Dix ministres (dont le Premier, Édouard Philippe, mais aussi Jean-Michel Blanquer et François de Rugy) vont s'aventurer en terre inconnue ce mardi, en participant à un débat sur Twitch, la plus grande plateforme de diffusion de streaming de jeux vidéo. Objectif : aller chercher les jeunes sur ce qu'ils regardent.

Logo de la plateforme de vidéo de streaming Twitch à Tokyo en septembre 2018
Logo de la plateforme de vidéo de streaming Twitch à Tokyo en septembre 2018 © AFP / Martin Bureau

La radio ? Ringard. La télé ? Sans intérêt. Pour beaucoup de jeunes, les écrans sont avant tout synonymes de vidéos à la demande, de jeux vidéo compétitifs... Et parfois les deux. C'est ce que propose la plateforme Twitch depuis 2011, et si au début peu d'investisseurs auraient misé le moindre centime sur le concept, il rassemble aujourd'hui des millions de spectateurs. Le géant Amazon ne s'y est pas trompé, en rachetant le site pour près d'un milliard de dollars en 2014.

Une aubaine pour les joueurs qui diffusent leurs parties à des centaines de milliers de fans simultanément, pour les amoureux de jeux vidéo qui y trouvent pléthore de contenus à regarder sur le sujet, et même pour les associations caritatives qui bénéficient régulièrement de campagnes de dons via la plateforme. De quoi aussi intéresser, forcément, les politiques, qui ont souvent du mal à toucher ce public plus jeune.

En France, l'équipe web de Jean-Luc Mélenchon avait tenté l'expérience dès le mois d'octobre 2018, en diffusant tout simplement certains discours du leader de la France Insoumise sur Twitch.

Cette fois, l'idée est d'ajouter encore plus d'interaction. Une dizaine de membres du gouvernement vont ainsi se succéder toute la journée en vidéo. Twitch étant largement basé sur les interactions en direct entre la ou les personnes en direct vidéo et celles qui sont connectées (via un système de discussion en ligne à droite de l'écran), l'échange pourrait bien être mouvementé. Reste à savoir à quel point les messages seront filtrés entre les internautes connectés et les ministres interrogés.

L’événement sera codiffusé sur deux chaînes très suivies, spécialisées en politique : celles d'Hugo Travers et de Jean Massiet (Accropolis). Au total cinq "streamers" (le nom des animateurs de vidéos en direct sur Twitch) se succéderont pour animer le débat.

L'idée d'organiser un débat politique sur Twitch n'est pas si saugrenue : la plateforme permet un ping-pong verbal efficace, immédiat mais aussi sans filtre, face à ces "anonymes d'Internet" qui inquiètent tant le gouvernement ces derniers jours. Les ministres auront tout de même un avantage sur les "streamers" expérimentés : contrairement à eux, ils pourront se concentrer pleinement sur les questions et les réponses, sans avoir à se préoccuper du Game Over.

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