L'Europe sociale a du mal à exister. Ce n'est pas nouveau. De nombreux dirigeants européens ont des poussées d'urticaire dès qu'on lâche le mot social. Chez Dacia, (donc chez Renault en Roumanie), le mot social n’a qu’une traduction pour les salariés : augmentation ! Ils demandent 60% de plus sur leur fiche de salaire. Saine revendication. Ces salariés roumains réclament tout simplement leur part du gâteau sur la base d’un raisonnement simple : Nous construisons la Logan, or la Logan est un succès commercial, Il est donc légitime que nous en percevions les contreparties financières. Une étude récente du cabinet ECA International réalisée auprès de 250 entreprises démontre qu’en 2007, en Europe de l’Est, les salaires ont augmenté de 20%. Cette même étude montre qu’en Asie et notamment en Inde les salaires connaissent une véritable explosion avec des augmentations annuelles à deux chiffres. Certes ils partent de très bas. Mais cette situation est symptomatique de ce qui attend les entreprises qui ont délocalisé ces dernières années. Elles ne pourront pas éluder l’aspiration au développement et l’accès à la consommation de leur nouveaux salariés. N’en déplaise à ces détracteurs, la mondialisation a des effets bénéfiques et elle entre dans une nouvelle phase : celle de la revendication salariale. « Je paie bien mes salariés pour qu’ils achètent mes voitures » répétait à qui voulait l’entendre Henry Ford. Une phrase toujours d’actualité et que ferait bien de méditer tout entrepreneur ayant délocalisé ou aspirant à délocaliser dans le futur.

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