[scald=211843:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Les enseignants du primaire ont fait grève mardi en France pour contraindre le ministre de l'Education, Vincent Peillon, à reporter à 2014 et à aménager sa réforme des rythmes scolaires, qui instaure le retour à la semaine de quatre jours et demi.

Le SNUipp-FSU (syndicat national unitaire des instituteurs professeurs des écoles), principale organisation du secteur, affirme mobiliser 60% des instituteurs, avec des taux de grévistes variables selon les régions.

Le ministère fait état pour sa part de 36,17% de grévistes au niveau national dans le primaire à la mi-journée et de 2,40% dans le secondaire.

La participation est bien supérieure à Paris où les instituteurs sont remontés contre le maire Bertrand Delanoë (PS), qui avait décidé le passage à 4,5 jours, contre 4 actuellement, dès la rentrée 2013.

Bertrand Delanoë a lancé un appel au dialogue tout en amorçant un léger recul. "La décision (sur l'application de la réforme à la rentrée 2013 ou 2014) sera prise fin mars", a-t-il dit sur France info.

Lors du précédent mouvement dans la capitale, le 22 janvier, près de 80% des professeurs des écoles avaient pris part au mouvement, selon le rectorat.

Une autre grève est lancée en parallèle dans l'éducation par cinq syndicats (CGT, FO, Sud, CNT, FAEN) qui demandent, outre l'abandon de la réforme des rythmes scolaires, une amélioration des conditions de travail et de rémunération.

Selon un sondage BVA pour i> TELE de janvier, 59% des Français interrogés sont pour le retour de l'école le mercredi ou le samedi matin. A l'inverse, 39% d'entre eux souhaitent conserver la semaine de quatre jours mise en place en 2008.

"DÉCEPTION"

Les syndicats ne remettent pas en cause le projet lui-même mais dénoncent une réforme "bricolée".

Les communes ont jusqu'au 31 mars pour décider si elles appliqueront la semaine de 4,5 jours dès 2013 ou l'année suivante.

Les journées de classe seraient raccourcies de 45 minutes, consacrées alors à des activités culturelles ou sportives, mais les communes comme les syndicats se demandent avec quel personnel et quel budget.

"Nous sommes sur une action qui met en lumière la déception de la communauté éducative sur une réforme des rythmes scolaires, qui était attendue et nécessaire, et qui aujourd'hui n'offre pas de garantie", a déclaré Sébastien Sihr, secrétaire général du SNUipp-FSU sur RTL.

"Les principaux opposants à la réforme des rythmes scolaires sont avant tout les communes, qui sont en train de traîner les pieds pour 2013", a-t-il ajouté.

Dans l'Express.fr, Vincent Peillon dit avoir toujours su que cette réforme serait difficile, souligne que le travail sur le terrain commence à peine, et recommande aux communes de passer à la semaine de 4,5 jours dès cette année.

"Quand on change, tout n'est pas parfait immédiatement, mais plus tôt on s'engage dans cette réforme, plus tôt elle portera ses fruits et plus tôt on pourra l'améliorer", dit-il.

Le ministre estime que personne ne propose une solution alternative "qui recueille l'assentiment".

"Nous n'ajoutons pas seulement une demi-journée, nous modifions le temps de chaque journée, et nous touchons donc à des organisations anciennes (...) Est-il honteux de demander des efforts dans l'intérêt des enfants ?", ajoute-t-il.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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