Emmanuel Macron est "en marche" vers la présidentielle. Comment a-t-il construit son ambition politique ? Sur quels réseaux s’est-il appuyé ? Une enquête de Jacques Monin.

Emmanuel Macron, meeting "En Marche" au Mans le 11 octobre 2016
Emmanuel Macron, meeting "En Marche" au Mans le 11 octobre 2016 © Maxppp / Franck Castel / Wostok Press

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Le 30 août 2016, Emmanuel Macron démissionne du ministère de l’Économie.

Je suis fier d'être parvenu à apporter des changements concrets dans la vie des Français.

"J'ai cependant touché du doigt les limites de notre système politique, poursuit-il. Je souhaite aujourd'hui entamer une nouvelle étape de mon combat et construire un projet qui serve uniquement l'intérêt général". Que se cache-il derrière ces mots d'Emmanuel Macron ?

Ce banquier d’affaires, qui a longtemps "murmuré" à l’oreille de François Hollande, se consacre désormais à son mouvement En marche, avec comme objectif à peine déguisé la prochaine présidentielle.

"Je le voyais en auteur dramatique"

Pourtant, Emmanuel Macron n’était pas du tout prédestiné à faire de la politique. Lorsqu’il arrive en classe préparatoire au lycée Henri-IV à Paris, il suit des cours de rattrapage en mathématiques. Il est surtout intéressé par la philosophie, le théâtre et la poésie. C’est ce qu’avait observé Christine Monin, une de ses anciennes camarades de la classe préparatoire :

"On le remarquait pour son amour sincère de la langue, de la poésie, de la culture. Il avait cette tignasse blonde, ses yeux clairs, habillé souvent en noir. On avait étudié Ruy Blas de Victor Hugo pendant l'année, et il était très volontaire pour le lire à voix haute. On aurait pu l'imaginer ministre de la Culture ; en économie on ne le remarquait pas particulièrement."

Ce goût pour les lettres, le futur ministre le manifeste particulièrement un jour où il insiste pour assurer lui-même un cours sur le poète René Char. A en croire Jean-Baptiste de Froment, un autre de ses anciens camarades, tout le monde a été marqué par sa prestation :

"C'est vrai que ça nous avait énormément impressionné parce que c'était tout un cours très bien formulé, avec une maîtrise de la rhétorique de la critique littéraire. Il envoyait tous les signaux extérieurs de quelqu'un qui sait de quoi il parle, comme un vieil universitaire qui parle de René Char."

Le jeune Macron aime donc la littérature... et il aime déjà briller en société. Alors comment se fait-il que, quelques années plus tard, il se retrouve à l’Inspection des finances ?

L’Inspection des finances "par défaut"

Emmanuel Macron vise d'abord l'École normale supérieure, mais il échoue. Selon Jean-Baptiste de Froment, cet échec va le contraindre à changer d’orientation :

Il était dans le moule classique français des grandes écoles.

Jean-Baptiste de Froment, 2016
Jean-Baptiste de Froment, 2016 © Radio France / Jacques Monin

"Je pense que son échec est structurant, c'est ça qui l'a conduit à l'ENA et à l'Inspection des finances. Il avait l'idée que si on n'a pas fait une grande école, qu'on n'est pas passé par le système méritocratique républicain traditionnel, on n'a pas tout à fait réussi sa vie. Ça l'a conduit à bifurquer vers la politique, l'économie, des sujets qui l'intéressaient moins au départ, mais qui lui ont permis de prendre sa revanche sur cette première déconvenue."

C’est donc à cause d'un échec, presque par défaut, qu’Emmanuel Macron s’est orienté vers cette carrière. Une revanche qui passe par l’Inspection des finances, mais qui est aussi un tremplin entre la haute administration, le monde des affaires et la banque. Sa carrière est lancée.

Emmanuel Macron fonctionne toujours de la même manière : il cherche à se faire "adouber" par des personnalités plus âgées que lui, à des postes clés. Il comprend de manière presque intuitive, où se trouve le savoir et le pouvoir, et qui sont les personnes qui pourront l’aider à évoluer rapidement. Au cours de sa carrière, il va ainsi se rapprocher de gens comme Michel Rocard, ou de Jean-Pierre Jouyet, l’actuel secrétaire général de l’Élysée. Jean-Baptiste de Froment avait déjà repéré, en classe préparatoire, cette attirance pour les générations d’au-dessus.

C'était surtout l'ami les profs.

"Il était perçu comme celui qui dînait avec des profs. Il avait une capacité assez étonnante à discuter sur un pied d'égalité avec des gens qui avaient quarante ans de plus que lui. On avait le sentiment qu'il avait une sorte d'attirance pour la société des gens âgés, dont il avait envie de faire partie."

Emmanuel Macron voit chez ses aînés des "accélérateurs de carrière". Mais quel est l’intérêt pour ces "parrains" de prendre Emmanuel Macron sous leur aile ?

Ils sont d’abord sous le charme de ce jeune homme brillant, cultivé, et avenant. C’est un peu le gendre idéal. Pour François-Xavier Bourmaud, journaliste au Figaro il a écrit l'ouvrage Emmanuel Macron, le banquier qui voulait être roi (Editions L'Archipel) – beaucoup des politiques qu’il fréquente placent aussi des espoirs en lui :

"Chez les parrains d'Emmanuel Macron, il y a une façon de projeter des rêves qui n'ont eux-mêmes pas réussi à réaliser. Pour Jacques Attali, ce serait le rêve d'imposer – ou de mettre en place – en France une politique réformiste."

Beaucoup ont vu en Macron un successeur potentiel, celui qui incarne leurs espoirs déçus.

"Par exemple, poursuit François-Xavier Bourmaud, Henry Hermand, qui est le financier de la deuxième gauche, a toujours nourri cet espoir d'instaurer en France la social-démocratie. Avec Emmanuel Macron, Henry Hermandespère sans doute que ça va finir par arriver." Henry Hermand lui avancera d’ailleurs 300 000 euros pour qu’il puisse acheter son premier appartement.

L'art du réseau grâce à la commission Jacques Attali

C'est après avoir intégré la voix royale vers le pouvoir, l’ENA, puis l’Inspection des finances, qu'Emmanuel Macron est repéré, en 2007, par un "fin connaisseur" des cercles du pouvoir : un certain Jacques Attali !

Cette rencontre va être déterminante dans sa carrière : Jacques Attali va le nommer au poste de rapporteur général adjoint de la commission, que Nicolas Sarkozy lui a alors confiée pour "libérer la croissance". Emmanuel Macron va tisser un réseau extrêmement précieux au sein de la commission Attali.

On y trouve de très nombreux patrons et acteurs économiques, majoritairement des tenants d’une vision plutôt libérale de l’économie. Mais il y a aussi quelques syndicalistes, des représentants du milieu associatif, l’historien Hervé Le Bras, ou encore le psychiatre Boris Cyrulnik. Il n'est donc pas toujours facile de mettre tout le monde d’accord, et c’est là qu'Emmanuel Macron intervient. Pour Pierre Ferracci, un ancien membre de la commission, il était d’autant plus facile de venir le voir, que Jacques Attali avait au contraire un côté assez cassant :

"Jacques Attali a une personnalité très forte, à la fois attachante et irritante. Emmanuel était souvent la personne qui calmait tout le monde. Il avait un rôle assez important, parce que Jacques Attali est un peu moins l'homme des compromis. Quand il a quelque chose en tête, il file tout droit et ça créait parfois quelques tensions assez sérieuses."

Emmanuel Macron fait donc le lien entre tous les participants de la commission Attali, et il en profite pour garnir son carnet d’adresses. Bien avant d’entrer comme banquier d’affaires chez Rothschild, il constitue en fait ce qui sera son premier réseau, quitte à faire du zèle pour y parvenir. C’est ce qui sautait aux yeux d’Yves de Kerdrel, un autre membre de la commission, qui dirige aujourd’hui le magazinel Valeurs Actuelles :

"On voyait bien le futur banquier d'affaires qui avait compris qu'il y avait des personnalités importantes du monde des affaires, le président de Nestlé Monde, Peter Brabeck, Xavier Fontanet, président d'Essilor, Claude Bébéar, l'ancien président d'AXA, Philippe Tillous Borde, le président de Sofiprotéol (dans le secteur de l'agroalimentaire). Il allait bien plus loin que son simple rôle officiel qui était celui d'être un rapporteur général adjoint."

Emmanuel Macron va faire fructifier ce réseau de contacts au sein de la Banque Rothschild, qu'il intègre sur recommandation de Jacques Attali et d’un autre membre de sa commission, Serge Weinberg, le PDG de Sanofi ! Une fois encore, Emmanuel Macron se fond parfaitement dans le moule. Chez Rothschild, sa personnalité est appréciée, mais aussi son carnet d’adresses, qui va amener à la banque de nouveaux clients. Pour cela, Emmanuel Macron joue encore une fois de son charisme, comme l’explique son ancien camarade de promotion, Jean-Baptiste de Froment :

"Pour être un grand banquier à Rothschild, pas besoin de faire des tableurs Excel toute la journée et de maîtriser toutes les techniques financières. Il a bien compris que ça ne servait à rien d'être trop technique, et qu'il fallait plutôt se concentrer sur l'aspect rhétorique, communicationnel, inspirer confiance, séduire… Il est totalement caméléon là-dessus."

Sa grande force : changer de couleur, d'aspect, de discours en fonction de l'interlocuteur.

En 2010, Emmanuel Macron devient associé de la banque. Il fait entrer dans le portefeuille de Rothschild un très gros client : le PDG de Nestlé, qu’il avait rencontré à la commission Attali. L’homme veut alors racheter une filiale du laboratoire pharmaceutique Pfizer : une transaction à 9 milliards d’euros, qui permet au jeune Macron de gagner en deux ans près de 2 millions d’euros.

Premier plongeon en politique

Emmanuel Macron a donc construit et utilisé son réseau pour faire des affaires chez Rothschild, mais il reste encore un homme de l’ombre. La politique va le placer en pleine lumière.

Déjà, après la classe préparatoire, le jeune Macron s’était essayé au militantisme hors de Paris. Cette première tentative n'a pas été pas un grand succès. Jean-Baptiste de Froment raconte :

"Il était inscrit au Parti socialiste du Touquet. C'était une démarche de Don Quichotte, parce que non seulement il était rocardien à une époque où Michel Rocard avait quand même une influence très limité au parti socialiste, mais en plus il avait fait le choix de militer à gauche au Touquet, une ville qui ne passera à gauche qu' au quatrième millénaire ! C'était vraiment une terre de mission. Il était une sorte de minoritaire brillant."

Il me faisait l'effet de quelqu'un qui choisit un combat un peu impossible.

Emmanuel Macron ne va pas rester très longtemps aux portes du pouvoir. Jacques Attali le présente à François Hollande, qui est aussi un intime de Jean-Pierre Jouyet. C’est donc assez naturellement qu’Emmanuel Macron choisit de soutenir François Hollande en 2011. Mais il prend un risque : François Hollande est alors très loin dans les sondages, derrière Dominique Strauss-Kahn, se souvient François-Xavier Bourmaud :

"Emmanuel Macron a rejoint François Hollande au moment où c'était Monsieur 3%. Personne ne croyait en ses chances, excepté un petit groupe de fidèles autour de François Hollande : Stéphane le Foll, Michel Sapin, Bruno Le Roux, François Rebsamen, rejoints par Emmanuel Macron. Il y a quelque chose de presquefilial entre Macron et Hollande."

Emmanuel Macron, fils spirituel politique de Ségolène Royal et François Hollande.

Emmanuel Macron joue donc la carte François Hollande, et il pèse politiquement auprès de lui en devenant le conseiller économique du futur chef de l’État. Étonnamment, durant cette période, l’ex-banquier de chez Rothschild plaide pour la séparation des banques de détail et des banques d’investissement. Il le fait en écrivant anonymement dans un ouvrage collectif coordonné par l’historien Patrick Weil. C’est ce que nous raconte Marc Endeweld, journaliste à Marianne, qui a écrit le livre _L’Ambigu monsieur Macron_ :

"Sous pseudo, il se prénomme Éric Souleiman. Un de ses articles fait la promotion de la séparation stricte des banques. C'est assez étonnant parce que là, il se positionne plutôt à la gauche du PS, et une fois à l'Élysée, il laissera faire "la courroie de transmission" des banques, c'est à dire Bercy."

Cette séparation entre les banques de dépôt et des banques d’affaires spéculatives est effectivement torpillée par le lobbying bancaire. Après l'élection de François Hollande, Emmanuel Macron est alors nommé secrétaire général adjoint de l’Élysée, puis ministre de l’Économie. Pourquoi finit-il par quitter le gouvernement de Manuel Valls ?

Du mépris pour François Hollande

Les relations politiques sont tendues avec Manuel Valls qui utilise l'article 49.3 lors du vote de sa loi. Mais le ministre de l'Économie est aussi déçu par François Hollande. Trop hésitant à son goût, il le quitte d’autant plus facilement qu’il ne l’a jamais tenu en haute estime. C’est en tout cas l’opinion d’Yves de Kerdrel, l’ancien membre de la commission Attali.

Yves de Kerdrel
Yves de Kerdrel © AFP / Eric Feferberg

"La nature de leur relation n'était pas du tout des relations filiales comme certains essaient de le présenter. Leur relation a toujours été assez distante."

Un caméléon entre les puissants.

"Il a été très frustré, poursuit Yves de Kerdrel. A chaque fois qu'il proposait une solution au président de la République, il n'y avait jamais d'arbitrage, ou quand il y en avait un, c'était la décision opposée à ses mesures qui était prise. Ça ne l'a pas empêché d'accepter le poste de ministre de l'Économie. Et puis il a vu qu'il se passait exactement la même chose. Il en a nourri un sentiment d'amertume et sans doute une bonne part de mépris."

Pour l'ex-ministre de l'Économie, François Hollande ne serait pas allé assez loin dans ses préconisations plutôt libérales (on se souvient des déclarations fracassantes d’Emmanuel Macron sur les 35 heures ou sur les fonctionnaires). Mais comment se fait-il que François Hollande n’ait pas vu venir ce que ses proches qualifient aujourd’hui de "trahison" ? Le Président a cru naïvement que le jeune ministre se sentirait redevable de lui, sauf qu’une des caractéristiques du personnage, c’est justement de ne se sentir redevable de personne. C’est en tout cas l’analyse que fait Marc Endeweld :

"Il a toujours essayé de multiplier les allégeances pour n'en dépendre d'aucune. Quand les commentateurs expliquent que c'est l'homme de François Hollande, ils n'ont pas bien compris la capacité d'Emmanuel Macron à jouer les caméléons entre tous ces puissants".

Un "affranchi" rattrapé par son bilan.

Mais il n'est pas évident de se présenter comme un "affranchi", un "anti-système", alors qu’on vient de quitter le gouvernement. C'est toute l’ambiguïté de la position d'Emmanuel Macron : il veut être libre... tout en ayant déjà un bilan. Certains salariés ne se privent pas de le lui rappeler. On l’a vu avec l’affaire Alstom à Belfort, mais aussi avec Ecopla, cette entreprise de barquettes d’aluminium récemment placée en liquidation judiciaire par le tribunal de commerce de Grenoble. Cela donne des échanges parfois assez vifs comme celui du 4 septembre sur France Inter, où un salarié d'Ecopla interpelle l'ancien ministre :

"Monsieur Macron, vous avez fait crever cette entreprise, vous avez mis en danger notre famille, notre vie sociale, et vous n'avez même pas fait la moitié de votre travail !"

Réponse d'Emmanuel Macron : "L'État peut faire des choses, mais difficilement revenir sur des décisions de justice. Oui, il y a des limites à l'action publique. Commencer à changer la politique, c'est arrêter d'avoir un comportement maternant et cesser de mentir aux gens."

Une machine politique rôdée à Bercy

La machine politique d'Emmanuel Macron s’appuie sur un mouvement En marche, lancé en avril 2016. Mais, en réalité, ce mouvement avait déjà pris naissance… à Bercy ! Une partie de son équipe ministérielle va le suivre après sa démission, comme son directeur de cabinet, son directeur de la communication, un jeune loup issu de chez Havas… Une équipe soucieuse de valoriser l'image publique d'Emmanuel Macron, explique Yves de Kerdrel :

"Il y avait une machine de communication à Bercy, comme il n'y en a jamais eu pour aucun autre ministre de l'Économie. Il avait créé une cellule de communication d'une dizaine de personnes, qui se mobilisait notamment sur les réseaux sociaux."

Un think tank d'inspiration libérale

Il peaufine donc sa communication à Bercy et héberge son mouvement En marche chez une vieille connaissance : au domicile privé de Laurent Bigorgne, président d’un think tank d’inspiration libérale, l’Institut Montaigne. Il s'agit d'un cercle de réflexion créé par l’ex-patron d’AXA, Claude Bébéar (autre ancien membre de la commission Attali). C’est donc chez cet ami d’Emmanuel Macron, Laurent Bigorgne, que la machine va se roder. Il raconte :

"À un moment de la naissance de ce mouvement, on a accepté, ma compagne et moi, de l'héberger à notre domicile privé, de prêter notre adresse pour les différentes formalités administratives. Ça fait partie des services qui correspond à un souci de discrétion du mouvement à ses débuts."

En mai 2016, des bénévoles sont recrutés, une opération de porte à porte supervisée par un trio de jeunes trentenaires est lancée. Parmi ces jeunes, il y a Guillaume Liegey, qui fournit à Emmanuel Macron un algorithme et une panoplie d’outils marketing : "Entre le moment où vous vous inscrivez sur un site et celui où vous êtes invité à un événement physique, il faut qu'il s'écoule moins de vingt-quatre heures. Nous avons des outils technologies pour faciliter ça."

Aujourd'hui, contrairement à il y a quarante ans, nous avons énormément de données sociales qui ciblent les quartiers plus finement.

Pour financer son mouvement, Emmanuel Macron compte sur des patrons bienveillants, comme Xavier Niel, le patron de Free, ou Marc Simoncini, le fondateur du site Meetic. Il vient aussi de s’adjoindre les services de Bernard Mourad, un ancien proche de Patrick Drahi et ancien de la banque Morgan Stanley. Depuis septembre 2016, il organise des rencontres pour lever des fonds, en France, mais aussi à Londres, où beaucoup d’expatriés sont sensibles à sa personnalité. C’est justement à à Londres qu’Emmanuel Macron s’est rendu, en avril 2016...

Comment lever des fonds à Londres

En avril 2016, des rumeurs de levées de fonds ont circulé… il était question de 12 millions d’euros. Le député Les RépublicainsGeorges Fenechavait même saisi la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique, en dénonçant un possible conflit d’intérêts. En fait, il ne s’est rien passé ce jour-là.

Jean François Cécillon, un galeriste français de Londres, assistait à cette réunion. Le ministre, assure-t-il, était juste venu à la rencontre d’une association de start-ups françaises : "Il n'y a pas eu du tout de levée de fonds. Vous vous rendez compte s'il avait levé plus de 12 millions d'euros en vingt-quatre heures à Londres ? Ce serait alors le meilleur leveur de fonds de la planète !"

Si Emmanuel Macron n'a pas levé d'argent ce jour-là, son déplacement à Londres lui a permit de préparer le terrain pour la suite ! Une fois qu’Emmanuel Macron a quitté le gouvernement, l’homme qui s’occupe de ses finances, Christian Dargnat (ex-directeur général de la BNP) recontacte Albin Serviant, le président de la fameuse French Tech, un proche de François Fillon. Albin Serviant organise alors une nouvelle rencontre, toujours à Londres, avec le même réseau pour, cette fois, collecter des fonds. Il nous raconte comment les choses se sont passées, le 8 septembre 2016 :

"Nous avons organisé un petit déjeuner rassemblant des personnes qui travaillaient pour des start-ups. Nous lui avons posé des questions très directes, pas forcément amicales, comme : "Quel est ton programme ?", "Ta position vis-à-vis de Hollande ?". Un type de rencontres qui va se renouveler.

Une ambition accompagnée : Brigitte Macron

L'ambition d'Emmanuel Macron est indissociable de celle de son épouse, Brigitte Macron. C’est elle qui le présente à un concours d’éloquence organisé par le Club Rotary d’Amiens, alors qu’il n’est encore qu’un adolescent (et il gagne). C’est elle qui le pousse à étudier au lycée Henri-IV, parce qu’elle pense qu’il faut qu’il intègre une grande école. Elle était également présente dans certaines réunions de cabinet à Bercy. C’est encore elle qui mettra en scène son couple dans la première Une qui leur sera consacrée dans Paris Match.

Selon Sylvie Bommel, une journaliste qui a enquêté sur le rôle de Brigitte Macron, cette dernière n’est pas étrangère aux ambitions présidentielles de son mari : "Un témoin direct d'un dîner m'a expliqué que lorsqu'un convive à dit que Macron ferait "un merveilleux candidat pour 2022", Brigitte a répondu :

Peut-être mais pour moi, 2022 ce sera trop tard.

"Elle a pris goût à la lumière, poursuit Sylvie Bommel. C'est vrai qu'en 2022, Brigitte Macron aura 69 ans. Elle a beaucoup d'ambitions pour lui mais aussi l'envie de participer à cette aventure présidentielle."

Quel destin politique peut connaître Emmanuel Macron ? Lors de ses réunions de collectes, l'ancien ministre dit clairement qu’il a l’intention de se présenter à la présidentielle. Dans des cercles plus restreints, il explique qu’il regardera quand même de près les sondages, et qu’au final, ce sont eux qui décideront...

Vidéo : qui est vraiment Emmanuel Macron ?

Programmation musicale :
►"Katchi" de Nick Waterhouse et Leon Bridges (2016)

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