Emmanuel Macron à l'Assemblée
Emmanuel Macron à l'Assemblée © MaxPPP / Vincent Isore/IP3

Jour J pour Emmanuel Macron. La Loi sur la croissance et l’activité est soumise au vote solennel de l’assemblée nationale cet après-midi. Le vote s’annonce serré. Des frondeurs socialistes devraient voter contre.

Les frondeurs socialistes estiment qu’ils seront plusieurs dizaines à ne pas voter ce texte. En clair à s’abstenir ou voter contre.

Voter contre un texte du gouvernement, une ligne rouge qu’ils n’avaient jamais franchis notamment sur le vote de confiance ou le budget. Pour autant, (sachant que les écologistes devraient voter contre) le gouvernement peut compter sur le soutien des Radicaux de gauche et d’une partie des apparentés socialistes ce qui devrait lui permettre d’obtenir une majorité relative et faire passer son texte.

La vraie question c’est de savoir si cette majorité relative sera atteinte uniquement avec les voix de gauche ou si l’appoint de la droite sera nécessaire. Mais là aussi, les soutiens sont plutôt rares. À l’UMP, mis à part quatre ou cinq francs-tireurs, la majorité du groupe votera contre. À l’UDI c’est liberté de vote. Chacun fera donc ce qui lui plaît, quatre ou cinq députés seulement devraient voter en faveur texte. Dans l’entourage d’Emmanuel Macron, on reconnaît que cela s’annonce serré. Une manière de maintenir la pression sur les derniers récalcitrants socialistes.

Une réforme au coeur de la loi : le travail le dimanche

Mesure la plus symbolique de cette loi Macron : l'élargissement du travail dominical. Les maires auront la possibilité d'accorder jusqu'à 12 dimanches travaillés par an (contre cinq actuellement). Malgré la colère des frondeurs, le gouvernement n'a pas reculé sur ce chiffre mais il y aura des compensations dans certains cas négociées.

Compenser le travail le dimanche, ce doit être la règle. Si c'est le maire qui prend la décision d'ouvrir les magasins, les salaires seront doublés. Même scénario en soirée dans les zones touristique internationales. Ailleurs, dans les zones commerciales, touristiques et internationales, mais en journée cette fois, la loi va imposer des compensations, sous forme de salaire ou de repos, mais dans le détail, ces compensations devront être négociées au cas par cas dans les entreprises, les branches ou les territoires. Il n'y aura pas de seuil plancher.

Les députés ont obtenu que les frais de garde d'enfants et de transport en soirée soient pris en compte. Pour les salariés des super et hypermarchés, la rémunération va grimper le dimanche d'au moins 30%. Quant à ceux qui travaillent dans les grands magasins, sur les stands de marque, ils vont bénéficier eux aussi de contreparties négociées. Sans accord collectif, pas d'ouverture le dimanche, c'est la règle mais dans certaines branches, où les syndicats majoritaires sont contre l'ouverture des magasins, ça s'annonce compliqué. Au final, certains craignent avec la loi Macron qu'il y ait moins de magasins ouverts le dimanche qu'aujourd'hui.

La loi Macron à l'Assemblée
La loi Macron à l'Assemblée © Radio France
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