Le déconfinement va commencer dans "l'ensemble du territoire métropolitain". Mayotte ne sera pas déconfiné en raison de l'activité du virus sur place. Le déconfinement se fera plus lentement dans les départements rouge que dans les départements verts. Dans ces derniers, les collèges n'ouvriront pas le 18 mai.

 Edouard Philippe a confirmé l'entre du pays dans la première phase du déconfinement
Edouard Philippe a confirmé l'entre du pays dans la première phase du déconfinement © Capture d'écran

Le déconfinement va commencer. Édouard Philippe et ses principaux ministres ont présenté jeudi après-midi les détails de la levée du confinement, une intervention très attendue après plus de sept semaines d'un confinement totalement inédit pour des millions de Français. "Au vu des résultats sanitaires enregistrés ces derniers jours, la levée progressive du confinement peut-être engagée à partir du lundi 11 mai", a dit le Premier ministre.

Ce déconfinement par étape va commencer dans "l'ensemble du territoire métropolitain". Seule Mayotte en est exclue pour l'instant, en raison du nombre de cas faible mais en augmentation sur place, "pour se donner tous les moyens de maîtriser l’épidémie", selon Édouard Philippe. Mais ce déconfinement ne va pas se faire à la même vitesse sur tout le territoire.

Dans les départements verts"la situation est meilleure", les collèges seront rouvert à partir du 18 mai et il sera possible d’envisager début juin une nouvelle étape, avec peut-être l’ouverture des lycées, des cafés, des restaurants. À condition ceci-dit, prévient Édouard Philippe, que ces départements se maintiennent en vert durant les trois prochaines semaines.

Dans les départements rouges le déconfinement sera possible mais avec certaines restrictions : pas d’ouverture des collèges le 18 mai, pas d’ouverture des parcs et des jardins.

La liste des départements verts et rouges

Tous les départements des régions Île-de-France, Hauts de France, Grand Est et Bourgogne Franche Comte sont en rouge. Voici la liste exhaustive des départements rouges: Aisne, Ardennes, Aube, Côte-d’Or, Doubs, Essonne, Hauts-de-Seine, Jura, Marne, Mayotte, Meurthe-et-Moselle, Meuse, Moselle, Nièvre, Nord, Oise, Pas-de-Calais, Paris, Bas-Rhin, Haut-Rhin, Haute-Saône, Saône-et-Loire, Seine-et-Marne, Seine-Saint-Denis, Somme, Yonne, Territoire de Belfort, Val-de-Marne, Val-d’Oise, Vosges, Yvelines. Tous les autres départements sont en vert.

La carte du déconfinement publiée jeudi par les autorités. Les départements en rouge vont connaître un déconfinement plus lent que les autres
La carte du déconfinement publiée jeudi par les autorités. Les départements en rouge vont connaître un déconfinement plus lent que les autres © Visactu

"Nous pouvons déconfiner" en Île-de-France

En Île-de-France, le nombre de cas "reste plus élevé" qu'espéré mais "nous pouvons déconfiner", a dit le Premier ministre. Les transports en commun ne seront pas fermés, mais durant les trois premières semaines, "des règles très strictes" d’éloignement seront instaurées. Et Édouard Philippe n’exclut pas "des mesures supplémentaires si la situation ne s’améliore pas" ou si les consignes ne sont pas respectées.

Partout en France, les personnes vulnérables sont encouragées à rester chez elles, et à respecter "des règles de prudence très strictes". Il n'y aura pas de déconfinement dans les Ehpad le 11 mai, a précisé Olivier Véran, le ministre de la Santé. Les entreprises sont invitées à recourir au maximum au télétravail.

Un million d'élèves attendus lundi

Le ministre de l'Education Jean-Michel Blanquer a annoncé qu'un million d'élèves étaient attendus dans les écoles à partir de lundi. Ils seront pris en charge par 130.000 professeurs.

Dans les transports, règles strictes en Île-de-France

En ce qui concerne les transports, "les déplacements interrégionaux seront encore très limités", a dit la ministre Elisabeth Borne. "L’offre des TGV sera réduite de 7 % aujourd'hui à 40 % de l’offre fin mai. Les réservations seront obligatoires", a-t-elle dit. Le port du masque sera obligatoire dans les transports en commun.

Concernant le transport urbain, l'offre de transports de proximité (métros, trams, bus, TER) passera à un minimum de 50% de sa capacité, avec l'objectif d'un fonctionnement normal d'ici début juin. Le port du masque sera obligatoire pour les passagers à partir de 11 ans et les contrevenants seront passibles d'une amende de 135 euros.

À Paris et en Île-de-France, la RATP passera de 30 % actuellement à plus de 75 % de son offre dès le 11 mai. Mais "afin d'assurer la meilleure protection possible", la fréquentation (aujourd'hui à 6 %) "restera limitée à 15 %", a indiqué Elisabeth Borne. L'accès aux transports en commun sera "réservé aux heures de pointe au personnes détenant une attestation de leur employeur ou ayant un motif impérieux pour se déplacer", comme cela a été réclamé par la présidente de la région Île-de-France, Valérie Pécresse.

Déplacements : la règle des 100 km

À partir du 11 mai, "il sera possible de sortir librement dans la rue sans attestation", dans une limite de 100 km "à vol d'oiseau" autour de sa résidence principale, mais au-delà de cette limite, une nouvelle attestation sera nécessaire, a explique le ministre de l'Intérieur. Des "contrôles seront organisés dans les gares, les aérogares ou sur certains tronçons d'autoroutes et de routes à grandes circulation. Ils pourront l'être aussi à l'arrivée des destinations touristiques", a prévenu Christophe Castaner. Si l'on voyage en voiture, par exemple, il faudra fournir l'attestation si on dépasse les 100 km, sinon un justificatif de domicile, comme une facture ou un chéquier, suffira.

Le montant de l'amende ne change pas, 135 euros "susceptibles d'augmenter en cas de récidive".

Concernant les cultes, le ministère de l'intérieur a dit travailler avec l'ensemble des responsables cultuels aux conditions des reprises des cérémonies religieuses, d'ici la fin du mois. 

400.000 entreprises vont rouvrir

Parce que "l'économie française doit redémarrer", le ministre de l'Economie a indiqué que "tous les commerces rouvriront" à partir de lundi "à l'exception des lieux de convivialité" comme les bars et les restaurants. 400.000 entreprises vont rouvrir, a-t-il dit. "Les centres commerciaux de plus de 40 000 m2 pourront rouvrir en accord avec les préfets sauf en Île-de-France", a-t-il ajouté.

À noter qu'il pourra y avoir des ouvertures de plage et de lacs, au cas par cas, sur décision du préfet.

"Ce ne sera pas le retour d'une vie normale"

"Lundi sera le premier jour d'une phase nouvelle", a dit Edouard Philippe en conclusion, "un redémarrage de notre vie sociale. Ce ne sera pas le retour d'une vie normale. Cette nouvelle phase demandera de la discipline et de la responsabilité. C'est dans la durée que nous réussirons à maîtriser la circulation du virus et l'épidémie", a-t-il dit. 

L’exécutif joue gros. La cote de confiance d'Emmanuel Macron chute de cinq points (34% des Français interrogés lui font confiance) et celle d'Edouard Philippe s'effrite de deux points (34%), selon un sondage mensuel Élabe diffusé jeudi.

Plusieurs sujets cristallisaient l'attention à quatre jours du déverrouillage, qui s'effectuera de manière "progressive" et "différenciée", selon le Premier ministre: les conditions de réouverture des écoles maternelles et élémentaires, la reprise des transports publics, le retour dans les entreprises ou la possibilité de se déplacer dans un rayon de 100 km notamment.

Devra-t-on travailler plus ?

Répondant à une question sur une éventuelle augmentation du temps de travail ou une diminution des congés, Edouard Philippe s'est dit d'abord "concentré sur la crise sanitaire", mais a précisé qu'une fois cette crise passée, la France, "répondra à la crise économique et à l'appauvrissement général qui va intervenir".

Pour cela, pour "retrouver notre prospérité, dépasser ce cap et ce coup dur pour la France, il faudra collectivement que nous nous en donnions les moyens par le travail, la solidarité, l'inventivité", a ajouté le Premier ministre, qui imagine un "large débat" et souhaite qu'on ne "jette pas d'anathème avant que les propositions soit formulées".

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