La démission d'Emmanuel Macron, c'est la démission d'un homme qui se présente comme nouveau, hors parti. "J'ai touché du doigt les limites de notre système".

La démission d'Emmanuel Macron
La démission d'Emmanuel Macron © Reuters / Gonzalo Fuentes

Le désormais ex-ministre de l'Economie ferait bien de regarder dans le rétroviseur de la vie politique française. Car dans l'histoire de la Cinquième République, il y a eu plusieurs hommes avec un profil ressemblant, et  ils ont rarement gagné.

  • Jean-Jacques Servan-Schreiber. Parachuté successivement en Normandie, en Lorraine et à Bordeaux et ministre des Réformes de Valéry Giscard d'Estaing pendant  douze  jours. Il termine sa décennie politique quasi-ruiné. C'était pourtant un homme neuf, fringant qui voulait faire de la politique autrement et qui maîtrisait à la perfection les outils de communication de son époque.
JJ Servan-Schreiber en 1970 à Bordeaux, lors d'un meeting du parti radical socialiste
JJ Servan-Schreiber en 1970 à Bordeaux, lors d'un meeting du parti radical socialiste © AFP / AFP staff
  • Bernard Tapie, ministre, député, député européen. Lui aussi un homme neuf, fringant, qui connaissait l'entreprise et qui a envoûté le président de l'époque François Mitterrand. Tapie fut ensuite ruiné et incarcéré.
Bernard Tapie, ministre de la Ville,  en 1993 au lancement de sa campagne électorale
Bernard Tapie, ministre de la Ville, en 1993 au lancement de sa campagne électorale © Reuters / STR New
  • Dominique De Villepin,  aussi homme neuf, fringant, féru de littérature passé par l'ENA et le secrétariat général de l'Elysée mais jamais élu. Et aujourd'hui retiré de la vie politique.
Dominique de Villepin Premier ministre, lors de son discours à l'ONU contre une intervention française en Irak
Dominique de Villepin Premier ministre, lors de son discours à l'ONU contre une intervention française en Irak © AFP / HENNY RAY ABRAMS
  • Jean-Louis Borloo. Un homme neuf, fringuant, vibrionnant, atypique et très riche. Populaire mais pas préparé à la violence d'une présidentielle.
Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, avant le vote sur le Grenelle de l'Environnement à l'Assemblée en 2008
Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie, avant le vote sur le Grenelle de l'Environnement à l'Assemblée en 2008 © AFP / PATRICK KOVARIK

La nouveauté, populaire sauf dans les urnes

Les Français ont toujours élu des hommes du sérail revenus de tout, des cumulards multi-élus ou multi-ministres : Giscard, Mitterrand, Chirac, Sarkozy, Hollande.

Le contre-exemple, c'est Georges Pompidou

Georges Pompidou
Georges Pompidou © AFP / AFP STAFF

Un homme de lettres, haut-fonctionnaire passé par la banque Rothschild. Mais lui, contrairement à Emmanuel Macron qui veut toujours faire planer "le mystère" sur une future candidature à la présidentielle de 2017,  n'avait pas de fausses pudeurs :

Ce n'est un mystère pour personne que je serai candidat à une élection présidentielle quand il y en aura une. Georges Pompidou lors de son appel de Rome en janvier 1969 alors que De Gaulle est encore président