Le candidat d'En Marche ! a recueilli 66,10% des voix au second tour de la présidentielle contre 33,90% pour Marine Le Pen. L’abstention est en forte hausse à 25,38%.

Emmanuel Macron a prononcé un discours devant une foule réunie au Louvre
Emmanuel Macron a prononcé un discours devant une foule réunie au Louvre © Getty / Jeff J Mitchell

Une abstention en hausse (25,38%), plus de 8,49% de bulletins blancs et 3% de votes nuls (ce qui représente plus de 4 millions de Français), mais une victoire nette et forte pour Emmanuel Macron qui recueille, selon les résultats pratiquement définitifs, 66,10% des voix contre 33,90 à Marine Le Pen. Un résultat plus important que ce que les spécialistes imaginaient, fruit peut-être du débat de l'entre-deux-tours.

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Emmanuel Macron a réussi ce que personne n'imaginait possible : remporter l'élection présidentielle à la tête d'un parti "En Marche!" qui n'a que quelques mois de vie. Lui, qui n'a jamais été élu, devient directement président de la République.

Emmanuel Macron était encore inconnu du grand public avant sa nomination comme ministre de l'Economie en août 2014, ministère où il est resté moins de deux ans. Avant, il a été secrétaire général adjoint et conseiller économique du président Hollande de 2012 à 2014. Mais sa fonction dont on aura le plus parlé est sûrement celle d'associé-gérant de la Banque Rothschild de 2008 à 2012.

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"Je me battrai de toutes mes forces contre la division qui nous mine"

Peu après 21h, Emmanuel Macron a pris la parole depuis son QG. "Rien n’était écrit" a rappelé le nouveau président qui s'est adressé à ceux qui n'ont pas voté pour lui "Je sais la colère, l’anxiété, les doutes, exprimés par une partie d’entre vous". "Je défendrai la France, ses intérêts vitaux, son image, son message, j'en prends l'engagement devant vous. Je défendrai l'Europe, la communauté de destins que se sont donnés les peuples de notre continent. C'est notre civilisation qui est en jeu".

Une nouvelle page de notre longue histoire s'ouvre ce soir, je veux que ce soit celle de l'espoir et de la confiance retrouvés

Emmanuel Macron a décrit ce qui allait être la ligne de conduite de sa présidence : "Ma responsabilité sera d’apaiser les peurs, de rassembler les femmes et les hommes prêts à affronter les défis gigantesque qui nous attendent. Je me battrai de toutes mes forces contre la division qui nous mine. Le renouvellement de notre vie publique s'imposera à tous dès demain : la moralisation de notre vie publique, la reconnaissance du pluralisme, seront dès le premier jour le socle de mon action." Emmanuel Macron a également cité "la lutte contre le terrorisme".

Aimons la France ! Je vais, avec humilité, avec dévouement, avec détermination, la servir en votre nom

A 22H30, le nouveau président s'est rendu au Louvre, devenu sa "Bastille". Après une traversée solitaire de la place, au son de "l'Hymne à la joie" - qui est également l'hymne européen - il s'est adressé à la foule présente, avec plus d'émotion et d'allégresse que lors de son premier discours.

Aux Français "qui ont voté sans avoir nos idées", Emanuel Macron a assuré "que ce n'est pas un blanc-seing". La confiance des électeurs "m'oblige et j'en suis désormais le dépositaire", a-t-il ajouté. "La tâche est immense et imposera de continuer à être audacieux. Nous ne cèderons rien a la peur, à la division, aux mensonges", a-t-il dit.

Je vous servirai avec amour

La Marseillaise entamé par la famille Macron et ses soutiens
La Marseillaise entamé par la famille Macron et ses soutiens / capture d'écran

Pour Marine Le Pen : c'est "un résultat historique et massif" pour le FN, qui veut devenir "la première forme d'opposition"

Si Marine Le Pen obtient le meilleur score jamais enregistré par son parti, elle n'arrive pas à rassembler sur son nom plus d'un tiers des voix. Le "plafond de verre" est donc une réalité pour le FN qui n'a pas profité du ralliement du souverainiste Nicolas Dupont-Aignan entre les deux tours.

Marine Le Pen, qui a rapidement reconnu sa défaite, a surtout annoncé que son parti allait se transformer."Le FN doit profondément se renouveler pour constituer une nouvelle forme politique que les Français appellent de leurs vœux" a-t-elle annoncé, en appelant au rassemblement de tous "les patriotes". Un mouvement appelé à changer de nom, selon Florian Philippot, au grand dam de son fondateur, Jean-Marie Le Pen. Selon lequel la responsabilité de la défaite est à imputer à Florian Philippot et "aux problèmes de l'euro, de l'Europe, de la retraite à 60 ans", qui ont selon lui "plombé la campagne" de Marine Le Pen, alors que selon lui il fallait parler de"l'immigration" et de "l'insécurité".

Message de transformation qu'on lit également dans les propos du Maire de Béziers :

Pour Marion Maréchal-Le Pen, "après l'alliance avec Nicolas Dupont-Aignan il faut aller plus loin" et d'abord montrer que le FN est le premier parti d'opposition.

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François Hollande, le seul président qui a choisi de ne pas se représenter, notamment parce que son ex-ministre de l'Economie y allait, lui, a "félicité chaleureusement" Emmanuel Macron pour son élection.

Il a ajouté dans un communiqué :"Sa large victoire confirme qu’une très grande majorité de nos concitoyens ont voulu se rassembler autour des valeurs de la République et marquer leur attachement à l’Union européenne comme à l’ouverture de la France dans le monde. [...] L’enjeu majeur c’est de rassembler et de construire pour poursuivre le chemin de la France vers le progrès et la justice sociale".

Et maintenant, on recompose ?

La question de la majorité qui sortira des urnes, dans quelques semaines, est évidemment cruciale. "Il y aura une majorité parlementaire" pour "En Marche" selon François Bayrou, qui n'imagine pas que les Français ne veuillent pas donner une majorité au président qu'ils ont choisi. Très logiquement, on n'est sur cette ligne ni à droite ni à gauche et on compte sur les législatives pour faire fonction de 3e tour.

L'ancien Premier ministre a salué "la belle et large victoire" d'Emmanuel Macron, "fruit d'une formidable mobilisation pour la République et contre la haine". Mais surtoutManuel Valls a parlé d'une "majorité présidentielle à bâtir".

Un message de félicitation qui semble vouloir siffler le début d'une "recomposition" à gauche. Et peut-être à droite vu ce qu'à dit ce dimanche soir Bruno Le Maire :

ou écrit Christian Estrosi.

Et ce troisième tour commence aussi dès ce dimanche soir pour Jean-Luc Mélenchon. Le chef des "Insoumis" a appelé "les sept millions de personnes qui se sont regroupées autour du programme dont j'ai été le candidat à se mobiliser et à rester unies. Une nouvelle majorité parlementaire est possible autour de nous", a-t-il déclaré. "Notre résistance peut gagner la bataille et je vais m'y employer avec vous de toute toute mon énergie".

Au delà des positionnement personnels, Stéphane Le Foll a souhaite dimanche soir que le PS "participe" aux "perspectives ouvertes avec l'élection de Macron"

Le conseiller régional PS Julien Dray, proche de François Hollande, a défendu lundi l'idée d'un "front des progressistes", capable de rassembler "de Macron à Mélenchon", la "meilleure manière", selon lui de se "battre contre le FN". Rêve ou ouverture du coté d'"En Marche" ?

Discours encore différent du côté de Najat Vallaud-Belkacem. La ministre de l'Education nationale a estimé que le parti socialiste devait être "à la fois constructif et exigeant" vis-à-vis d'Emmanuel Macron, appelant le PS à faire preuve de pragmatisme après sa victoire à la présidentielle. "Mais ensuite, il faut bien distinguer le deuxième temps qui vient, celui des législatives", a-t-elle poursuivi, jugeant "important de garder son identité politique" et donc voter pour ou contre selon le projet.

La question est de savoir si la recomposition qui s'annonce aura lieu avant ou après les législatives...

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