Le 20 décembre, plusieurs "gilets jaunes", dont les médiatiques Jean-François Barnaba, Hayk Shahinyan, Jeremy Clément, se sont retrouvés à Paris pour travailler sur la stratégie électorale. Était aussi présent, pour les conseiller, l'écrivain Alexandre Jardin, éphémère candidat à la présidentielle 2017.

Manifestation des gilets jaunes sur les Champs Elysées, Paris 22 décembre 2018.
Manifestation des gilets jaunes sur les Champs Elysées, Paris 22 décembre 2018. © Radio France / Nathanael Charbonnier

Si une liste "gilets jaunes" émerge, il le promet, son nom n'y sera pas... ou en dernière place. Parmi les personnalités engagées aux côtés du mouvement, Alexandre Jardin se définit comme un consultant, plus qu'un meneur. L'écrivain enchaîne donc les réunions, téléphoniques la plupart du temps, avec une vingtaine de personnes. Son objectif, convaincre les "gilets" de ne pas établir un inventaire à la Prévert de revendications mais de se concentrer sur un changement global de système.

Leur angle d'attaque pour les européennes, ce doit être la décentralisation. Que le citoyen puisse peser, exister.

Alexandre Jardin, écrivain et soutien des Gilets Jaunes
Alexandre Jardin, écrivain et soutien des Gilets Jaunes © Radio France / Jean-Christophe Bourdillat

Des conseils sur le programme, sur la façon aussi de communiquer. C'est Alexandre Jardin, qui, lundi, aurait encouragé la coordination nationale des "gilets jaunes" à condamner publiquement les actes d'antisémitisme, de racisme et de xénophobie, dans un texte adressé à la presse. "On crée les conditions pour que cette liste se réalise", commente le "gilet jaune" Jean-François Barnaba.

L'écrivain est loin d'être le seul à graviter autour du mouvement : de l'acteur-chanteur Francis Lalanne à Bernard Tapie, en passant par le Parti Communiste ou le Rassemblement National (qui souhaitent les accueillir sur leurs propres listes), ils sont nombreux à vouloir "aider" les "gilets jaunes" à passer des ronds-points aux bulletins. Le président des Patriotes, Florian Philippot, a par exemple déposé la marque "Gilets jaunes" à l'Inpi, l'institut national de la propriété intellectuelle et envisage de conduire une "liste hybride, mi-Patriotes mi-gilets jaunes".

Mais vouloir aider les "gilets jaunes" est exercice périlleux, tant la défiance envers tout ce qui touche au politique reste vivace au sein du mouvement.

La coordination nationale des "gilets jaunes" se réunira le 5 janvier a Marseille pour continuer à travailler sur ce projet de liste, mais aussi sur le protocole de désignation, ou encore le financement.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.