Les motivations du vote pour le premier tour des législatives révèlent une France peu convaincue par son propre vote, largement favorable aux candidats présidentiels.

L'hémicyle devrait se renouveler comme rarement
L'hémicyle devrait se renouveler comme rarement © Maxppp / Vincent Isore

Ça sonne toujours, un peu, comme un cliché, mais cette fois il est particulièrement adapté à la situation : le grand vainqueur de ces élections législatives, c'est l'abstention. Et de très loin : plus de la moitié des électeurs n'ont pas fait le déplacement, une première dans l'histoire de la Ve République pour un tel scrutin.

Une abstention aux motivations particulièrement diverses. Seul un tiers de ceux qui n'ont pas souhaité voter explique que "les hommes et les femmes politiques les ont trop déçus". Mais ils sont aussi 18 % à penser que le résultat ne changera rien, et 16 % à n'avoir trouvé aucun programme convaincant, malgré le large nombre de candidats dans certaines circonscriptions. Enfin, près d'un abstentionniste sur dix a considéré qu'il ne servait à rien de se déplacer, puisque la victoire des candidats d'Emmanuel Macron était assurée.

Une tendance que les candidats des autres mouvements devront à tout prix inverser : qui dit abstention massive dit aussi réserve de voix potentielle pour qui réussira à les convaincre de venir voter la semaine prochaine.

Emmanuel Macron n'a convaincu... que ses partisans

Du côté des autres électeurs, ceux qui ont voté, on semble certes avoir voulu donner une majorité au président nouvellement élu, mais avec de larges réserves. Moins d'un électeur sur quatre (23 %) a voté pour un candidat de la REM pour "manifester son soutien à Emmanuel Macron". Ils sont 27 % à avoir voté à l'inverse contre le nouveau président. La moitié des votants n'a pas basé son choix sur un soutien ou une opposition à Emmanuel Macron.

Les chiffres sont encore plus parlants en analysant les différents votes. Seuls les Français qui ont voté pour un candidat de la République en Marche disent avoir voulu affirmer leur soutien au mouvement présidentiel. Ce n'est évidemment que très peu le cas chez les autres courants. Chez les électeurs de la France Insoumise et du Front national, on a même voté très largement pour faire barrage à Emmanuel Macron, plus que pour les candidats eux-mêmes. Pour ceux qui ont soutenu EELV, les alliances Parti Socialiste/PRG/DVG ou Les Républicains/UDI, la décision a été motivée par des raisons indépendantes du soutien au président.

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