Ce lundi débute la campagne officielle pour les élections régionales et départementales des 20 et 27 juin 2021. À cette occasion, France Inter vous propose le mode d'emploi de ces deux scrutins qui vont renouveler les conseillers régionaux et départementaux pour un peu plus de 6 ans.

La campagne officielle des élections régionales débute ce 31 mai 2021.
La campagne officielle des élections régionales débute ce 31 mai 2021. © AFP / Hans Lucas / Riccardo Milani

Plusieurs fois reportées en raison de la pandémie de Covid-19, les élections régionales et départementales auraient dû se tenir au mois de mars. Fixées pour de bon aux 20 (premier tour) et 27 juin (second tour), la campagne officielle de ces deux scrutins débute ce lundi 31 mai, jusqu'au vendredi 18 juin, minuit. Une semaine de plus que d'ordinaire, pour compenser les restrictions sanitaires. À moins d'un an de la prochaine présidentielle, voilà l'occasion de renouveler ces assemblées locales au poids important. Mode d'emploi de ces élections qui se tiennent pour la deuxième fois sous cette forme, depuis la réduction du nombre de régions métropolitaines en 2015 et la suppression des cantonales en 2014.

Où vote-t-on ?

Ces élections doivent permettre de renouveler, pour une durée de six ans à chaque fois, les 12 conseils régionaux de métropole, ceux de Guadeloupe et de La Réunion et les 95 conseils départementaux. La situation est légèrement différente pour certaines collectivités. En Corse, à Mayotte, en Martinique et en Guyane, les électeurs votent pour des collectivités uniques qui regroupent les compétences des deux entités. 

Il existe d'autres particularités, notamment pour ces collectivités, non concernées par les départementales : la Ville de Paris (dont le conseil fait office de département) la métropole de Lyon dont les élections ont eu lieu au moment des municipales ; la Nouvelle-Calédonie et les collectivités d'outre-mer (Polynésie française, Saint-Pierre-et-Miquelon, Saint-Martin et Saint-Barthélemy). 

Enfin, lors de ces élections, la collectivité européenne d'Alsace, fusion du Bas-Rhin et du Haut-Rhin depuis le 1er janvier 2021, voit son assemblée (qui porte le nom de conseil départemental d'Alsace) élue pour la première fois.

Qui élit-on ? 

Le mode de scrutin diffère entre les régionales et les départementales. Les régionales visent renouveler plus de 1 700 conseillers, selon un mode de scrutin mixte à finalité majoritaire, incluant de la proportionnelle (la liste qui recueille le plus grand nombre de voix au second tour obtient une prime de 25% des sièges à pourvoir dans l'objectif de dégager des majorités stables). Les listes doivent être paritaires, composées alternativement d'un candidat de chaque sexe. 

Ils sont un peu plus de 4 000 dans les départements au total, élus là dans le cadre d'un scrutin binominal majoritaire à deux tours (les candidats se présentent en binôme paritaires). 

Le jour du vote, dans l'isoloir, vous aurez donc à vous prononcer :

  • d'une part pour la section départementale qui représente une tête de liste candidate à la présidence du conseil régional ;
  • d'autre part pour les départementales, pour un binôme femme/homme qui représentera votre canton au conseil départemental.

Les conseillers régionaux et départementaux, intégralement renouvelés, seront élus pour un peu plus de six ans, en raison d'un calendrier électoral chargé en 2027. La fin du mandat, d'abord envisagée en décembre 2027, a été fixée à mars 2028. Les élus vivront donc deux élections présidentielles durant leur mandat.  

Quelles sont les compétences des départements et des régions ? 

Les conseils régionaux ont pour mission de contribuer au développement économique, social et culturel de la région : 

  • organisation des transports locaux (gestion des ports et des aéroports, des trains régionaux, des transports routiers interurbains et scolaires, de la voirie et des gares routières) ; 
  • gestion des lycées généraux et agricoles (construction, entretien, fonctionnement) ;
  • formation professionnelle (insertion, formation des demandeurs d'emploi, gestion de l'apprentissage et de l'alternance) ; 
  • développement économique (pôles de compétitivité, schéma régional de développement économique, d'innovation et d'internationalisation) ;
  • aménagement du territoire et environnement (gestion des déchets, des parcs naturels, qualité de l'air, etc.).
  • gestion des programmes européens (préservation de l’identité régionale et des langues régionales).

Les conseils départementaux, anciennement appelés conseils généraux, ont un éventail de compétences tout aussi large :

  • action sociale (aide sociale à l'enfance, aux personnes handicapées, aux personnes âgées, gestion des dossiers d'adoption, gestion de l'allocation personnalisée d'autonomie et du revenu de solidarité active) ;
  • gestion des collèges (construction, entretien, fonctionnement et gestion des agents de ces établissements) ; 
  • action culturelle (gestion des services d'archives, musées, protection du patrimoine, etc.) ;
  • aménagement et transports (gestion de la voirie rurale et départementale, gestion de l'eau, etc.) ;
  • gestion du service départemental d'incendie et de secours (SDIS). 

Quelle est la situation politique actuelle ? 

Alors que la gauche était en position hégémonique sur les régions jusqu'aux élections de 2015, elle n'a désormais la main que sur six régions métropolitaines, au même titre que la droite. La participation, en baisse ces dernières années, avait atteint à l'époque 49,9% au premier tour et 58,4% au second. 

Du côté des départements, la droite est, depuis 2015, majoritaire (si l'on décompte toutes ses composantes), aux manettes de plus d'une soixantaine de départements contre une trentaine pour la gauche (PS, PCF, PRG). Lors de la dernière élection, la droite avait remporté 27 nouveaux départements et n'en avait perdu qu'un seul. La participation avait été de 50,1% au premier tour et de 49,9% au second. 

Le Front national avait réussi à faire élire 62 conseillers départementaux mais n'avait remporté aucun département. Il n'avait pas réussi à prendre le pouvoir sur une région, mais l'entre-deux-tours avait été marqué par l'enjeu d'une potentielle victoire du FN (Hauts-de-France, Paca), ce qui avait conduit au retrait de la gauche au nom du "front républicain". 

Qui peut participer au scrutin ?

Le vote est ouvert aux Françaises et aux Français âgés de 18 ans et plus, inscrits sur les listes électorales. Contrairement aux municipales, il n'est pas ouvert aux ressortissants des autres pays membres de l'Union européenne.

Y'a-t-il de nouvelles règles en raison du Covid ?

Des adaptations ont été mises en place dans l'organisation du scrutin, en raison de la pandémie de coronavirus :

  • chaque électeur peut porter deux procurations contre une seule auparavant sur le site maprocuration.gouv.fr ;
  • les horaires d'ouverture des bureaux de vote peuvent être étendus ;
  • il n'est pas obligatoire de dédoubler les bureaux de vote (en raison des deux scrutins organisés) ;
  • il est possible d'organiser le dépouillement à l'extérieur ;
  • un protocole sanitaire adapté a été mis en place (pas plus d'un certain nombre d'électeurs dans le bureau en même temps, distanciation physique, gel hydroalcoolique, prise en charge de la fourniture de matériel par l'Etat, etc.)

Les assesseurs ont aussi été déclarés prioritaires pour la vaccination