A neuf jours de la présidentielle, les nouvelles cartes d'électeur sont arrivées dans les boîtes aux lettres. Mais jusqu'à 500.000 citoyens ont reçu deux cartes différentes.

Des problèmes de transmission sont à l'origine de l'édition de deux cartes pour un même électeur
Des problèmes de transmission sont à l'origine de l'édition de deux cartes pour un même électeur © AFP / Fred Tanneau

Il y a un mois, Hélène a reçu sa nouvelle carte d'électeur à Aix-en-Provence, où elle vote depuis près de 20 ans. Mais un coup de fil d'un proche, dans son ancien village des Yvelines, lui apprend qu'elle a aussi reçu, à son ancienne adresse, une seconde carte d'électeur à son nom : "Dans ce village, je n'ai jamais voté, puisque j'y suis partie peu de temps après ma majorité", explique-t-elle.

"La Mairie a dit que c'était un bug informatique", ajoute Hélène, qui souligne que c'est la première fois en vingt ans qu'elle est confrontée à une telle situation. Et elle n'est pas la seule : comme elle, de nombreux électeurs sont visiblement dans la même situation, à moins de dix jours du premier tour de l'élection présidentielle. Sur les réseaux sociaux, plusieurs internautes s'en sont alertés.

Erreur de transmission

Comment cette situation est-elle possible ? Normalement, lorsque vous vous inscrivez sur les listes électorales après un déménagement, votre nouvelle mairie doit prévenir l'Insee. L'institut statistique se charge ensuite d'envoyer la demande de radiation à votre ancienne commune. Mais il y a parfois des erreurs dans la transmission des informations, qui peuvent donc intervenir soit au moment de l'envoi de l'avis de nouvelle inscription à l'Insee, soit au moment de la demande de radiation.

En 2014, l'Inspection générale de l'administration pointait des dysfonctionnements : selon ses décomptes, près de 500.000 personnes pourraient être concernées par ces doubles inscriptions sur les listes électorales. La radiation pouvant intervenir jusqu'à cinq jours avant le scrutin, il est encore temps de contacter son ancienne mairie pour demander sa radiation. Pour éviter à l'avenir ces anomalies, un fichier national unique et informatisé des électeurs devrait voir le jour d'ici fin 2019.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.