Ils disent n'avoir jamais douté de la victoire de Donald Trump : en France, les cadres du RN se réjouissent du duel très serré entre les deux candidats américains. De bon augure selon eux pour la présidentielle française en 2022.

Marine Le Pen le 9 octobre 2020 à Nanterre
Marine Le Pen le 9 octobre 2020 à Nanterre © Maxppp / Alexis Sciard / IP3

Une élection américaine qui donne des ailes, en France, au Rassemblement National. Le parti avait d'ailleurs envoyé trois de ses élus soutenir Donald Trump, le sénateur des Bouches-du-Rhône Stéphane Ravier, et les eurodéputés Jérôme Rivière et Catherine Griset. 

Après avoir assisté au meeting de Scranton en Pennsylvanie, ils ont passé la soirée électorale à Washington avec l'équipe du candidat. Une expérience incroyable pour Stéphane Ravier, qui en retiendra d'abord la faillite des sondeurs, "incapables de tirer les leçons de l'élection précédente".

L'élu RN se couche surtout, après cette soirée folle, plein d'espoir pour 2022.

"Tout ça démontre que lorsque l'on va au bout de ses convictions, lorsque l'on veut renverser la table du système, et que l'on répond aux aspirations du peuple, que l'on s'intéresse d'abord à lui, d'abord à ses priorités, à ses réalités, et bien on fini par en être récompensé. Et la ligne de Donald Trump, de rejeter le mondialisme, le globalisme, l'immigration sauvage, tout ça est un exemple et ça doit nous inspirer."

"Nous ne sommes pas trumpistes"

S'en inspirer donc, sans faire du copier-coller. "Trump a sa façon de s'exprimer, ça lui appartient. Marine, elle, correspond à la réalité française", poursuit Stéphane Ravier.

Même analyse de l'eurodéputé et conseiller de Marine Le Pen, Philippe Olivier. "Nous ne sommes pas trumpistes. Mais en France, nous sommes l'offre politique qui correspond le plus à cette révolution mondiale." Une révolution qui renvoie, selon Philippe Olivier, les partisans de la mondialisation aux oubliettes, à l'ancien monde. "Comme aux États-Unis, les Français veulent un modèle qui les protège."

Souveraineté, sécurité... Le même message qu'un Donald Trump ou un Boris Johnson, mais avec un style plus tempéré, pour rendre l'alternative crédible aux yeux des français. 

Quitte à laisser certains des militants (voire des élus) parmi les plus durs au bord du chemin, comme le médiatique Jean Messiha, qui vient de claquer la porte du parti, notamment à cause de divergences de point de vue avec Marine Le Pen sur l'islam ou l'identité française.

"Passer d'un parti contestataire à un parti de gouvernement, c'est difficile, certains ne suivront pas", commente un cadre.