Le président de la République a reçu mardi les partenaires sociaux pour lancer les discussions sur la réforme du droit du travail prévue pour l'été. Mais le calendrier fait débat.

Emmanuel Macron et Laurent Berger lors de leur rencontre à l'Elysée
Emmanuel Macron et Laurent Berger lors de leur rencontre à l'Elysée © AFP / Michel Euler / POOL

Les discussions sont officiellement lancées depuis mardi matin : Emmanuel Macron a commencé à dialoguer avec les syndicats et les organisations patronales, en vue de la réforme du droit du travail qu'il a promis pendant la campagne électorale, et qu'il veut mettre en oeuvre sous la forme d'une série d'ordonnances dans les mois à venir. Toute la journée, le nouveau chef de l'Etat a reçu ses interlocuteurs en vue d'une concertation rapide.

Qui est impliqué dans ces discussions ?

Pour cette période de concertations préalable aux réformes, Emmanuel Macron a reçu les dirigeants des grandes organisations syndicales (CFDT, CGT, FO, CFE-CGC et CFTC) ainsi que ceux des organisations patronales que sont le Medef, la CPME (ex-CGPME) et l'U2P, l'union des artisans. Parmi eux, une partie va également rencontrer le Premier ministre et la ministre du Travail dans les jours à venir, pour poursuivre les discussions sur la "mise en oeuvre opérationnelle" de la réforme et de son calendrier.

Que va contenir la réforme ?

Sur ce point, très peu de détails ont filtré. Emmanuel Macron a promis qu'il s'agirait d'une série d'ordonnances, sans révéler précisément ce qu'elles contiendront. Parmi les mesures dont il sera question, figurent le plafonnement des indemnités prud'hommales (contre lequel s'élèvent tous les syndicats), le regroupement des instances représentatives du personnel, et la possibilité pour un employeur d'organiser des référendums d'entreprise.

En revanche, on ne sait pas quelle place sera accordée au dialogue social dans l'entreprise, point qui ne met pas toutes les organisations d'accord.

Quel calendrier ?

C'est pour l'heure le principal point d'achoppement. Selon François Asselin, président de la CPME, Emmanuel Macron compte mener la concertation jusqu'à mi-juin, avant de faire voter par le parlement une loi d'habilitation à légiférer par ordonnances "durant l'été", et une loi de ratification de ces mêmes ordonnances "courant septembre".

Un calendrier serré qui convient au patronat qui veut "aller vite, c'est essentiel pour la confiance de déverrouiller le marché du travail", mais pas du tout aux syndicats qui plaident pour un agenda moins contraint. Plus tôt mardi, Philippe Martinez, le numéro un de la CGT, avait d'ailleurs déclaré que le calendrier avait "l'air d'avoir bougé" et que l'échéance de la fin de l'été était désormais "plus floue".

Du côté de l'Elysée, la présidence a assuré que "ce n'est pas au niveau du président de la République que le calendrier est géré". La mise en oeuvre de ce processus dépendra en effet de Matignon et du ministère du Travail.

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