L'émergence de la France insoumise et de la République en marche, assortie de candidats qui se disputent la "majorité présidentielle" compliquent le choix des électeurs.

Dans une même circonscription, plusieurs candidats peuvent se revendiquer de la "majorité présidentielle".
Dans une même circonscription, plusieurs candidats peuvent se revendiquer de la "majorité présidentielle". © Maxppp / Leon Tanguy

La semaine dernière, nous avons publié la carte des candidats investis pour les élections législatives, les 11 et 18 juin prochains, en nous basant sur la liste fournie par le ministère de l'Intérieur.

Cette liste ne détaille pas les étiquettes des 61 partis qui présentent des candidats - dans certaines circonscriptions, il y a jusqu'à 27 candidats investis ! - mais les regroupe en nuances et partis, selon des modalités très précisément définies par la CNIL, le 19 décembre 2013 et reprises par le Conseil d'État le 9 décembre 2014.

Interrogé sur le sujet, la Place Beauvau rappelle que "l'élaboration de la grille des nuances politiques consiste à retranscrire l’offre politique disponible à un instant donné de manière synthétique, afin de préserver la lisibilité des résultats". Il faut par conséquent distinguer la nuance de l'étiquette politique sous laquelle un candidat déclare être investi.

Des modalités précises et compliquées

Cette nuance a suscité plusieurs interrogations de candidats et d'internautes, les uns s'étonnant de lire "écologiste" pour les candidats investis par Europe-Écologie-Les Verts, ne les différenciant pas d'autres candidats écologistes dans la même circonscription, les autres regrettant l'absence de l'UPR, le parti du candidat à la présidentielle François Asselineau, fondu dans les nuances "divers", quand Debout La France, le parti de Nicolas Dupont-Aignan, est distingué des autres.

Sur ce point, l'Intérieur explique établir la liste des nuances en se basant sur "des critères objectifs","parmi lesquels figurent notamment les résultats électoraux enregistrés lors des différents scrutins, nationaux ou locaux, les alliances et la recomposition politique en amont du scrutin".

Des critères à la fois spécifiques et flous, puisque le ministère de l'Intérieur rappelle qu'aucune situation "n'est figée dans le temps" mais ne précise pas quel poids est donné à chaque critère pour définir l'arbitrage final.

Ce n'est pas une première. Les nuances établies par les préfectures ont fait l'objet, en 2014, d'une question à l'Assemblée nationale. Le député LR du Nord, Jean-Pierre Decool s'était notamment ému de l'impossibilité pour un candidat d'être "non inscrit".

Toutefois, un candidat mécontent d'avoir été mal catégorisé "dispose d'un droit de rectification de la nuance qui lui est attribuée lors du dépôt de candidature". Mais "tous les partis ne peuvent pas prétendre à une nuance spécifique".

Et quid de la mention "majorité présidentielle" ?

Pour faire simple, cette nuance ne sert que pour le ministère de l'Intérieur ; l'étiquette, s'il y en a une, est à préciser par chaque candidat, sur ses affiches de campagne et sa profession de foi. En revanche, une situation revient fréquemment cette année : la mention "majorité présidentielle". Manuel Valls en est un bon exemple. N'étant investi ni par la REM, ni par le PS, l'ancien Premier ministre et candidat à sa succession à Ivry a repris la charte graphique du mouvement d'Emmanuel Macron et indique cette mention tout en haut de son affiche.

Invité lundi dans la matinale de France Inter, Jean-Paul Delevoye, le président de la Commission nationale d'investiture de La République en Marche (REM) précisait qu'il est légalement possible pour un candidat d'inscrire "majorité présidentielle" sur son affiche de campagne, y compris s'il n'est pas investi par la REM.

Ce dispositif, s'il est légal, n'en reste pas moins compliqué à comprendre pour les électeurs, quand, en plus du candidat étiqueté REM, on leur propose deux candidatures "majorité présidentielle" ou "compatible avec la majorité", souvent par des candidats LR et PS.

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