Les chefs d'État de l'Union européenne se sont prononcés dans la nuit de mercredi à jeudi sur un nouveau report du Brexit après les élections européennes. Si les Britanniques participent au scrutin, ceux qui devaient prendre leur place pourraient attendre leur tour.

De par la redistribution des sièges au Parlement européen, la France était censée avoir cinq eurodéputés de plus dès cette année pour un total de 79 sièges (Illustration).
De par la redistribution des sièges au Parlement européen, la France était censée avoir cinq eurodéputés de plus dès cette année pour un total de 79 sièges (Illustration). © AFP / FREDERICK FLORIN

Rien ne se sera passé comme prévu. Le Brexit ayant été initialement programmé pour le 29 mars 2019, les élections européennes, du 23 au 26 mai, devaient se dérouler sans le Royaume-Uni. Les 73 sièges jusque-là occupés par les eurodéputés britanniques devaient être redistribués pour certains à d'autres États membres et mis en réserve pour d'autres, en cas de nouvel élargissement. Problème : si les Britanniques participent bel et bien au scrutin, il faut refaire tout le calcul.

"Pas élus tout de suite"

Réunis à Bruxelles ce mercredi, les chefs d'État de l'Union européenne (UE) ont reporté le Brexit au 31 octobre, soit après les élections européennes. Mais il faut encore trouver une solution pour les eurodéputés qui devaient prendre la place de leurs collègues britanniques.

L'hypothèse la plus probable seraient qu'ils attendent leur tour... en attendant que le Royaume-Uni sorte de l'UE ! "Sur le nombre de ceux qui vont être élus au mois de mai, il y en a peut-être qui ne seront pas élus tout de suite, ils seront élus quand les Britanniques s'en iront", explique Jean-Christophe Lagarde, tête de liste UDI pour les élections européennes.

De par la redistribution des sièges au Parlement européen, la France était censée avoir, comme l'Espagne, cinq eurodéputés de plus dès cette année pour un total de 79 sièges. Donc, s'il faut attendre que les Britanniques s'en aillent, cinq sièges d'eurodéputés français seront "gelés" et seront débloqués en cours de mandat. Les députés européens "en attente" seront élus en fonction des scores obtenus lors du scrutin.

"Délires"

Au-delà de ces questions de sièges au Parlement européen, Jean-Christophe Lagarde estime que "la plaisanterie britannique a assez duré", d'autant que certains parlementaires outre-manche appellent à saboter l'UE de l'intérieur : "J'aime bien les Britanniques mais simplement, quand il y a des gens qui veulent détruire le projet et sortir du projet, ils n'ont pas à siéger avec nous."

Nicolas Dupont-Aignan, candidat pour le parti Debout la France, estime lui aussi qu'il faut arrêter "tous ces délires", mais pour une autre raison : "Il faut que le Brexit s'applique et dans de bonnes conditions parce que les Anglais ont voté ! Je crois vraiment que les citoyens des pays d'Europe doivent se demander si leurs dirigeants ne sont pas tombés sur la tête."

Deux choses ne changeraient pas si le Royaume-Uni participe au élections européennes : le seuil à atteindre pour avoir au moins un élu (5% des voix par liste) et le seuil de remboursement des frais de campagne (3% des voix).

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