La liste Les Républicains conduite par François-Xavier Bellamy arrive en quatrième position aux élections européennes de ce dimanche 26 mai, avec 8,48% des voix, loin des 13% promis par les derniers sondages : un échec historique pour la droite.

La tête de liste François-Xavier Bellamy, ce dimanche soir au QG des Républicains, à Paris.
La tête de liste François-Xavier Bellamy, ce dimanche soir au QG des Républicains, à Paris. © AFP / JACQUES DEMARTHON

Les bons sondages n'auront été que des mirages. Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, la liste Les Républicains ne recueille que 8,48% des voix aux élections européennes de ce dimanche 26 mai, soit près de cinq points de moins que ce que promettaient les dernières enquêtes d'opinion : ce vendredi, la liste menée par François-Xavier Bellamy était encore créditée de 13% des intentions de vote.

Le pire score jamais enregistré par la droite

Au QG des Républicains, rue de Vaugirard à Paris, la désillusion se mêle à la stupeur : depuis le premier scrutin européen, en 1979, jamais une liste de droite n'est tombée en dessous des 10 % des voix. En 1999, date du précédent "record", la liste RPR menée par Nicolas Sarkozy avait recueilli 12,82% des voix. Et encore, à l'époque, la tête de liste --Philippe Séguin-- avait démissionné à quelques semaines du scrutin...

Au cours de la dernière mandature, le parti Les Républicains comptait vingt eurodéputés au Parlement européen. La droite ne remporte cette fois que huit sièges.

Bruno Retailleau : "C'est un échec, on peut disparaître"

D'après les estimations, la droite arriverait donc en quatrième position de ces élections européennes, derrière le Rassemblement national (1er, 23,3% des voix), la République en marche (2e, 22,1%) et Europe Écologie - les Verts (13,1%).

Ce dimanche soir, le président (LR) du Sénat, Gérard Larcher a qualifié ce score d'"échec" et estime, dans un communiqué, que le parti "devra repenser sa ligne politique" et "devra rassembler plus largement". "Évidemment c'est un échec (...) Nous sommes à la croisée des chemins, on peut disparaître !", a réagit, pour sa part, le sénateur Bruno Retailleau, sur France Inter.

Le président des Républicains, Laurent Wauquiez, a reconnu, dans la soirée :

Nous n'avons pas pu faire entendre notre voix et ce résultat n'est évidemment pas à la hauteur des espoirs soulevés dans cette campagne. 

"Nous avons trois ans pour faire naître une alternative qui soit autre chose qu'un rejet ou un choix par défaut. Nous avons trois ans pour faire naître de l'espoir", poursuit Laurent Wauquiez.

Le président des Républicains s'en est par ailleurs pris au président de la République : "Emmanuel Macron a fait un choix lourd de conséquence en réduisant le débat européen à une croisade contre Marine Le Pen (...) Il a été un rempart contre le Rassemblement national, il a été l'artisan de leur progression".

La tête de liste François-Xavier Bellamy, ne dit pas autre chose et a reconnu sa défaite, vers 20h35 : "Nous n'avons pas réussi à faire entendre aux Français notre vision et notre proposition, a-t-il déclaré. "Nous ne pouvons laisser la France s'enliser dans ce désespoir politique. Cela montre l'ampleur de la tâche qui reste à accomplir. La droite traverse une crise profonde. Tout est à reconstruire."

Bruno Retailleau appelle à "refonder" les Républicains

François-Xavier Bellamy à la tête de la liste LR pour les européennes, c’était le pari (risqué) de Laurent Wauquiez. Quasi inconnu du grand public avant la campagne, le philosophe, adjoint au maire de Versailles, n’a jamais caché ses convictions anti-avortement et anti-Mariage pour tous. Durant la campagne, il a redonné espoir aux militants, si bien que le Figaro Magazine titrait en "Une", au début du mois de mai : "Bellamy - La droite est de retour" 

Mais le 30 janvier dernier, sur France 2, Gérard Larcher ne se privait pas, déjà, pour critiquer le choix Bellamy : "François-Xavier Bellamy, pour moi, ne cochait pas, ne coche toujours pas toutes les cases pour être une tête de liste pour rassembler une famille politique qui est diverse."

Sur France Inter, Bruno Retailleau ne veut accabler personne, estimant même que François-Xavier Bellamy a essayé d'apporter une "forme de fraîcheur" : "Il ne faut pas personnaliser. Si nous voulons, demain, refonder, il faut rassembler beaucoup beaucoup plus large. Il faut mettre autour d'une table : biens sûr Gérard Larcher, bien sûr Valérie Pécresse, bien sûr Laurent Wauquiez, bien sûr Christian Jacob et mais aussi amis centristes et Xavier Bertrand."

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