La France Insoumise a salué la colère "légitime" du mouvement du 17 novembre contre la hausse des prix des carburants, tout en se dégageant de toute récupération politique. Mais la majorité dénonce l'hypocrisie de Jean-Luc Mélenchon, qui plaidait lui aussi pour la fin du diesel dans son programme de campagne.

En meeting à Pau jeudi soir, Jean-Luc Mélenchon a souhaité le "succès" du mouvement de blocage du 17 novembre pour protester contre la hausse des carburants.
En meeting à Pau jeudi soir, Jean-Luc Mélenchon a souhaité le "succès" du mouvement de blocage du 17 novembre pour protester contre la hausse des carburants. © AFP / IROZ GAIZKA

La "colère" des conducteurs face à la hausse du prix des carburants "est juste" a dit jeudi Jean-Luc Mélenchon, lors d'un meeting à Pau. Le chef de file de la France insoumise, qui n'appelle à aucune consigne politique pour que l'appel aux blocages du 17 novembre conserve son "auto-organisation", a souhaité son "succès".

"Le peuple a raison de se révolter"

"Cette affaire d'augmentation des carburants détrousse les braves gens qui vivent de leur travail. Parce que quand on est à 20 kilomètres de son boulot, cette affaire coûte 200 euros [...] Alors c'est inacceptable, c'est inadmissible, c'est insupportable, et le peuple a raison de se révolter" a poursuivi le député de la France insoumise.

Cette colère "légitime", "juste", est le mot d'ordre des Insoumis. Si Clémentine Autain a précisé, le 4 novembre dernier, qu'elle ne prendrait pas part à la mobilisation pour ne pas répondre à l'appel du Rassemblement national, Alexis Corbière et Adrien Quatennens apportent leur soutien sans ciller et se disent prêts à y prendre part, tout en appelant à ne pas y voir de "récupération politique".

"En tant que mouvement constitué nous n'allons pas lancer d'appel pour ne pas contribuer à cette récupération politique mais évidemment nous sommes en accord avec les mots d'ordre", a expliqué le député du Nord Adrien Quatennens au micro de Nicolas Demorand ce jeudi. "À titre personnel si je suis disponible et qu'il y a une mobilisation près de chez moi, évidemment j'irai", a-t-il ajouté.

Mais la France insoumise est accusée de faire volte-face. Au sein de la majorité, des voix se font entendre pour rappeler les convictions écologiques de Jean-Luc Mélenchon pendant la campagne, lui qui accusait son rival, le candidat d'En marche, de "câliner le diesel" industriel (à écouter à 49 minutes de cette vidéo de son allocution à Périgueux, le 26 janvier 2017).

Dans son programme de campagne, Jean-Luc Mélenchon avait plaidé pour la sortie des énergies carbonées et la fin du diesel, mais les partisans LREM oublient qu'il avait pris le soin de ne s'attaquer en premier lieu qu'au diesel industriel, "en commençant par supprimer progressivement l'avantage fiscal pour les flottes d'entreprise".

Capture d'écran du programme de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle 2017.
Capture d'écran du programme de Jean-Luc Mélenchon pour la présidentielle 2017.
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.