémique" : "Une campagne, c'est le moment où on fait l'objet d'attaques, de commentaires, où on aimerait parler de grands débats et on est renvoyé aux petits sujets." ☺Édouard Philippe ajoute alors ce conseil, qu'il dit tenir de son adjudant  :

Dans ces moments-là, il faut, et c'est une règle générale : rester calme et boire frais

Comité d'accueil

Le calme, il a fallu un moment pour le retrouver, en début de meeting. Alors que la parole est à Stéphanie Yon-Courtin, 13e sur la liste Renaissance, une poignée de perturbateurs se lèvent et lancent un appel à "la révolution des gilets jaunes". Ils seront évacués de la salle, sous les huées et les "on va gagner" des militants LREM. Dehors, plusieurs "gilets jaunes" frappent sur la porte du Centre de congrès.

"On veut faire voir à Macron que les Européennes ne sont pas gagnées pour lui. Si il croit placer Loiseau en douceur, ça ne va pas se passer comme ça", lance Benoît, un "gilet jaune" d'Avranches (Manche), avant l'ouverture des portes. 

"Moi je suis d'accord pour qu'il y ait plus de social et qu'on paye moins d'impôt, assure Tony, un sympathisant LREM venu de Rouen, interrogé dans la file d'attente. Mais avant tout, il faut une société qui travaille, c'est ça qui créé de la richesse, et ensuite la richesse est redistribuée."

Grosse semaine

Le comité d'accueil des quelques "gilets jaunes" présents n'a pas vraiment perturbé le meeting. Pas question de gâcher ce que Gabriel Attal voit comme le début de la "campagne officielle", comme un nouveau départ : "Il y a eu beaucoup d'actualités avec le grand débat et la sortie du grand débat, la campagne des Européennes n'a pas été très audible ces dernières semaines. On espère que ça va changer, parce que le choix que les Français vont faire le 26 mai est central."

Sur scène, Nathalie Loiseau vante, elle, les mérites de la liste Renaissance, qui est selon elle la seule vraie liste de "rassemblement" et la seule "pro-européenne" : "Ce pourquoi nous nous battrons, c'est pour une Europe de progrès." Progrès écologique et progrès social selon la candidate, qui veut sortir des pesticides et du glyphosate ou investir dans la 5G, l'intelligence artificielle et les batteries. Et si le programme écrit n'est pas encore sorti, c'est qu'il "n'a pas été préparé par trois apparatchiks dans une cabine téléphonique".

Le programme de la liste Renaissance sera présenté le 9 mai, pour la Journée de l'Europe, au milieu d'une semaine très dense pour Nathalie Loiseau et ses colistiers. Ce lundi 6 mai, huit réunions publiques étaient organisées en même temps que celle de Caen, dans plusieurs villes de France.

Ainsi, en fin de meeting, Pascal Canfin (numéro 2 sur la liste) a pris la parole sur grand écran en direct depuis le théâtre Bobino, à Paris, où il était avec Daniel Cohn-Bendit : "Le 26 mai ne vous trompez pas de combat : c'est un combat contre les nationalismes, pour l'Europe, pour notre avenir collectif, et on va le gagner ce combat !"

Plusieurs réunions publiques sont programmées d'ici la fin de la semaine. L'ancien Premier ministre Jean-Pierre Raffarin sera aux côtés de Nathalie Loiseau, le 11 mai, à Strasbourg.

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