Emmanuel Macron a porté plainte pour "harcèlement et tentative d'atteinte à la vie privée" contre un photographe de presse qui couvrait ses vacances à Marseille.

Emmanuel Macron le 3 août 2017
Emmanuel Macron le 3 août 2017 © AFP / PHILIPPE WOJAZER

Le chef de l'Etat est actuellement en vacances dans la cité phocéenne en compagnie de son épouse Brigitte. Le couple présidentiel logerait, selon le quotidien La Provence, dans la villa du préfet de région, située dans le parc Talabot, un parc de plusieurs hectares connu pour ses splendides villas et desservi par plusieurs petites rues réglementées.

L'accès au parc est gardé - en permanence - par des vigiles privés. Grilles métalliques imposantes, impossible d'entrer sans y avoir été invité. Plusieurs camions de police stationnent également sur l'avenue bordant le parc.

Le photographe contre lequel le chef de l'Etat porte plainte, se serait montré pressant, en dépit des mises en garde du service de sécurité du président, selon les services de l'Elysée.

"De temps en temps, il sort (...) et ce photographe journaliste l'a suivi à plusieurs reprises à moto. La sécurité lui a demandé à plusieurs reprises de ne pas le faire, il a continué, parfois à ses risques et périls", a expliqué le service de communication de l'Elysée.

"Dimanche, il s'est introduit sur la propriété privée, ce qui a conduit à un dépôt de plainte" pour "harcèlement et tentative d'atteinte à la vie privée", a précisé l'Elysée. La plainte a été déposée "au nom du président".

Macron a décidé de partir à l’affrontement

Pour Jean-Claude Elfassi, photographe et paparazzi reconnu "le harcèlement c’est une première. Quand on est président il faut savoir donner un peu et apprivoiser la presse comme le faisant Chirac ou Mitterrand". Le photographe raconte que les deux président "venaient nos voir, on faisait notre petite séance photo et ils étaient tranquilles pour le reste des vacances". Selon lui "Macron a décidé de partir à l’affrontement."

Le président de la République n'est pas un citoyen comme les autres

Le président de la République jouit d'une irresponsabilité pour tous les actes qu'il a accompli durant l'exercice de son mandat. En revanche il doit répondre devant la Cour pénale internationale pour les cas de crimes contre l'humanité ou génocide, et peut être destitué par la Haute Cour. De plus, le chef de l'État bénéficie d'une inviolabilité, qui empêche toute procédure administrative, civile ou pénale à son encontre, pour des faits commis en dehors de ses fonctions présidentielles.

Mais peut-il se comporter comme un citoyen lambda ? Puisqu'on ne peut pas l'attaquer, peut-il attaquer en justice d'autres citoyens ? En théorie, oui.

Le cas a commencé à se poser notamment lors du mandat de Nicolas Sarkozy. Il s'est porté partie civile dans un certain nombre de procès, et a engagé des procédures privées. Il a notamment obtenu en appel un euro symbolique de dommages et intérêts dans une affaire d'escroquerie. Mais dans cette affaire la Cour de Cassation avait fini par conclure qu'il fallait une réforme du statut du chef de l'état.

En matière de vie privée, chacun a droit à la protection de celle-ci du fait de l’article 9 du Code civil.

Le président François Hollande n'a pas fait jouer cet article lorsque sa vie privée a été dévoilée par un photographe. Etre photographié dans la rue, en scooter, ou en faisant son jogging, pour un homme public comme le chef de l'Etat ne relève donc plus tout à fait du droit à vie privée.

Il existe de surcroît un principe de droit qui dit que "le magistrat ne doit pas s'occuper des choses insignifiantes", qui doit inspirer les présidents qui sont tentés de le saisir.

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