Après deux jours de mobilisation des "Gilets jaunes" qui ont rassemblé près de 290 000 manifestants samedi contre la hausse des taxes sur les carburants, le Premier ministre Édouard Philippe était l'invité du 20H de France 2.

Sur France 2 Edouard Philippe dit avoir entendu la "colère", la "souffrance" et le "sentiment d'abandon" des manifestants
Sur France 2 Edouard Philippe dit avoir entendu la "colère", la "souffrance" et le "sentiment d'abandon" des manifestants © capture d'écran France 2

Contrairement à mercredi dernier qui avait vu le premier ministre tenter d'enrayer la mobilisation à venir avec des mesures comme la mise en place d'une surprime à la conversion pour les foyers modestes ou les gros rouleurs, l'élargissement du chèque énergie ou un dispositif d'aide pour les dépenses d'électricité et de gaz, aucune annonce ce dimanche sinon la volonté de "tenir le cap".

La taxe carbone sera maintenue

"La trajectoire carbone que nous avons fixée, nous allons la tenir. Nous voulons simplement faire en sorte que la fiscalité pèse plus sur le carbone et la pollution que sur le travail, c'est indispensable si on veut garantir la prospérité française", a expliqué le Premier ministre. 

Pour Edouard Philippe "Le mouvement des 'Gilets jaunes' s'est exprimé de façon très claire" mais le gouvernement ne changera pas pour autant sa ligne. "Je dis aussi qu'un gouvernement qui changerait de pied en permanence, qui zigzaguerait au gré des difficultés, il ferait ce qu'ont fait beaucoup trop de gouvernements par le passé et il ne conduirait pas la France là où elle doit être conduite", a-t-il insisté en rappelant l'abandon en 2013 des portiques écotaxe, devant la fronde des bonnets rouges.

Un lourd bilan humain

Le premier ministre rappelé qu'en France la liberté de manifester est garantie, "mais ce n'est pas l'anarchie", alors que le bilan sécuritaire du week-end affiche plus de 400 blessés et surtout la mort d'une femme de 63 ans percutée par une conductrice en Savoie. Un décès qui selon Edouard Philippe a donné lieu au "comportement indécent" de "ceux qui ont utilisé" politiquement "le décès dramatique de cette manifestante en Savoie".

Quant à la proposition de Laurent Berger, le patron de la CFDT, d'une conférence pour "un pacte social de la conversion écologique", elle a été fermement écartée par le premier ministre qui ne pense pas "que les 'Gilets jaunes' veulent une grande conférence" avec les organisations politiques et syndicales.

L'autre dominante des manifestations étant le pouvoir d'achat des Français, le chef du gouvernement a dit comprendre le "ras-le-bol fiscal" et a assuré que le taux de prélèvements obligatoires aurait baissé à l'issue du quinquennat. 

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