Constatant dans un communiqué "une installation des tensions et des violences" et "l'incapacité flagrante du pouvoir à apporter les réponses", le bureau national du Rassemblement National demande la dissolution de l'Assemblée nationale, et affirme se préparer à d'éventuelles élections législatives anticipées.

Le Rassemblement national a publié lundi son plan de sortie de crise pou réussir la dissolution de l'Assemblée nationale qu'ils appellent de leurs vœux
Le Rassemblement national a publié lundi son plan de sortie de crise pou réussir la dissolution de l'Assemblée nationale qu'ils appellent de leurs vœux © AFP / Jacques DEMARTHON

Le Rassemblement national a publié hier son plan de sortie de crise

Premier étape : rétablir la proportionnelle intégrale. Deuxième étape : dissoudre l’Assemblée Nationale. Et Marine Le Pen joint la parole aux actes, puisqu’elle a demandé hier aux membres du Bureau national du Rassemblement National de préparer d’éventuelles élections législatives anticipées. 

Marine Le Pen croit de plus en plus en ce scénario et veut avoir une longueur d’avance. Elle sait très bien que le maillage territorial reste l’un des gros points faible du RN et que les élections législatives interviendraient 3 à 6 semaines seulement après la dissolution. Impossible ou presque d’identifier et de lancer si vite 577 candidats. Elle demande donc aux cadres du parti de faire ce travail de fourmi, circonscription par circonscription, au cas où...  

Renverser une "République faible"

Cette attente du grand soir ne date pas d’hier, explique le spécialiste de l’extrême droite, Jean-Yves Camus : "C'est quelque chose qui est très présent dans l'imaginaire politique et historique d'une partie des droites, cette tentation plébiscitaire très très marquée par l'histoire du général Boulanger. On met en danger une République qui est faible et on s'imagine qu'on va pouvoir la renverser."

À la fin du 19e, le général Boulanger avait fait vaciller la IIIe République. Aujourd’hui, on voit mal comment cette dissolution pourrait offrir le pouvoir à Marine Le Pen. Et d’ailleurs certains de ses proches le reconnaissent : le mode de scrutin actuel lui a permis de décrocher sept sièges seulement en 2017. Il faudrait, avant cela, une profonde réforme de la Constitution, avec au moins 50% de proportionnelle, ce qu’Emmanuel Macron exclut bien évidemment.

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