Ce vendredi, la Commission européenne doit détailler le volet agricole de son projet budgétaire pour 2021 à 2027. Alors que la commission a annoncé envisager une baisse du budget de la Politique agricole commune, la France compte s'opposer à une baisse drastique.

Le Parlement européen s'est prononcé contre une "renationalisation" des aides agricoles
Le Parlement européen s'est prononcé contre une "renationalisation" des aides agricoles © AFP / FREDERICK FLORIN

Les pays membres de l'Union européenne vont-ils devoir revoir en profondeur leur politique agricole pour faire face à un désengagement de l'Europe ? C'est ce que redoute le gouvernement français ce vendredi, dans l'attente de l'annonce, par la Commission européenne, du volet agricole de ses prévisions budgétaires pour le prochain plan pluriannuel, de 2021 à 2027.

Avec un budget de 365 milliards d'euros pour cette période, la Commission européenne assure que les coupes budgétaires de la Politique agricole commune seraient limitées à moins de 5%, et même moins de 4% pour ce qui concerne les aides directes aux exploitations agricoles. 

Jusqu'à 25% de baisse des dotations ?

Mais selon les députés du Parlement européen, qui a effectué des calculs prenant notamment en compte l'inflation, cela représenterait en réalité plus de 15% de baisse de dotations, dont plus de 10% pour les paiements directs et plus de 25% pour les aides au développement rural. 

Pour la France, principale bénéficiaire depuis 1957 de cette politique d'aide, ce serait un coup dur porté au secteur agricole français, déjà en difficulté (un tiers des agriculteurs vivent avec moins de 350 euros par mois, aides européennes comprises) : "La France n'acceptera pas cette baisse drastique, car elle pourrait porter des conséquences très importantes sur la viabilité de nombreuses exploitations", a déclaré mardi le secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Europe et des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne.

Une "renationalisation" des aides ?

L'une des pistes pour pallier ces baisses de budget serait une dose de "renationalisation" des subventions européennes. Pour Jean-Pisani-Ferry, ancien conseiller d'Emmanuel Macron pendant la campagne, une telle mesure pourrait "contribuer à la nécessaire redéfinition de notre modèle agricole", dont il juge qu'il emploie mal les quelque 10 milliards d'euros touchés chaque année par la France dans le cadre de la PAC. 

Mais pour le Parlement européen, pas question de se lancer dans une "renationalisation" de la PAC. Les eurodéputés se sont accordés mercredi sur les lignes rouges qu'ils défendront dans les négociations sur l'avenir de cette politique : s'ils sont favorables à une meilleure répartition des fonds entre les Etats membres et une nouvelle méthode pour calculer les aides directes aux agriculteurs (pour mieux cibler les petites exploitations et les jeunes agriculteurs notamment), ils sont opposés à l'idée qu'une partie des aides revienne dans le giron de chaque pays, ce qui pourrait selon eux fausser la concurrence. 

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