C'est la petite surprise de cette élection européenne : le parti animaliste, peu présent lors de la campagne, a obtenu 2,2% des voix. C'est plus que Florian Philippot, François Asselineau et Francis Lalanne et à peine moins que le Parti Communiste et l'UDI.

Un électeur devant une affiche de campagne du parti animaliste
Un électeur devant une affiche de campagne du parti animaliste © Maxppp / Richard Mouillaud/PHOTOPQR/LE PROGRES

Dimanche, près de 500 000 électeurs ont donné leur vote au parti animaliste, qui prône la défense des droits des animaux. Le mouvement a été peu exposé dans les médias, son thème de prédilection a lui-même assez peu été repris par les principaux candidats. Et pourtant, la liste emmenée par l'avocate Hélène Thouy a réuni 2,17% des suffrages, presque autant que le Parti Communiste (2,49%) ou que l'UDI (2,5%).

Qui sont ses électeurs ?

Difficile de dresser un portrait type de l'électeur animaliste. La liste se revendique "ni de droite, ni de gauche" et a fait campagne sur le seul thème de la défense des droits des animaux, ce qui a fait sa force, selon la tête de liste Hélène Thouy : "C'est aussi ça la force du parti animaliste, c'est de rassembler des personnes de toutes catégories sociales, de toutes origines, de tous âges, qu'ils soient ruraux, urbains... Toutes ces personnes sont unies par ce que l'on fait aux animaux, mais on ne peut pas tracer un profil type d'électeur."

Samantha a 27 ans, elle vit à Paris, et de son propre aveu elle a toujours été sensible à la cause animale. Ses convictions se sont renforcées au contact du milieu associatif et de la communication des militants de L214 notamment. Avant ce dimanche, elle votait pour les partis traditionnels, sans trop y croire. Le parti animaliste lui a permis de traduire ses convictions dans l'urne : "Malgré tout le travail des activistes et des associations, ça reste quand même souvent des microcosmes auquel le grand public n'a pas vraiment accès. Un parti politique, ça permet d'élargir le débat et le champ des personnes touchées. Plutôt que d'effectuer un vote sanction, j'ai préféré soutenir ce parti qui correspond à mes convictions."

C'est aussi le cas d'Agnès, retraitée de 61 ans des Yvelines. Elle s'apprêtait à voter pour la liste de la majorité présidentielle, avant de découvrir l'existence du parti animaliste grâce à un reportage télé, une semaine avant le scrutin : "Après avoir vu ce reportage, j'ai fait quelques recherches pour me renseigner sur le sujet. Et finalement, j'ai été très déçue par ce que proposait M. Macron pour la cause animale."

Le parti, peu exposé dans les médias, aura tout de même pu compter sur ses soutiens célèbres pour communiquer. Des personnalités comme Laurent Baffie, Brigitte Bardot, Claude Lelouch ou encore Laura Smet ont signé une tribune pour appeler les français à voter animaliste dimanche dernier.

Quel avenir pour la cause animale dans le débat politique ?

Grâce à son score plus qu'honorable, le parti peut justifier d'un vrai ancrage des thèses qu'il soutient chez une partie de la population. Selon une étude de l'Ifop de février 2019, 92% des français pensent que le bien-être animal est important. "On sent depuis très longtemps qu'il y a un mouvement de fond, qui est sans cesse croissant, explique Hélène Thouy. Pourtant cette question n'est pas prise en compte par les pouvoirs publics en place. Maintenant, ça suffit, la question animale est une question politique, il faut la prendre en compte et la résoudre au niveau politique.

Si la liste n'a pas atteint le score de 5% qui lui aurait permis d'envoyer des députés au Parlement Européen, ses idées seront tout de même défendues à Strasbourg. Les Pays Bas, l'Allemagne et le Portugal enverront chacun un député animaliste au Parlement Européen.

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