Le chef de l'Etat était attendu sur la question du racisme et des "violences policières". Mais il a surtout pris position sur les traces du passé, l'unité de la nation et l'égalité des chances.

La statue de Jean-Baptiste Colbert devant l'Assemblée Nationale
La statue de Jean-Baptiste Colbert devant l'Assemblée Nationale © Getty / Patrick Aventurier

En plein débat sur les "violences policières" et sur le racisme de certains policiers, dans la foulée de la mort de George Floyd aux Etats-Unis et des manifestations importantes qui ont eu lieu en France, les mots choisis par le président allaient être scrutés. Finalement, lors de son allocution dimanche soir, Emmanuel Macron n'est pas rentré frontalement dans le débat.

Il est resté au-dessus de la mêlée en parlant de la "reconnaissance de la nation" due aux forces de police et de gendarmerie. Il n'a pas eu de mots précis sur les accusations de racisme dans les rangs des forces de l'ordre. Mais il a insisté sur les grands principes d'égalité de la République, sans donner aux policiers les réponses qu'ils semblaient attendre cette semaine. Le chef de l'Etat a plutôt montré du doigt le "communautarisme et la réécriture haineuse et fausse du passé."

"Des décisions fortes pour l'égalité des chances"

"Je nous vois nous diviser pour tout et parfois perdre le sens de notre Histoire", a dit Emmanuel Macron. "Nous unir autour du patriotisme républicain est une nécessité", a-t-il martelé. 

Faisant allusion aux manifestations de ces derniers jours, dont les porte-paroles se plaignent d'être victimes d'un racisme systémique dans les rangs de la police, il a défendu l'idée d'une "nation où chacun et chacune, quelle que soient son origine et sa religion, doit trouver sa place". "Est-ce vrai partout et pour tout le monde ?", a-t-il demandé. "Non, notre combat doit s’intensifier pour obtenir les diplômes et les emplois qui correspondent aux mérites de chacun et de lutter contre le fait que le nom, l'adresse, la couleur réduisent trop souvent les chances que chacun doit avoir". 

Nous serons intraitable face au racisme, à l’antisémitisme et aux discriminations 

Emmanuel Macron a annoncé que de "nouvelles décisions fortes pour l’égalité des chances seront prises" dans un avenir proche. Mais il a mis en garde contre le fait que, selon lui, "ce combat noble est dévoyé lorsqu’il se transforme en communautarisme, en réécriture haineuse et fausse du passé. Il est inacceptable lorsqu’il est récupéré par les séparatistes". 

"La République n'effacera aucune trace ni aucun nom de son histoire" 

Après les tags apposés sur des statues ou même le déboulonnage de statues dans le monde entier, le président de la République a prévenu que "la République n'effacera aucune trace ni aucun nom de son histoire. Elle n'oubliera aucune de ses œuvres. Elle ne déboulonnera pas de statues."

Emmanuel Macron convient qu'il faut "regarder toute notre histoire", citant les rapports avec l'Afrique notamment, "avec une volonté de vérité, et en aucun cas de revisiter ou nier ce que nous sommes". 

"Nous ne bâtirons pas d’avantage notre avenir dans le désordre" a -t-il dit, évoquant in fine les rapports entre police et population. 

"Sans ordre républicain, il n’y a ni sécurité ni liberté. Cet ordre ce sont les policiers et gendarmes qui l’assurent. Ils sont exposés à des risques quotidiens en notre nom, ils méritent le soutien de la puissance publique et la reconnaissance de la nation"

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