Ils n'ont aucune chance d'être élus, même si vous votez pour eux. Et pourtant, ils ne sont pas là pour faire tapisserie. Les derniers de liste aussi participent à la campagne des élections européennes, soit directement, soit pour le symbole.

Les derniers de liste, comme les premiers, participent à la campagne sur le terrain (illustration).
Les derniers de liste, comme les premiers, participent à la campagne sur le terrain (illustration). © Maxppp / Sébastien Gaudard

Le monde des candidats aux élections européennes du 26 mai se divisent en deux catégories : ceux qui ont une place éligible, et les autres. "Merci beaucoup de vous intéresser à ceux qui n'ont aucune chance", rigole Lucien Betbeder, 77ème sur la liste d'Europe Ecologie les Verts, mené par Yannick Jadot. Le scrutin pour les Européennes étant proportionnel, il sera élu si la liste remporte 97,5% des suffrages. C'est mal parti. Et pourtant.

Candidature de soutien

"Non non, on n'est pas là pour rigoler", s'empresse d'ajouter le maire de Mendionde (870 habitants, dans les Pyrénées-Atlantiques). "Si je m'engage sur une liste où je n'ai aucune chance d'être élu, c'est avant tout pour la soutenir", poursuit-il. 

Lucien Betbeder est candidat sur la liste d'alliance EELV/R&PS menée par Yannick Jadot.
Lucien Betbeder est candidat sur la liste d'alliance EELV/R&PS menée par Yannick Jadot. /

Lucien Betbeder appartient à la fédération de partis régionalistes Régions et peuples solidaires (R&PS), allié d'EELV pour les élections européennes. S'il est "tombé de sa chaise" lorsqu'on l'a appelé pour participer à la campagne, il a accepté par conviction : "Bien sûr que l'Europe, on se pose des questions, d'autant plus dans une région agricole importante. Je suis là parce qu'on m'a demandé de représenter le Pays Basque, de par mon implication sur le territoire. Avec le Conseil municipal, on a créé une cantine bio et une production de légumes bio."

"J'ai envie de continuer mon métier"

Les derniers de liste, comme les premiers, sont eux aussi sur le terrain. Lucien Betbeder a participé à plusieurs conférences de presse. "On fait beaucoup de réunions publiques, poursuit Frédéric Boulanger, psychiatre en Meurthe-et-Moselle et 75e sur la liste du Parti communiste français. J'ai tracté devant mon hôpital, sur les marchés, devant les gares, etc. Je suis inéligible mais je fais campagne !"

Frédéric Boulanger est candidat sur la liste du PCF, menée par Ian Brossat.
Frédéric Boulanger est candidat sur la liste du PCF, menée par Ian Brossat. /

Lui aussi s'est engagé pour soutenir son parti, et pour que la liste soit la plus représentative possible : "C'est mon secrétaire fédéral qui m'a proposé, en disant que ce serait pas mal : je suis psychiatre, je représente le monde de la santé", explique Frédéric Boulanger. 

Cette campagne pour les Européennes, même en étant inéligible, ça lui convient parfaitement : "J'ai 31 ans, j'ai eu ma thèse en 2017, j'ai envie de continuer mon métier. Mais ça m'emballait bien les élections européennes. Beaucoup de gens disent que le Parlement européen ne sert à rien, mais il peut retoquer les propositions de la Commission."

Devant Jean-Luc Mélenchon

C'est aussi au bas des listes que l'on retrouve les "symboles" : l'ancienne candidate à la Présidentielle Eva Joly est avant-dernière sur la liste EELV "en soutien et symbole de transmission". Marine Le Pen est également 78ème sur la liste du Rassemblement national, dans la même logique. Ce dimanche, l'avocat Jean Veil, fils de Simone Veil, a annoncé sa candidature aux côtés de la République en marche, en position non-éligible.

Sur celle de la France Insoumise, Jean-Luc Mélenchon est lui aussi avant-dernier. "Son image porte quand même notre liste. C'est un clin d'oeil, un moyen de dire qu'il soutient les copains", explique Isabelle Michaud, située juste devant le leader du mouvement sur la liste menée par Manon Aubry.

Pour le coup, cette aide-soignante était partante pour être éligible (elle était candidate aux Législatives de 2017), comme tous les autres candidats de la France Insoumise. C'est le Comité électoral du mouvement qui a tranché et cela permet de montrer, selon elle, qu'il n'y a pas de "bouche-trous" : "Il n'y a pas de différence, on est tous complètement investis. Finalement, que l'on soit militant dans son village ou candidat pour les élections européennes, en position éligible ou non, la responsabilité est la même, c'est toujours de convaincre." Les listes pour les Européennes peuvent être déposées jusqu'au 3 mai.

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