Entre son arrivée à la tête des Républicains, le 10 décembre 2017, et l'annonce de sa démission ce dimanche, Laurent Wauquiez aura multiplié les gaffes, les propos polémiques ou les fake news.

Laurent Wauquiez lors du conseil national des Républicains, à Lyon, le 16 mars 2019.
Laurent Wauquiez lors du conseil national des Républicains, à Lyon, le 16 mars 2019. © AFP / ROMAIN LAFABREGUE

Laurent Wauquiez sera resté près d'un an et demi à la tête des Républicains. Une présidence marquée par les sorties polémiques et les procès en insincérité qui n'auront pas amélioré sa cote de popularité : quelques jours avant d'annoncer sa démission, dans la foulée de la déroute de la droite aux élections européennes, il était encore dans le dernier baromètre Odoxa réalisé pour France Inter, la cinquième personnalité politique suscitant le plus de rejet de la part des Français.

Février 2018 - Il est enregistré sans filtres devant des étudiants et "assume"

C'est la première (la plus grosse ?) bourde de Laurent Wauquiez en tant que président des Républicains, deux mois après son arrivée à la tête du parti. Mi-février 2018, l'ancien ministre donnent des cours à l'EM Lyon, une école de commerce de la banlieue lyonnaise. Une séance censée se tenir "en off", à huis clos, mais dont le contenu est enregistré, puis diffusé dans l'émission Quotidien.

Devant ces étudiants, Wauquiez dit vouloir parler librement, sans le "bullshit [qu'il peut] sortir sur un plateau médiatique". Résultat : il défouraille à tout va et s'en prend à Emmanuel Macron ("Pour faire cool, il fait comme moi !"), Angela Merkel ("Pour trouver du charisme, il faut vraiment se lever de bonne heure"), Nicolas Sarkozy ("Il contrôlait les téléphones portables de ceux qui rentraient en conseil des ministres"), Valérie Pécresse ("Le nombre de conneries qu’elle peut faire !") ou Alain Juppé ("Il a totalement cramé la caisse !").

Face à la polémique, aux réactions et aux critiques, notamment sur son insincérité, le président des Républicains vient s'expliquer, le 20 février, sur BFMTV. Laurent Wauquiez dit alors "assumer" ses propos - sauf ceux sur Nicolas Sarkozy - et dénonce dans le même temps le "déchaînement médiatique" dont il serait la victime.

Mai 2018 - Il gonfle de sept millions de voix son score aux Régionales

Grosse approximation ou fake news ? Invité de l'Émission politique le 17 mai 2018, le président de la région Auvergne Rhône-Alpes répond au journaliste Philippe Tesson qui lui lance dans une vidéo que "électoralement", il "ne vaut pas grand chose" : "J'ai juste été élu par huit millions de personnes, par des gens qui m'ont fait confiance et qui m'ont choisi dans ma région." Une erreur qui n'a pas manquée d'être repérée et démontée sur les réseaux sociaux.

Lors des élections régionales de 2015, un peu plus de trois millions de personnes sont allés voter en région Auvergne Rhône-Alpes et Laurent Wauquiez a recueilli 1,2 million de voix, soit 40,62 % des suffrages, selon les résultats publiés sur le site du ministère de l'Intérieur. Il y a bien huit millions d'habitants dans la région mais ils n'ont pas tous voté pour Laurent wauquiez...

Juin 2018 - Il se fait photographier à Mossoul et devient la risée du web

Au début du mois de juin 2018, Laurent Wauquiez effectue un déplacement en Irak pour exprimer son soutien aux chrétiens d'Orient et aux forces qui combattent Daesh. Il est alors accompagné du journaliste de Paris Match Bruno Jeudy, qui le prend en photo à Mossoul et diffuse l'image sur Twitter.

Très vite, la pose et le costume du président des Républicains, au milieu des ruines, vont être parodiés et détournés sur les réseaux sociaux.

Ici aussi, Laurent Wauquiez assume. "Quand je rencontre des autorités locales, même quand leur territoire à été dévasté par Daesh, je mets un costume. Question de respect. C'est triste que cela échappe à certains", écrit-il alors, toujours sur Twitter.

Octobre 2018 - Il envoie par erreur ses éléments de langage à celui qu'il veut tacler

La bourde, ici, est technique. Mi-octobre, l'Express révèle que Laurent Wauquiez a envoyé un SMS à ses proches, dans lequel il leur explique ce sur quoi il faut insister en cas d'entrée au gouvernement de Frédéric Péchenard. "Il faudra alimenter sur le thème un VP de Pécresse, pour que ce soit sur elle [que rejaillissent les critiques]", aurait écrit le président des Républicains à propos de l'ancien directeur général de la Police national et vice-président de la région Île-de-France, présidée par Valérie Pécresse.

Sauf que ce SMS, Laurent Wauquiez l'a également envoyé... à Frédéric Péchenard lui-même. "Cet acte manqué a particulièrement amusé l'entourage de Valérie Pécresse, où le SMS a largement circulé ces derniers jours", écrit le Figaro, qui a confirmé l'information.

Novembre 2018 - Il invente l'assassinat d'une journaliste en Roumanie

Le 7 novembre 2018, Laurent Wauquiez est l'invité du Grand entretien de France Inter. Interrogé sur le président hongrois Viktor Orban, le président des Républicains répond : "Je suis très frappé de voir l'indignation sélective parfois (...) Vous ne m'interrogez pas sur la Roumanie. Il y a une de vos confrères qui a été tuée en Roumanie, pays dirigé par les socialistes."

Le Journal du Dimanche note que Laurent Wauquiez n'a pas utilisé cet exemple qu'une seule fois. En octobre 2018, déjà, sur BFMTV : "Vous avez en Roumanie un gouvernement qui est soutenu par Emmanuel Macron où il y a eu l'assassinat d'une journaliste." Mais, comme le rappelle le JDD, cet assassinat n'a jamais eu lieu. Deux journalistes ont en revanche été tuées en 2018 en Slovaquie et en Bulgarie.

Novembre 2018 (bis) - Il mêle PMA et eugénisme, puis revient sur ses propos

Le 18 novembre 2018, Laurent Wauquiez prend la parole lors d'une journée de débats du mouvement "Sens commun", issu de la Manif pour tous. Le président des Républicains estime alors que l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) à toutes les femmes "mènera inéluctablement" à la gestation pour autrui et "nécessairement à la marchandisation des gamètes". Il poursuit : "Tout ceci a un nom, c'est l'eugénisme ; tout ceci a été fait par un régime, c'est le nazisme."

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Laurent Wauquiez : "Tout ceci a un nom, c'est l'eugénisme ; tout ceci a été fait par un régime, c'est le nazisme."

Par Maxence Lambrecq

Le tollé est général : le ministre François de Rugy, notamment, dénonce un "dérapage scandaleux", le Parti socialiste des propos "irresponsables et stupides" et Valérie Pécresse "une comparaison choquante". Dans un tweet publié le lendemain, Laurent Wauquiez semble revenir sur ses propos : "En rappelant l'horreur de l'eugénisme et du nazisme, j'ai voulu rappeler les leçons de l'Histoire. Nos débats contemporains ne sont évidemment pas les mêmes mais quand on parle d'éthique, il faut être très vigilant sur les chemins que nous ouvrons."

Décembre 2018 - Il "oublie" qu'il a porté un gilet jaune

Le 1er décembre 2018, la manifestation des "gilets jaunes" dégénère à Paris, avec des scènes de pillages, des violences et des incendies. Le même jour, la préfecture du Puy-en-Velay, ville dont Laurent Wauquiez a été maire, est incendiée. Quelques jours plus tard, le président des Républicains assure sur France 2 : "Je n'ai jamais enfilé de gilet jaune. J'ai apporté mon soutien et je ne renie rien de ça." Une déclaration immédiatement contestée, photo à l'appui.

Le lendemain, Laurent Wauquiez s'explique une nouvelle fois sur cet épisode immortalisé par le site Internet "la Commère 43" : "Lors d'une rencontre au Puy-en-Velay, j'ai échangé pendant, je pense, cinq minutes avec un groupe de Gilets jaunes qui m'a demandé de le porter, ce que j'ai accepté pour marquer mon soutien et parce qu'ils me le demandaient."

Le lendemain, le ministre de l'Économie, Bruno Le Maire, fera référence à cette "affaire" lors du 5e Sommet de l'Économie organisé par le magazine Challenges à Paris : "M. Laurent Wauquiez a visiblement fait du mensonge sa marque de fabrique, je préfère donc le laisser à ses mensonges, à sa parka rouge qu'il revendique et à son gilet jaune que visiblement il assume moins."

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