Emmanuel Macron (24,01%) et Marine Le Pen,(21,30%) arrivent en tête du premier tour de l'élection présidentielle, suivis par François Fillon (20,01%) et Jean-Luc Mélenchon (19,58).

Les estimations sont rendues plus compliquées cette année par la fermeture des bureaux à 19h et 20h
Les estimations sont rendues plus compliquées cette année par la fermeture des bureaux à 19h et 20h © Reuters / Pascal Rossignol

On craignait une participation en très forte baisse en 2017, après une campagne absolument folle qui aura débuté sur des démêles "judiciaires" pour se terminer sur un attentat sur les Champs-Elysées. Pourtant, contrairement aux prévisions pessimistes, les Français se sont rendus aux urnes, certes pas en masse et moins qu'en 2012 (20,52% d'abstention) mais plus qu'en 2002 (28,40 %). L'abstention devrait atteindre 21,77% au niveau national.

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Le second tour opposera donc Emmanuel Macron (23,86%) et Marine Le Pen (21,43%). François Fillon arrive en troisième position avec 19,94% suivi à quelques points de Jean-Luc Mélenchon 19,62%.

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Si le résultats du candidat de Les Républicains est très décevant pour un parti sûr et certain que l'alternance le porterait au pouvoir, le score de Benoît Hamon (6,3%) est un camouflet pour le Parti Socialiste, largement dépassé par Jean-Luc Mélenchon et Emmanuel Macron.

Les résultats du premier tour
Les résultats du premier tour © Radio France / ve

LR et PS assument leur défaire et misent maintenant sur les législatives

A 20h44 et avec gravité, François Fillon a reconnu clairement sa défaite : "Cette défaire et la mienne et c’est à moi seul de la porter. Malgré mes efforts et ma détermination je n’ai pas réussi à vous convaincre, les obstacles mis sur ma route étaient trop nombreux, trop cruels". Le candidat en profite pour annoncer que la vérité sur les affaires sera bientôt révélée. François Fillon a clairement appelé "sans gaieté de cœur" a voter Emmanuel Macron pour faire barrage à Marine Le Pen "Ne vous dispersez-pas, restez unis. Le FN crée par Jean-Marie Le Pen a une histoire et un programme qui mènerait notre pays à la faillite. Je vous l’assure : l’extrémisme ne peut qu’apporter malheur à la France."

La déception des ténors de Les Républicains, sur les différents plateaux, était très grande. Selon Laurent Wauquiez, le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes "On paye cher les affaires", car selon lui, "ce ne sont pas nos idées qui ont été battues". Même teneur dans les propos d'Eric Woert. Celui qui était chargé de coordonner la campagne de François Fillon a estimé que _"ce n'est pas la droite et le centre qui ont perdu, c'est François Fillon qui a perdu une élection que la droite aurait du "gagner évidemment"._ Quant àFrançois Baroin, membre de l'équipe de campagne de François Fillon, et dont on avait laissé entendre qu'il pourrait en devenir son premier ministre, il a jugé que de "nombreuses erreurs" avaient été commises durant la campagne et que la primaire, elle même, avait été une mauvaise idée.

Laurent Wauquiez a demande à ceux qui ont voté pour les Républicains"de ne pas voter pour Marine Le Pen" . Une consigne de vote bien plus claire a été donnée par Jean-Pierre Raffarin qui a demandé aux Républicains "attachés aux valeurs du pays" de voter Emmanuel Macron, comme Alain Jupppé dans une déclaration depuis Bordeaux ou Xavier Bartrand.

Dans sa déclaration officielle, donnée très vite après 20H, Benoît Hamon a reconnu l'air grave, les très mauvais résultats du Parti Socialiste "J'ai échoué à éviter le désastre, j'en assume la responsabilité, je mesure la sanction historique et légitime". Le candidat PS a appelé "à battre l’extrême droite en votant pour Emmanuel Macron, même si celui-ci n'appartient pas à la gauche".

Même consigne de Christiane Taubira, caution morale de la gauche, a appelé à voter sans "atermoiement" pour Emmanuel Macron et à mener ensuite "le combat pour les idées". Pour Martine Aubry c'est par contre "service minimum"

► ANALYSE | Le front républicain se met "En Marche"

Le FN lance un appel aux électeurs LR

Depuis Hénin-Beaumont, Marine Le Pen s'est adressée aux Français qui ont fait montre, en votant pour elle, d'"un acte de fierté française", signe d'"un peuple qui relève la tête alors qu’on a tenté d’empêcher le grand débat qui devait avoir lieu". Un vote qu'elle qualifie de "résultat historique qui fait reposer' sur elle 'la responsabilité immense de l’indépendance du pays".

Je vous propose la grande alternance, l’alternance fondamentale

Pour Marine Le Pen, qui dit être "la candidate du peuple", "il est temps de libérer le peuple Français des élites arrogantes qui veulent lui dicter sa conduite'".

Florian Philippot, vice-président du Front national, a appelé "tous les patriotes","tous les électeurs, y compris ceux de Fillon et qui ont pu avoir le sentiment qu'au premier tour on leur a un peu volé leur élection à voter pour Marine Le Pen au second tour". Il a demandé à Nicolas Dupont Aignan "qui a fait la même campagne que nous au premier tour" de se rallier à Marine Le Pen. Pour Louis Aliot, vice-président du FN, constater la reformation d'un front républicain est la preuve "que c’est le grand bal, droite et gauche, la main dans la main, pour sauver le système". Pourtant Louis Alliot voit très mal "un électeur de Jean-Luc Mélenchon voter pour Emmanuel Macron", une manière d'appeler ces Français à voter pour la candidate FN.

► REACTION | Marine Le Pen, seule contre tous

"Macron : "Le président de patriotes face aux menaces des nationalistes"

"Un espoir se lève, on attendait ça depuis des années" a confié François Bayrou.

Quant à Emmanuel Macron, il l’a joué "vainqueur du second tour". Dernier à parler à 22h18, après s’être longuement fait attendre, il est monté sur scène, porte de Versailles, accompagné de sa femme Brigitte. Après avoir salué et fait applaudir les dix autres candidats, il a remercié Benoît Hamon et François Fillon d’avoir appelé à voter en sa faveur.

"En une année nous avons changé le visage de la politique Française", a constaté Emmanuel Macron qui a annoncé vouloir désormais rassembler les Français "Je veux m’adresser à tous les citoyens de France : je sais vos attentes, je souhaite devenir votre président, le président de patriotes face aux menaces des nationalistes". Le président d'En Marche veut également construire une majorité "J’œuvrerai pour que nous puissions rassembler le plus largement possible et ce sera déterminant pour gouverner. Je veux dès à présent construire une majorité de gouvernement nouvelle, chacun peut y avoir sa place, je ne demanderai pas d’où ils viennent mais s’il sont d’accord pour le renouveau" . Reste maintenant à voir qui répondra présent à cette invitation.

Ceux qu'on attend toujours

Il aura fallu attendre 22h pour enfin entendre la déclaration officielle de Jean-Luc Mélenchon. Les propos de l'"Insoumis" laissaient percer un déception et une amertume immense, au point d'accuser les médias : "Médiacrates et oligarques jubilent" a-t-il expliqué sans vouloir donner de consigne de vote car selon lui, "chacun sait en conscience quel est son devoir et je m’y range". Mélenchon "fier" de ce que "Les insoumis" ont "réalisé" mise tout désormais,lui aussi, sur les prochaines législatives "Nous sommes une force consciente et enthousiaste. Restez en mouvement, car les défis restent à relever".

Nicolas Dupont-Aignan s'est exprimé mais n'a pas voulu donner dès ce dimanche, des consignes de vote. Il a explique qu'il allait réunir les instances de son parti et qu'ensuite il ne se "dérobera pas et fera part de (son) choix en prenant en compte uniquement l’intérêt supérieur de notre nation". D'ores et déjà Dupont-Aignan considère que son parti est devenu "une force politique désormais incontournable".

Quant à François Asselineau, il refuse de choisir entre deux maux qu'il juge comparable et ne donnera aucune consigne de vote.

Le NPA refuse donner des consignes de vote ca, selon Philippe Poutou, y a, au deuxième tour, "les deux visages pourris du capitalisme".

Les membres du Gouvernement se prononcent pour Emmanuel Macron

François Hollande avait annoncé qu'il se prononcerait entre les deux tours. En attendant c'est Bernard Cazeneuve, le Premier ministre, qui a appelé à voter pour Emmanuel Macron "pour battre le FN et afire échec à son projet funeste". Même appel de la part du ministre des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault.

Un second tour à construire

Notre partenaire Ipsos/Sopra Steria a sondé les électeurs, lorsqu'ils ont eu connaissance des résultats du 1er tour.
Cette étude montre que 62% des personnes interrogées et sûres d'aller voter se prononcent pour Emmanuel Macron. 38% pour Marine Le Pen.

Le deuxième tour opposera donc un très "pro-éuropéen" Emmanuel Macron, à une anti-Européenne Marine Le Pen mais, si on va plus loin, le premier tour a montré un camp anti-UE à près de 50%.

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