L'ancien ministre de l'Économie était le premier invité des matinales "grand format" de France Inter pendant la campagne. Il a évoqué l'économie, l'international, la politique...

Emmanuel Macron, invité de la matinale grand format de France Inter
Emmanuel Macron, invité de la matinale grand format de France Inter © Maxppp / Christophe Morin

Pas de remise en cause (globale) des 35 heures

Pour le candidat à la présidentielle, il n'est pas question de "changer les 35h dans la loi : il y a des secteurs où les 35h, ça marche", assure-t-il. En revanche, il n'est pas contre la possibilité de laisser les entreprises négocier des aménagements au cas par cas. "La contrainte posée par les 35h hebdomadaires n'est pas la même entre une petite entreprise et un grand groupe industriel".

Aide aux entreprises

Il ne renie pas non plus le fameux "pacte de responsabilité", cette baisse des charges gracieusement accordée aux entreprises fraçnaises. "En 2012, nos entreprises avaient des taux de marge extrêmement bas. Elles ne pouvaient pas investir, ni embaucher", explique-t-il. "C'était important de rétablir les marges." Tout en voulant aller plus loin : "Le CICE est utile, mais ce n'est pas suffisant. Je transforme donc le CICE en allègement de charges durable."

Aider au retour au travail

"Je préfère que les gens travaillent plutôt qu'ils soient au chômage", assure l'ancien ministre de l'Économie, en citant l'exemple d'Uber. "Je propose une transformation du RSA pour accompagner le retour à l'activité", mais aussi "supprimer la totalité des charges au niveau du Smic" et "augmenter le RSA pour accompagner le salarié entre 0,5 et 1,3 Smic", une "mesure de pouvoir d'achat pour ceux qui travaillent", promet-il.

La réforme de l'ISF

Pour Emmanuel Macron, l'ISF doit être pour moitié supprimé : "Je le transforme en impôt sur la rente immobilière, mais j'exonère totalement tout ce qui finance l'économie par ailleurs". Autrement dit, la part d'impôt sur l'investissement ou les actions seraient exonéré, pour inciter à financer l'économie.

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Gauche et droite ?

Emmanuel Macron a été socialiste, il ne l'est plus... Mais il l'assume : "J'ai toujours dit que je venais de la gauche, c'est ma famille politique, je viens d'une famille de gauche". Pour autant, il a choisi de s'en détacher. "Je ne crois pas à la gauche de l'égalitarisme, je crois à la gauche de l'égalité des chances", détaille-t-il. Quant au clivage entre gauche et droite, que Christiane Taubira notamment l'accuse de mépriser, "je ne le nie pas. Mais il faut le dépasser pour répondre à de nouveaux défis".

Discuter avec Benoît Hamon

Le candidat désigné par la primaire de la "Belle Alliance Populaire" sera un adversaire, Emmanuel Macron ne le nie pas. "Il est le candidat légitime du Parti socialiste, dans une primaire qui n'en dépassait pas vraiment les frontières. Benoît Hamon reflète une gauche très interventionniste". Il assure ne pas "partager les mêmes convictions". "Il est une une ligne très à gauche, il veut recréer la gauche plurielle. Mon offre consiste plutôt à rassembler la social-démocratie, l'écologie réaliste, la droite orléaniste et le gaullisme social."

Les soutiens engagent-ils ?

Alain Minc, Jacques Attali... Certains des soutiens d'Emmanuel Macron sont loin de son image de "renouvellement". Pour autant, "ceux qui me soutiennent n'infléchissent pas ma ligne, ils ne sont pas ceux avec qui je gouvernerai", promet-il. Il rappelle que ces soutiens s'inscrivent dans un mouvement plus large : "il y a désormais 170.000 adhérents [au mouvement En Marche]. C'est qu'on est en train d'avancer, quelque chose se passe." Et le programme ? Pas pour tout de suite : "j'ai construit aujourd'hui un projet politique que j'achèverai de peaufiner à la fin du mois de février."

Face au terrorisme, quelles solutions ?

Pour Emmanuel Macron, il y a plusieurs niveaux de réponses à la radicalisation : militaire à l'extérieur contre l'organisation État islamique, sécuritaire en France, mais aussi comprendre ce qui pousse des Français à rejoindre ces mouvements. "Il y a du mal en nous, il faut aussi le voir", explique-t-il. "Il y a une réponse punitive et une réponse éducative, républicaine à donner. Que ce soit sur la radicalisation ou le communautarisme, il y a un échec de la République".

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Discuter avec Donald Trump

Le président américain mène une ligne protectionniste et se dirige vers un certain isolement avec l'Europe et la France... Une situation qui inquiète Emmanuel Macron : "Cette politique, c'est un repli de l'Amérique sur elle-même, qui ne correspond pas aux valeurs des États-Unis." Toutefois il faut rétablir un dialogue : "il faut poursuivre l'histoire commune entre la France et les États-Unis, que nous continuions à défendre ce que sont nos valeurs".

La question des réfugiés

De retour d'une visite au Moyen-Orient où il a constaté les conditions d'accueil des migrants, il estime que "l'Europe n'a pas eu une réponse à la hauteur, sur le plan humain mais aussi sur le plan de l'efficacité". Pour Emmanuel Macron, la lutte contre le terrorisme dans la région passe aussi par l'accueil de ceux qui le fuient : "À quoi sert cette lutte si à la fin nous ne savons pas défendre nos principes ?"

Pro-Européen "cohérent"

L'Union européenne est-elle dans l'impasse ? Pour le candidat, il faut non pas moins d'Europe mais plus d'Europe. "Je suis un Européen cohérent", assure-t-il. "Si l'on avance plus depuis 12 ans, depuis le non au traité européen, c'est parce que depuis, nous ne proposons plus rien pour l'Europe." "La réponse aux attaques [de la Chine ou de l'Inde], ce n'est pas moins d'Europe mais c'est une vraie Europe qui sait se défendre." Il estime toutefois qu'il y a encore beaucoup à améliorer dans l'Union européenne : "on ne doit pas laisser la critique de l'Europe aux anti-européens".

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Les cars Macron

Interrogé sur la compatibilité entre l'augmentation des autocars et les engagements écologiques, Emmanuel Macron estime que sa réforme, "qui n'est pas anecdotique", est bénéfique pour tous. Le développement des autocars, "c'est moins de transports par véhicule individuel, moins de covoiturage, et plus de transports collectifs". D'ailleurs, il estime que les résultats sont bons économiquement aussi : "avant cette réforme, il y avait 100.000 voyageurs par an. On est aujourd'hui à 4 millions."

Fessenheim et Notre-Dame-des-Landes

Sur la fermeture de la plus vieille centrale nucléaire de France, l'ancien ministre assure qu'elle est "en train d'être préparée et qu'elle doit être menée à son terme". Mais qu'il faudra aussi "des compensations pour recréer de l'activité économique localement".

Quant à l'aéroport très controversé près de Nantes, c'est une question de "respect de la démocratie" : "ce projet relève d'un modèle qui n'a plus cours aujourd'hui. Mais il y a eu un vote, un référendum" qu'il faudra selon lui respecter.

Coup de balai politique ?

Quid des investitures ? Interrogé par un soutien qui souhaite se présenter, Emmanuel Macron évoque la commission d'investiture qui doit désigner les futurs candidats de son mouvement aux législatives. "Au moins la moitié des candidats investis ne seront pas des parlementaires actuels. Et parmi celles et ceux qui sont déjà parlementaires, nous reflèterons la pluralité du mouvement." Autrement dit, il pourra y avoir des candidats socialistes, écologistes, radicaux, etc.

Sur ses soutiens financiers, Emmanuel Macron assure qu'il ne peut pas en dire plus. "Je dois la transparence complète à la commission des comptes de campagne", assure-t-il. "J'invite toutes celles et ceux qui me soutiennent à le dire publiquement, mais je ne peux pas légalement le faire."

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